Niccolò di Cecco del Mercia, « Resurrezione di Cristo »

Niccolò di Cecco del Mercia (documenté à Sienne et Prato de 1356 à 1360)

Resurrezione di Cristo (Résurrection du Christ),

Marbre, 59,5 x 51 cm.

Provenance : Couvent des Cappuccini, Sienne.

Sienne, Pinacoteca Nazionale, inv. 19.

Le Christ se détache à l’avant de l’ouverture rectangulaire qui conduit à la grotte-tombeau au-delà de laquelle on aperçoit le sarcophage dorénavant vide qu’il vient de quitter. La façon dont la figure du Ressuscité s’avance dans une marche biaise, la jambe droite la première, comme s’il glissait parallèlement à la surface du tableau, sa manière de porter la hampe du drapeau de la Résurrection et de soutenir le bas de son manteau sur son avant-bras gauche, constituent autant d’indices de l’hommage que le bas-relief rend au modèle dont il s’inspire, tout en témoignant du succès rencontré par celui-ci : la Résurrection du Christ (fig. ci-dessous) peinte par Pietro Lorenzetti dans le cycle de fresques qui ornait les parois de la salle capitulaire du couvent franciscain de Sienne. [1]Après avoir d’abord été exposée au sein du Museo Diocesano, à Sienne, cette fresque détachée est dorénavant présentée dans l’église de San Francesco, également à Sienne.

Dans un article récent (2021), Roberto Bartalini, partant d’une proposition de Camila Stefania Amoros [2]« Excepté le tabernacle en marbre d’Andrea Orcagna pour Orsanmichele, similaire dans le thème et la datation, les reliefs de Prato ne trouvent pas de comparaisons satisfaisantes mais seulement des relations génériques avec des œuvres siennoises de Tino di Camaino ou de Goro di Gregorio, indicatives cependant du milieu dans lequel le sculpteur a dû se former, comme semble … Poursuivre, a proposé d’ajouter le présent bas-relief en marbre à la liste des œuvres devant être attribuées à Niccolò di Cecco, une liste « limitée mais qui restitue néanmoins une physionomie plus complète au tailleur de pierre. Il faut supposer que le marbre constituait à l’origine le centre du socle sculpté, ou du sarcophage, d’un monument funéraire, du type des tombeaux érigés par Tino di Camaino pour le cardinal Riccardo Petroni, encore aujourd’hui dans la cathédrale de Sienne, et pour le patriarche d’Aquilée Gastone della Torre, autrefois dans l’église de Santa Croce à Florence et actuellement conservé dans le musée annexe [3]Tino di Camaino, Monumento funebre di Gastone della Torre, patriarca di Aquileia, 1319. Marbre. Florence, Museo dell’Opera di Santa Croce.. Parmi les reliefs qui se trouvent au centre de la séquence christologique des deux monuments, celui de la Pinacothèque nationale de Sienne reproduit le format et le sujet, bien que – ce dernier – selon une formulation iconographique particulière, remontant à un archétype de [Pietro] Lorenzetti qui eut un certain succès à Sienne. [4]Col suo Cristo stagliato di fronte al vano rettangolare che immette nella grotta-sepolcro (al di là della quale si scorge il sarcofago) e dato l’incedere del risorto, il modo d’impugnare l’asta del vessillo e di sorreggere con la sinistra il lembo del mantello, il bassorilievo documenta, assieme a un gruppo di dipinti, la fortuna della Resurrezione di Cristo affrescata da Pietro Lorenzetti … Poursuivre Le bas-relief provient du couvent des Capucins de Sienne (l’actuelle paroisse de Santa Petronilla), [5]Sur les marbres erratiques de la Pinacothèque nationale de Sienne, en particulier celui-ci, et quant à leur provenance, voir Silvia Colucci, « Santa Petronilla tra Medioevo e Rinascimento. Vicende storiche e opere d’arte », dans Convivere con la storia. La nuova destinazione del complesso di Santa Petronilla, Pistoia-Siena 2006, pp. 147-197, en part. pp. 179 et 195 (note 170). mais il ne s’agissait évidemment pas de son emplacement d’origine puisque ce complexe conventuel n’a été édifié qu’en 1622. Il reste donc à comprendre à quel contexte appartenait le probable tombeau d’où survit la Résurrection. Néanmoins, un fragment d’une autre œuvre monumentale du sculpteur a été récupéré, qui a dû être réalisée en dehors du chantier de construction de la cathédrale de Sienne. » [6]Roberto Bartalini, « Incrementi per Niccolò di Cecco del Mercia », dans Prospettiva, 183 (2021), p. 74.

Roberto Bartalini, « Agostino di Giovanni e compagni. II. Il possibile Domenico d’Agostino », dans Prospettiva, 61 (1991), pp. 29-37

Notes

Notes
1 Après avoir d’abord été exposée au sein du Museo Diocesano, à Sienne, cette fresque détachée est dorénavant présentée dans l’église de San Francesco, également à Sienne.
2 « Excepté le tabernacle en marbre d’Andrea Orcagna pour Orsanmichele, similaire dans le thème et la datation, les reliefs de Prato ne trouvent pas de comparaisons satisfaisantes mais seulement des relations génériques avec des œuvres siennoises de Tino di Camaino ou de Goro di Gregorio, indicatives cependant du milieu dans lequel le sculpteur a dû se former, comme semble également le confirmer un relief avec le Christ ressuscité de la Pinacothèque nationale de Sienne, de provenance et d’auteur inconnus, mais que je propose d’attribuer à Niccolò di Cecco del Mercia et de dater vers le milieu du siècle ou en tout cas avant les reliefs de Prato. » Camila Stefania AMOROS, « Storie della Vergine e della Cintola », dans Andrea DE MARCHI et Cristina GNONI MAVARRLLI, Legati da una cintola. L’Assunta di Bernardo Daddi e l’identità di una città, Florence, Mandragore, 2017, p. 164.
3 Tino di Camaino, Monumento funebre di Gastone della Torre, patriarca di Aquileia, 1319. Marbre. Florence, Museo dell’Opera di Santa Croce.
4 Col suo Cristo stagliato di fronte al vano rettangolare che immette nella grotta-sepolcro (al di là della quale si scorge il sarcofago) e dato l’incedere del risorto, il modo d’impugnare l’asta del vessillo e di sorreggere con la sinistra il lembo del mantello, il bassorilievo documenta, assieme a un gruppo di dipinti, la fortuna della Resurrezione di Cristo affrescata da Pietro Lorenzetti entro il ciclo dell’aula capitolare del convento dei minori a Siena. Sur ce cycle, voir Federica TESTA e Francesca INTERGUGLIELMI, dans Ambrogio Lorenzetti (cat. d’exp. sienne, 2017), pp. 132-151 ; per le occorrenze che restituiscono la fortuna iconografica del prototipo lorenzettiano (tra le quali, appunto, il bassorilievo della Pinacoteca senese), si veda alle pp. 138 e 150 (nota 26).
5 Sur les marbres erratiques de la Pinacothèque nationale de Sienne, en particulier celui-ci, et quant à leur provenance, voir Silvia Colucci, « Santa Petronilla tra Medioevo e Rinascimento. Vicende storiche e opere d’arte », dans Convivere con la storia. La nuova destinazione del complesso di Santa Petronilla, Pistoia-Siena 2006, pp. 147-197, en part. pp. 179 et 195 (note 170).
6 Roberto Bartalini, « Incrementi per Niccolò di Cecco del Mercia », dans Prospettiva, 183 (2021), p. 74.

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