
Pittore duccesco del secondo decennio del Trecento (Peintre de la seconde décennie du XIIIe s., proche de Duccio)
Croce dipinta con Dolenti e Redentore benedicente (Croix peinte avec les dolents et le Rédempteur bénissant), v. 1315-1320 ?
Tempéra et or sur panneau, 211 x 145 cm.
Inscriptions (dans le titulus) : « IHS NAZARENUS REX IUDEORVM » [1]« Jésus de Nazareth, roi des Juifs. »
Provenance : Don Ciaccheri.
Sienne, Pinacoteca Nazionale.
Le bon état de conservation de cette croix dont l’ensemble des éléments terminaux est conservé permet d’en apprécier pleinement la structure originelle : les capocroce (tableautins situés aux extrémités de la traverse de la croix), dans lesquels sont peintes les figures aux yeux brûlés par les pleurs versés de la Vierge de douleur et de Jean l’Évangéliste, le titulus crucis comportant l’inscription I.N.R.I., et, dans la cimaise, le clipeus, dans lequel apparaît le Rédempteur bénissant.

Les personnages sont traduits par les lignes d’un dessin d’une élégance [2]En 1977, Pietro TORRITI évoque déjà « la ligne [qui] définit les formes avec une élégance à laquelle était en train de parvenir également Simone Martini » et notait également « le perizonium [où] transparait […] une délicatesse de vibrations » (TORRITI 1977, p. 67). Ce point de vue semble encore renforcé depuis qu’une restauration de l’œuvre a … Poursuivre qui allonge les formes, atténuant au passage le caractère dramatique du corps inerte du Christ, et adoucit l’expression de douleur de la Madone et de Saint Jean. Certains détails affirment un goût certain pour la recherche d’effets raffinés, en référence aux modèles donnés par Simone Martini : cette recherche s’exprime de manière significative dans le jeu de transparences du linge qui ceint les hanches du Christ supplicié (le perizonium), ainsi que dans la préciosité de l’ornementation qui couvre le fond du panneau.
L’attribution de l’œuvre, demeurée anonyme, a fait l’objet de nombreux débats entre spécialistes, exercice dont les historiens de l’art du XXe siècle semblent avoir été friands. La croix peinte a probablement été réalisée vers 1315-1320 par un disciple de Duccio qui parvint à développer un langage autonome et personnel, accueillant l’innovation gothique alors portée par Simone Martini. Qu’il suffise de préciser que ce sont les plus grands artistes du temps qui ont été convoqués pour donner un nom à l’auteur.
Notes
| 1↑ | « Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » |
|---|---|
| 2↑ | En 1977, Pietro TORRITI évoque déjà « la ligne [qui] définit les formes avec une élégance à laquelle était en train de parvenir également Simone Martini » et notait également « le perizonium [où] transparait […] une délicatesse de vibrations » (TORRITI 1977, p. 67). Ce point de vue semble encore renforcé depuis qu’une restauration de l’œuvre a éliminé la patine noirâtre qui altérait la surface picturale, rendant ainsi à l’œuvre un éclat nécessairement moindre à l’époque où Torriti écrivait ces lignes. |


