Paolo di Giovanni Fei, « Natività di Maria Vergine »

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Paolo di Giovanni Fei (Sienne, 1345 – 1411)

Natività di Maria Vergine (Naissance de la Vierge Marie) ,1381 ou 1391 ?

Triptyque sur panneaux, 259 x 204 cm.

Inscriptions : /

Provenance : ?

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

D’après Pietro Torriti [1], il est probable que ce grand polyptyque, actuellement privé de sa base, corresponde à la peinture datée et signée (1381 ou 1391) qui se trouvait jadis dans l’église, aujourd’hui détruite, de San Maurizio, à Sienne.

  • Le triptyque central

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1

Le sujet de l’œuvre, un accouchement (fig. 1, 2, 3 et 4), se prête admirablement à la narration de la réalité quotidienne liée à ce type d’événement [2].

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2                           3                           4

La naissance de la Vierge vient d’avoir lieu et l’on s’active dans ce cadre typique des habitations du XIVe siècle siennois, et de son mobilier : un lit ceint d’un rideau pour préserver l’intimité, et recouvert d’une couverture à grands carreaux, des serviettes blanches brodées de frises aux motifs noirs et des roses en pots accrochées aux fenêtres. Dans ce décor, les femmes, habillées à la mode de l’époque, s’activent : les unes donnent au nouveau né son premier bain (l’une d’elles, d’un geste intemporel de la main, veille à la bonne température de l’eau), d’autres s’apprêtent à donner des soins et de la nourriture à l’accouchée. Le spectacle réaliste de cette scène d’intérieur fait de nous les spectateurs d’une scène familière, telle qu’elle se déroulait tous les jours derrières les hauts murs des demeures de la ville.

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  • Dans la cuspide centrale : Christ bénissant
  • Dans les cuspides latérales : Ange et Vierge de l’Annonciation ; Séraphins

Il n’est pas imaginable que Paolo di Giovanni Fei n’ait pas vu et examiné le polyptyque de la Naissance de la Vierge, chef d’œuvre de Piero Lorenzetti peint pour la cathédrale de Sienne où il a longtemps été exposé sur l’autel de San Savino avant d’être recueilli au Museo dell’Opera del Duomo où il est visible aujourd’hui. Paolo s’inspire d’ailleurs à l’évidence de son illustre modèle, qu’il traduit dans un registre plus populaire, mais dont il semble ne pas avoir assimilé l’extraordinaire nouveauté que Torriti évoque en termes admiratifs, évoquant « le suprême équilibre de l’espace et du volume qui émane, solennel, du chef-d’œuvre de Piero. » Fei semble ne comprendre de son modèle que les apparences de surface, qu’il traduit néanmoins par une minutieuse « étude des costumes des différents personnages et les détails dont la scène n’est pas avare, dessinant chaque objet avec une netteté du trait et une pureté des couleurs très claires et précieuses »

[1] TORRITI 1977, p. 179.

[2] C’est la raison pour laquelle le polyptyque a constitué l’une des étapes d’un circuit organisé dans différents musées à l’été 2017, autour d’œuvres permettant de mieux comprendre et de visualiser certains aspects de la vie quotidienne dans la Sienne médiévale.  Voir : “La storia per immagini. Vita quotidiana e paesaggio a Siena e nel suo territorio ». 24 septembre – 17 décembre 2017.

 

 

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