Duccio di Buoninsegna, « Sogno di Giuseppe e Fuga in Egitto »

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Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Songe de Joseph et Fuite en Égypte

Tempera et or sur bois, 42,5 x 44 cm.

Inscriptions : « Accipe puerum et matrem ejus et fuge in Egitum » [1]

Sienne, Museo dell’Opera Metropolitana del Duomo.

L’image nous donne à voir les deux séquences successives d’un même épisode néotestamentaire, celui de la Fuite en Égypte : à gauche, Joseph endormi reçoit la visite d’un ange qui l’enjoint de fuir en Egypte afin d’échapper au massacre perpétré sur les nouveaux-nés par ordre d’Hérode ; à droite, le même Joseph, identifiable au splendide manteau de couleur rose qu’il portait déjà pendant son sommeil, est maintenant éveillé et semble presser le petit groupe de fuyards en route pour l’Egypte. La Vierge, montée sur une mule, tient l’enfant dans ses bras et chemine sous la conduite d’un jeune guide, lequel n’apparaît nulle part dans les textes. S’agit-il de l’ange [2] venu guider les fugitifs que l’on rencontre parfois dans l’iconographie de cette scène ? Derrière la sainte Famille, le paysage rocheux et désertique est planté de quelques arbres dont la variété est peu identifiable, ce qui ne soulève aucune réserve dès lors qu’il s’agit ici de signifier l’idée des « arbres » plus que de les représenter dans un souci de réalisme. Il en est un, pourtant, qui se distingue du lot et que l’on aperçoit à hauteur du visage de la Vierge. Il se pourrait que ce dattier, qui déploie ses palmes aux longues feuilles minutieusement traitées, soit une manière d’évoquer, sans le représenter, l’épisode du Repos pendant la Fuite en Égypte (et donc du Miracle du palmier) qui, lui non plus ne figure pas dans les texte canoniques. [3]

[1] L’inscription est difficilement lisible mais elle peut être aisément vérifiée dès lors que l’on sait qu’il s’agit nécessairement des paroles de l’ange apparu en songe à Joseph : « Prends l’enfant et la mère et fuis en Égypte. »

[2] Voir Louis RÉAU, Iconographie …, II, 2, p. 274.

[3] On le trouve dans l’Évangile apocryphe du pseudo-Matthieu.