Vierge de l’humilité

La Vierge ou Madone de l’humilité est une variante iconographique du thème de la Vierge à l’Enfant. Erwin Panofsky, s’exprimant sur ce thème, a souligné que l’étymologie du terme « humilité » venait du latin humus, le terreau, la terre, ce qui est en bas [1]Erwin PANOFSKY, Early Netherlandish Painting, 1953 (édition française, Les Primitifs flamands, Paris, Hazan, 1992, p. 248).. C’est par l’appellation « Vierge de l’Humilité » que l’on qualifie un type de représentation dans lequel la Vierge, y compris, parfois, dans le contexte d’une Annonciation, est vue assise à même le sol, loin de l’apparat qui est le sien lorsqu’elle est, au contraire, figurée en Majesté (Maestà), assise sur un trône et régnant dans les cieux.

Iconographie

Le motif iconographique de la Madone de l’Humilité a été développé à l’origine par le peintre Simone Martini dans les années 1340, lors de son séjour en Avignon. Le modèle de Martini a rapidement acquis une immense popularité parmi les peintres du Gothique dit international et, au milieu du XIVe siècle, il s’était déjà répandu à Sienne comme dans les autres villes les plus importantes d’Europe. Assise en tailleur à même le sol, la Vierge apparaît plus humaine et plus humble que dans la formule de la Maestà, dans laquelle elle est représentée trônante.

Les principales caractéristiques visuelles d’une Vierge de l’Humilité sont les suivantes :

  • elle est représentée assise à même le sol, sans siège d’aucune sorte excepté un coussin, souvent sur un parterre de fleurs [2]Giovanni di Paolo, Madonna dell’Umiltà. Sienne, Pinacoteca Nazionale (fig. ci-dessus). ou un tapis précieux [3]Stefano di Giovanni, dit ‘Il Sassetta’, Madonna dell’umiltà. Venise, Fondazione Cini.
  • elle tient sur ses genoux l’Enfant-Jésus, protégé par un voile considéré comme une prémonition de son suaire ; l’Enfant tend la main vers le sein nourricier
  • l’auréole de la Vierge peut comporter l’inscription Humilité (Paolo Veneziano)

Notes

Notes
1 Erwin PANOFSKY, Early Netherlandish Painting, 1953 (édition française, Les Primitifs flamands, Paris, Hazan, 1992, p. 248).
2 Giovanni di Paolo, Madonna dell’Umiltà. Sienne, Pinacoteca Nazionale (fig. ci-dessus).
3 Stefano di Giovanni, dit ‘Il Sassetta’, Madonna dell’umiltà. Venise, Fondazione Cini.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Guide artistique de la Province de Sienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture