« Prima di Dante e prima di Giotto era stato Nicola Pisano. » [1]« Avant Dante et avant Giotto, il y eut Nicola Pisano. (*) » Cet hommage rendu au sculpteur par Pietro Toesca illustre parfaitement le mythe, né à la fin du XIXe siècle, de Giovanni Pisano « considéré – selon les mots de Wilhelm Bode en 1891 – comme l’artiste le plus influent de son temps ». Le critique poursuivait : « Il est le véritable maître de Giotto ; sa place … Poursuivre
Nicola Pisano ou d’Apulia (… [2]Dans les épigraphes de ses œuvres, Nicola Pisano préférait se présenter comme Pisan, mais dans certains documents, il est désigné comme « Nicola Pietri de Apulia » ou simplement « de Apulia » : la question de savoir s’il s’agissait de son nom de famille ou de ses origines dans les Pouilles reste sujette à controverse. En effet, ses origines apuliennes n’ont guère apporté … Poursuivre, v. 1210 – av. 1284) : sculpteur et architecte. « On ignore la date et le lieu de la naissance du sculpteur Nicola Pisano ; dans un document siennois de 1266, il est nommé « Nicolaus Pietri de Apulia », sans que l’on puisse savoir si ce nom de lieu désigne un lieu-dit des faubourgs de Lucques (où la présence de Nicola est attestée dès 1258) ou le duché des Pouilles en Italie méridionale. Il semble en tout cas que dès 1250 le sculpteur était établi à Pise où il exerça la charge de maître d’œuvre de la cathédrale. Encore mentionné en 1278, il est indiqué comme décédé dans un acte relatif à son fils le 13 mars 1284. Sa plus ancienne œuvre certaine connue est la chaire du baptistère de Pise (1260) ; viennent ensuite la chaire de la cathédrale de Sienne (contrat du 29 septembre 1265), l’Arca di San Domenico à Bologne (commandée en 1264 et exécutée par ses élèves) et la Fontana maggiore de Pérouse, commencée en collaboration avec son fils Giovanni en 1277-1278. Le rôle de Nicola Pisano a été déterminant dans l’évolution ultérieure de la sculpture italienne : rompant avec l’héritage de Benedetto Antelami et des sculpteurs de l’Italie du Nord, il se tourne plus nettement vers les modèles antiques sans négliger toutefois les créations des sculpteurs contemporains de l’Europe du Nord ; ses liens directs avec les ateliers « frédériciens » d’Italie du Sud, où, dans un contexte limité (Foggia, Castel del Monte, Capoue), s’opérait une exceptionnelle synthèse entre l’Antiquité et les nouveautés gothiques, restent problématiques. Le caractère durable de l’action de Nicola s’explique en partie par la qualité de ses disciples : son propre fils Giovanni Pisano, Arnolfo di Cambio, mais aussi Fra Guglielmo, qui eut peut-être une part déterminante dans l’exécution de l’Arca de Bologne, et Lapo, qui exécuta le bénitier de San Giovanni Fuorcivitas à Pistoia (1273) » [3]Jean-René GABORIT, « NICOLA PISANO (1210 env. – av. 1284) », in Encyclopedia Universalis. https://www.universalis.fr/encyclopedie/nicola-pisano/. Consulté le 04.06.2019.
Œuvres visibles à Sienne et dans le pays siennois
- Pulpito. Sienne, Cathédrale de Santa Maria Assunta.
Notes
| 1↑ | « Avant Dante et avant Giotto, il y eut Nicola Pisano. (*) » Cet hommage rendu au sculpteur par Pietro Toesca illustre parfaitement le mythe, né à la fin du XIXe siècle, de Giovanni Pisano « considéré – selon les mots de Wilhelm Bode en 1891 – comme l’artiste le plus influent de son temps ». Le critique poursuivait : « Il est le véritable maître de Giotto ; sa place dans l’art du XIVe siècle, dans le gothique italien, correspond à celle de Donatello au XVe siècle et de Michel-Ange au XVIe siècle. (…) Avec ces deux-là, il doit être compté parmi les phénomènes les plus importants d’Italie dans le domaine artistique. (**) » Une renommée qui ne cessa de croître tout au long du siècle suivant, jusqu’à atteindre des sommets presque inouïs pour un artiste si éloigné dans le temps et si méconnu. Outre la reconnaissance de son talent, une paternité tout aussi prestigieuse joua un rôle fondamental qui, même durant tout le XIXe siècle, éclipsa sa gloire. « Nicola Pisano est le fondateur de l’art de la Renaissance. Sans Giotto, il n’y aurait pas eu de Raphaël, sans Nicola Pisano, pas de Michel-Ange », commentait Albert Brach en 1904. Outre le caractère exceptionnel de ces deux figures artistiques hors du commun, le mythe s’est nourri d’autres facteurs, engendrant d’innombrables jugements critiques qui demeurent en grande partie irrésolus : le conflit générationnel entre le père et le fils, ou l’hypothèse d’une passation de pouvoir au nom de la continuité ; leur formation dans des milieux culturels différents, Nicola étant associé au monde fastueux de Frédéric II et Giovanni aux innovations gothiques venues de France. Tous deux furent célébrés par les poètes et les artistes et représentés dans des monuments d’une grande valeur symbolique, tels que le Mémorial Albert à Londres ou l’Hémicycle de l’École des Beaux-Arts à Paris. Ils furent acclamés et débattus par les critiques et les érudits de toutes nationalités, qui reconnurent, en tout cas, leur rôle de figures majeures. Un sculpteur moderne comme Henry Moore a même classé Giovanni parmi les dix plus grands artistes de l’art européen. Cette fascination perdure encore en ce début de XXIe siècle. Pourtant, si l’on procédait à une analyse statistique des termes employés dans cette masse considérable d’études produites par les plus grands critiques au cours des deux derniers siècles, il apparaîtrait clairement que la plupart des travaux ont porté sur l’analyse de sculptures plutôt que d’architecture. Parmi les sculptures figurent les quatre célèbres chaires : deux à Pise, une à Sienne et une à Pistoia. » (***)
(*) Pietro TOESCA, Storia dell’arte in Italia. Il Trecento, Turin, Unione tipografico-editrice torinese, 1951, p. 187. |
|---|---|
| 2↑ | Dans les épigraphes de ses œuvres, Nicola Pisano préférait se présenter comme Pisan, mais dans certains documents, il est désigné comme « Nicola Pietri de Apulia » ou simplement « de Apulia » : la question de savoir s’il s’agissait de son nom de famille ou de ses origines dans les Pouilles reste sujette à controverse. En effet, ses origines apuliennes n’ont guère apporté d’éclairage supplémentaire sur ses débuts que ses origines pisanes, car les éléments qui ont façonné son art étaient largement répandus : l’étude de la sculpture classique, dont on trouve en Italie du Sud des précédents plus immédiats dans le style de Nicola Pisano, notamment dans les sculptures du Castel del Monte et celles de la Porta di Capua (musée de Capoue), mais également à Pise ; et sa connaissance des styles gothiques, qui émergeaient déjà dans la première moitié du XIIIe siècle. » Pietro Toesca, « Nicola Pisano », Enciclopedia Italiana (1934). |
| 3↑ | Jean-René GABORIT, « NICOLA PISANO (1210 env. – av. 1284) », in Encyclopedia Universalis. https://www.universalis.fr/encyclopedie/nicola-pisano/. Consulté le 04.06.2019. |
