Jacques le Mineur (Jacopo il Minore)

Jacques d’Alphée ou Jacques fils d’Alphée ou Jacques le Mineur [1]La tradition catholique identifie Jacques le Mineur, fils d’Alphée, à un seul personnage lui-même distinct de Jacques de Zébédée, dit Jacques le Majeur, tandis que pour la plupart des exégètes protestants, Jacques d’Alphée et Jacques le Mineur sont deux personnages distincts. L’exégèse critique privilégie quant à elle la distinction entre Jacques d’Alphée … Poursuivre : apôtre, nommé « frère » de Jésus [2]« Frère », c’est-à-dire cousin, selon la juste interprétation du terme hébraïque. Le Jacques « frère » de Jésus est appelé par Paul, avec Pierre et Jean, l’une des « colonnes » de l’Église à Jérusalem, où il fut évêque du départ de Pierre pour Rome (en 44) jusqu’à son martyre qui eut lieu pendant la Pâque de 62. à plusieurs reprises dans les Évangiles. Selon les Actes des Apôtres, Jacques le Mineur fut le chef de file de l’Église judéo-chrétienne de Jérusalem [3]Galates, I, 19. lorsqu’en 44, Pierre fut contraint de quitter cette ville. On sait aussi qu’il joua un rôle de premier plan au concile de Jérusalem [4]« Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole et dit : ‘Frères, écoutez-moi. Simon-Pierre vous a exposé comment, dès le début, Dieu est intervenu pour prendre parmi les nations un peuple qui soit à son nom. Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, puisqu’il est écrit : Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David, qui s’est écroulée ; j’en … Poursuivre. La rédaction de l’Épître canonique de Jacques [5]Écrite dans les années 40 de notre ère, l’épître de Jacques est le premier livre canonique du Nouveau Testament, après avoir longtemps été considéré à part car il ne contient aucun enseignement doctrinal, ne dit rien de Jésus ou de son ministère et ne mentionne pas le Saint-Esprit. lui est habituellement attribuée. Les Actes des apôtres le nomment pour la dernière fois au chapitre 21, verset 18 [6]« Le lendemain, Paul se rendit avec nous chez Jacques, et tous les anciens s’y réunirent. » (Ac 22, 18).. Flavius Josèphe a mentionné le récit de sa mort [7]L’événement se passe en l’an 62 après J.-C : le grand-prêtre Ananus profite de la mort du procurateur romain Festus pour réunir le Sanhédrin. « Le jeune Ananus […] réunit le tribunal du Sanhédrin et amena devant lui le frère de Jésus, qui était appelé le Christ, et qui se nommait Jacques, en même temps que quelques autres. Il les accusa d’avoir transgressé … Poursuivre. Selon Hégésippe [8]Hégésippe (Jérusalem, v. 108 – 180) : écrivain chrétien dont l’histoire et les écrits nous sont principalement connus par ce qu’en rapporte Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique. D’après Eusèbe, Hégésippe, après s’être converti au christianisme, serait venu à Rome et y serait demeuré durant … Poursuivre, écho d’une tradition peu digne de foi, Jacques aurait été précipité du haut du Temple. » [9]André PAUL, « Jacques le Mineur saint (Ier s.) », Encyclopædia Universalis. En ligne : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-le-mineur-saint/

iconographie

Jacques le Mineur, réputé avoir beaucoup ressemblé à Jésus [10]Les textes insistent sur cette ressemblance, d’où le baiser de Judas à Jésus lors de son arrestation, afin que les soldats ne se trompent pas de personne., est représenté

  • portant un livre [11]Dans l’art chrétien, le livre porté par un saint symbolise la science divine, la sagesse, la prédication ou l’attachement aux Saintes-Écritures. Il désigne le plus souvent un évangéliste, un docteur de l’Église ou un apôtre. Dans le cas de Jacques le Mineur, le livre fait allusion à l’Épître de Jacques (Nouveau Testament) qui lui … Poursuivre
  • avec une crosse en forme de massue (arme avec laquelle son crâne aurait été fracassé [12]Le martyre de Jacques, rapporté par Flavius Josephe dans les Antiquités judaïques (XX, 197. 199-203) de la fin du Ier siècle, est décrit dans le détail par Eusèbe de Césarée, qui rapporte en particulier dans sa totalité la narration précédente d’Hégésippe (Mémoires, 5). Festus, le procurateur de Judée, étant mort et Albinus, son successeur désigné, n’étant … Poursuivre)
  • coiffé (rarement) d’une mitre (en tant que premier évêque de Jérusalem)

Notes

Notes
1 La tradition catholique identifie Jacques le Mineur, fils d’Alphée, à un seul personnage lui-même distinct de Jacques de Zébédée, dit Jacques le Majeur, tandis que pour la plupart des exégètes protestants, Jacques d’Alphée et Jacques le Mineur sont deux personnages distincts. L’exégèse critique privilégie quant à elle la distinction entre Jacques d’Alphée et Jacques, frère de Jésus, dit « le Mineur », dans la mesure ou les deux personnages ont bien des pères différents, que les Douze suivent déjà Jésus alors que les membres de sa famille, et donc ses « frères », doutent encore de lui et, enfin, que le groupe formé par ces derniers est toujours distingué par les rédacteurs des évangiles dans leur description des apôtres.
2 « Frère », c’est-à-dire cousin, selon la juste interprétation du terme hébraïque. Le Jacques « frère » de Jésus est appelé par Paul, avec Pierre et Jean, l’une des « colonnes » de l’Église à Jérusalem, où il fut évêque du départ de Pierre pour Rome (en 44) jusqu’à son martyre qui eut lieu pendant la Pâque de 62.
3 Galates, I, 19.
4 « Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole et dit : ‘Frères, écoutez-moi. Simon-Pierre vous a exposé comment, dès le début, Dieu est intervenu pour prendre parmi les nations un peuple qui soit à son nom. Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, puisqu’il est écrit : Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David, qui s’est écroulée ; j’en reconstruirai les parties effondrées, je la redresserai ; alors le reste des hommes cherchera le Seigneur, oui, toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, déclare le Seigneur, qui fait ces choses connues depuis toujours. Dès lors, moi, j’estime qu’il ne faut pas tracasser ceux qui, venant des nations, se tournent vers Dieu, mais écrivons-leur de s’abstenir des souillures des idoles, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang. Car, depuis les temps les plus anciens, Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisque, dans les synagogues, on en fait la lecture chaque sabbat’. Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, et à toute l’Église, de choisir parmi eux et d’envoyer à Antioche, avec Paul et Barsabas, Jude appelé Barnabas et Silas, hommes considérés entre les frères. » (Ac 15, 13-21).
5 Écrite dans les années 40 de notre ère, l’épître de Jacques est le premier livre canonique du Nouveau Testament, après avoir longtemps été considéré à part car il ne contient aucun enseignement doctrinal, ne dit rien de Jésus ou de son ministère et ne mentionne pas le Saint-Esprit.
6 « Le lendemain, Paul se rendit avec nous chez Jacques, et tous les anciens s’y réunirent. » (Ac 22, 18).
7 L’événement se passe en l’an 62 après J.-C : le grand-prêtre Ananus profite de la mort du procurateur romain Festus pour réunir le Sanhédrin. « Le jeune Ananus […] réunit le tribunal du Sanhédrin et amena devant lui le frère de Jésus, qui était appelé le Christ, et qui se nommait Jacques, en même temps que quelques autres. Il les accusa d’avoir transgressé la loi et les livra pour qu’ils soient lapidés. (*) ».

(*) FLAVIUS JOSÈPHE, Antiquités judaïques, XX, 200.

8 Hégésippe (Jérusalem, v. 108 – 180) : écrivain chrétien dont l’histoire et les écrits nous sont principalement connus par ce qu’en rapporte Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique. D’après Eusèbe, Hégésippe, après s’être converti au christianisme, serait venu à Rome et y serait demeuré durant une vingtaine d’années. C’est là qu’il écrivit les cinq livres de son Histoire de l’Église, établissant par écrit la tradition apostolique du christianisme primitif (ainsi qu’une liste des premiers évêques de Rome, reprise par Eusèbe, mais ce fait est controversé). C’est de cette source qu’Eusèbe tient des renseignements sur la famille de Jésus : Jésus : « Après le martyre de Jacques et la destruction de Jérusalem qui arriva en ce temps, on raconte que ceux des apôtres et des disciples du Seigneur qui étaient encore en ce monde vinrent de partout et se réunirent en un même lieu avec les parents du Sauveur selon la chair (dont la plupart existaient à cette époque). Ils tinrent conseil tous ensemble pour examiner qui serait jugé digne de la succession de Jacques, et ils décidèrent à l’unanimité que Siméon, fils de ce Clopas dont parle l’Évangile, était capable d’occuper le siège de cette église : il était, dit-on, cousin du Sauveur : Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph. (*) »

(*) EUSÈBE DE CÉSARÉE, Histoire ecclésiastique, 3 11.

9 André PAUL, « Jacques le Mineur saint (Ier s.) », Encyclopædia Universalis. En ligne : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-le-mineur-saint/
10 Les textes insistent sur cette ressemblance, d’où le baiser de Judas à Jésus lors de son arrestation, afin que les soldats ne se trompent pas de personne.
11 Dans l’art chrétien, le livre porté par un saint symbolise la science divine, la sagesse, la prédication ou l’attachement aux Saintes-Écritures. Il désigne le plus souvent un évangéliste, un docteur de l’Église ou un apôtre. Dans le cas de Jacques le Mineur, le livre fait allusion à l’Épître de Jacques (Nouveau Testament) qui lui est traditionnellement attribué, de même que des écrits apocryphes tels que le Protévangile de Jacques, qui fait la narration de la vie de la Vierge Marie et de ses parents.
12 Le martyre de Jacques, rapporté par Flavius Josephe dans les Antiquités judaïques (XX, 197. 199-203) de la fin du Ier siècle, est décrit dans le détail par Eusèbe de Césarée, qui rapporte en particulier dans sa totalité la narration précédente d’Hégésippe (Mémoires, 5). Festus, le procurateur de Judée, étant mort et Albinus, son successeur désigné, n’étant pas encore arrivé de Rome en Judée, le grand prêtre Ananie le Jeune profita de ce moment pour convoquer le Sanhédrin et condamner Jacques à la lapidation (en 62). Jacques fut jeté dans le vide depuis un pinacle du Temple ; comme il n’avait pas succombé à cette chute, il fut lapidé ; et comme, s’étant agenouillé, il priait pour ceux qui étaient en train de le lapider, « l’un d’eux, un foulon (*), prit le bâton avec lequel il battait les tissus et frappa à la tête le Juste qui mourut martyre de cette façon. Il fut ensuite enseveli sur place, près du Temple, où se trouve encore son monument» (Hégésippe, dans Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, 23, 18).

(*) Artisan, dit aussi foulonnier et moulinier, qui prépare les étoffes de laine en les faisant fouler (battre) au moulin.

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