Limbes

Jacques Le Goff écrit que le Purgatoire « n’est pas le seul lieu d’attente de l’Au-Delà. Le remodelage de la géographie de l’Au-Delà au tournant du XIIe et du XIIIe siècle aboutit à un système de cinq lieux de l’Au-Delà. A côté du Purgatoire s’individualisent deux autres lieux d’attente de l’Au-Delà : les limbes. Le limbe des patriarches accueillait les Justes de l’Ancien Testament (patriarches, prophètes, et aussi Adam et Ève) qui, ayant vécu avant le baptême, n’avaient pu acquérir ce passeport obligatoire pour le Paradis. Mais Jésus, pendant sa mort terrestre, entre son expiration sur la croix le vendredi saint et sa résurrection au matin de Pâques, était descendu dans le limbe des patriarches et en avait fait sortir les justes de l’ancienne loi, ainsi qu’Adam et Ève, et les avait fait entrer avec lui au Paradis. Il avait apposé les scellés sur la porte du limbe et celui-ci était resté vide à jamais. L’autre limbe, le limbe des enfants, continuait à accueillir les enfants morts avant le baptême. N’ayant pas d’autre péché que le péché originel dont ils n’étaient pas responsables, ils n’y subissaient pas de peines infernales : il n’y avait pas de feu dans les limbes » [2].

[1] Jacques Le Goff, « L’attente dans le Christianisme : le Purgatoire », Communications, Année 2000, 79, p. 300.