L’Enfer (selon Dante)

EN COURS …

L’Enfer, qui est l’un des cinq lieux de l’Au-Delà médiéval, constitue aussi le premier des trois cantiques qui, avec le Purgatoire et le Paradis, composent la Divine Comédie de Dante. Chacun des trois cantiques correspondant aux trois règnes de l’au-delà décrits par Dante est formé de trente-trois chants, à l’exception de l’Enfer qui comporte un chant préliminaire. Chaque chant est à son tour subdivisé en tercets dont les rimes sont enchaînées (ABA BCB CDC…).

Quand, au début des temps, l’ange Lucifer se rebella contre Dieu, ce dernier le précipita sur la Terre depuis le Paradis qui se trouve quelque part au-delà du système de rotation géocentrique propre à l’image du monde médiévale. À l’endroit de sa chute, la terre se serait rétractée de terreur à l’idée d’un contact avec lui, créant ainsi l’énorme cavité en entonnoir qui forme l’Enfer. La matière rétractée aurait alors réémergé dans l’hémisphère opposé couvert par les eaux, formant la montagne du Purgatoire qui se dresse au milieu d’une immense mer.

Lucifer est ainsi confiné au centre de la Terre, au point, par conséquent, le plus éloigné de Dieu, immergé jusqu’au buste dans le Cocyte [1]Le Cocyte est un lac souterrain constamment gelé à cause du vent froid produit par le mouvement continuel des six ailes de Lucifer.. À partir du centre de la Terre, sous les pieds de Lucifer, s’ouvre un long boyau conduisant vers la montagne du Purgatoire, dans l’autre hémisphère. 

Schéma de l’enfer selon Dante. D’après

La structure de l’Enfer, en forme d’entonnoir, est composée de neuf cercles qui s’enfoncent en spirale jusqu’au plus profond de la Terre. Les cercles les plus élevés sont nécessairement plus larges car les péchés qui y sont punis sont plus fréquents et donc les damnés plus nombreux. Au fur et à mesure que Dante et Virgile cheminent dans l’Enfer, les cercles se rétrécissent et le nombre d’âmes vouées à la damnation y est moindre que dans ceux qui affleuraient la surface terrestre. Plus on s’approche du centre de la Terre, plus on s’éloigne de Dieu car plus grand est le poids du péché commis par les âmes damnées.

Au-delà des murs de la cité de Dis [2]Dis : Abréviation latine de Dīs Pater, fréquemment écrit Dispater et abrégé Dis : nom romain d’un dieu des Enfers qui, au fil du temps, est devenu Pluton (gr. : pluto : le riche (lat. : dis : riche, opulent, abondant) séparent le cinquième cercle du sixième., se trouvent les pêcheurs ayant commis les fautes les plus lourdes : au cours de leur vie terrestre, loin d’être privés de raison, ils en ont au contraire usé pour commettre sciemment le mal.

Structure de l’enfer [3]Les citations et leurs traductions sont extraites de La divine comédie (éd. sous la direction de Carlo Ossola, traduction de Jacqueline Risset). Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2021.
Chant Lieu Catégorie(s) de damnésPeine enduréePersonnages
présents
IUne « forêt obscure » [4]« […] esta selva selvaggia e aspra e forte […]. Tant’è amara che poco è più morta » (« […] cette forêt féroce et âpre et forte […] est si amère que mort l’est à peine plus », v. 5-7)., puis une colline. Jérusalem est le centre de ce monde dont le Gange et les colonnes d’Hercule [5]Les Colonnes d’Hercule représentent symboliquement les deux monts qui marquent l’entrée du détroit de Gibraltar, séparant l’Europe et l’Afrique : Calpé (le rocher de Gibraltar) au nord, sur la rive européenne, et Abyla (« le Mont aux Singes », aujourd’hui Djebel Musa) au sud, sur la rive marocaine. Le géographe romain Pomponius Mela (Ier … Poursuivre marquent les deux extrémités.La lonce [6]La lonce (lonza) : félin semblable au lynx, symbole de la luxure., le lion [7]Le lion (leone) représente allégoriquement l’orgueil., la louve [8]La louve (lupa) représente le plus grave des vices des vivants : l’avidité, la soif irrésistible de posséder., le lévrier [9]Le lévrier (veltro), nouvelle figure allégorique, est évoqué comme le monarque universel (l’empereur) qui viendra bloquer l’action destructrice de la louve-avidité dans le monde « [« infin che l’veltro verrà, che la farà morir con doglia » (« jusqu’au jour où viendra le lévrier, qui la fera mourir dans la douleur »), v. 101-102., le poète Virgile [10]Virgile, l’un des plus grands poètes qu’ait connu l’humanité (v. 82), apparaît à Dante, une figure « qu’un long silence avait tout affaiblie » (« chi per lungo silenzio parea fioco », v. 63)., que Dante identifie aussitôt comme son maître. [11]Sont également évoqués au Chant I sans être physiquement présents : les empereurs César et Auguste, Enée, le héros troyen et son père Anchise, Camilla (personnage de l’Enéide de Virgile, Camilla est la jeune reine des Volsques, peuple italique de l’antiquité), Euryale et Nisus (compagnons d’Énée dans l’Enéide de Virgile : V, 294 ; IX, 176 et … Poursuivre
IIPorte de l’Enfer
IIIVestibule de l’Enfer (antinferno) ; Au-dessus de la porte de l’Enfer, on peut lire des « paroles de couleur sombre » [12]« Per me si va ne la città dolente, / per me si va ne l’etterno dolore, / per me si va tra la perduta gente. / Giustizia mosse il mio alto fattore; / fecemi la divina podestate, / la somma sapïenza e ‘l primo amore. / Dinanzi a me non fuor cose create / se non etterne, e io etterno duro. / Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate » (« Par moi on va dans la cité … Poursuivre Indolents (ignavi)
[13]Les indolents sont neutres par lâcheté. .
Ils courent nus, piqués et griffés par des guêpes et des mouches, et suivent une bannière sans emblème ; leur sang mélangé à leurs larmes est recueilli au sol par la vermine qu’ils piétinent.« […] celui qui fit par lâcheté le grand refus » [14]« […] colui / che fece per viltade il gran rifiuto. » (celui qui fit par lâcheté le grand refus), Enfer, III, 59-60) est le plus souvent considéré comme étant le pape Célestin V.
IIIAchéron [15]Dans la mythologie grecque, l’Achéron est une branche de la rivière souterraine du Styx, sur laquelle Charon transporte en barque les âmes des défunts vers les Enfers. Il reçoit deux affluents en sens contraire : le Cocyte et le Phlégéthon.Âmes qui attendent le passage en bateau vers l’EnferCharon [16]Charon, le passeur, a pour fonction de faire traverser l’Achéron (ou le Styx) aux âmes de tous ceux qui doivent entrer dans le royaume des morts : « Charon, le diable aux yeux de braise, / les recueillent toutes et leur fait signe, battant avec sa rame celles qui s’attardent. » (« Caron dimonio, con occhi di bragia / loro accennando, tutte le raccoglie ; / batte col remo … Poursuivre
IVPremier cercle de l’enfer : le Limbe
(Limbo) des patriarches, puis le « noble château sept fois entouré de haut murs et défendu par une belle rivière » [17]« […] un nobile castello / sette volte cerchiato d’alte mura, / difeso intorno d’un bel fiumicello », v. 106-108..
Esprits vertueux non baptisés (Justes de l’Ancien Testament [18]Parmi les Justes, se trouvent les patriarches, les prophètes, ainsi qu’Adam et Ève. Ayant vécu avant le baptême, ils n’ont pu acquérir ce « passeport obligatoire pour le Paradis » (Jacques Le Goff, « L’attente dans le Christianisme : le Purgatoire », Communications, Année 2000, 79, p. 300).), païens et infidèlesDésir éternellement insatisfait de voir Dieu. Homère, le « poète souverain »,  Horace « satiriste », Ovide et Lucain,  Électre,  Hector, ÉnéeCésar « armé au regard de griffon », « Camille et la Penthésilée », Latinus, Lavinia [19]Lavinia ou Lavinie : fille de Latinus., « ce Brutus [20]Premier consul romain. qui chassa Tarquin [le Superbe] [21]« Bruto che cacciò Tarquino », v. 127. », Lucrèce, Julia [22]Julia Caesaris filia ou Julia Augusti filia (39 av. J.-C. – 14 ap. J.-C.) : unique fille biologique du premier empereur romain, Auguste, née de sa seconde épouse Scribonia., Martia [23]Épouse de Caton d’Utique, Martia sera évoquée une nouvelle fois dans le Purgatoire, I, 79-80., Cornélia [24]Il peut s’agir soit de Cornélia (v.  – v. ) : fille de Scipion l’Africain et mère des Gracques dont les actes politiques ont eu un grand retentissement sur l’histoire de Rome ; soit de Cornélia, seconde femme de Pompée, mentionnée par Lucain dans Pharsale (II, 344-349)., SaladinAristote (« le maître de ceux qui savent » [25]« […] ‘l maestro di color che sanno », v. 131.), SocratePlaton, Démocrite, Diogène, Anaxagore, Thalès, Empédocle, HéracliteZénonDioscoride (« celui qui décrit les qualités des plantes », v. 138.), Orphée, TulliusLinus, SénèqueEuclide « géomètre », Ptolémée, HippocrateAvicenneGalien, Averroès « qui fit le grand commentaire [26]« […] chel gran comento feo », v. 144. Le « grand commentaire » : le philosophe Averroès, que Dante semble considérer comme un médecin, est « le commentateur d’Aristote par excellence » (Divine Comédie, op.cit., p. 876, n. 59). ». [27]Sont également évoqués au chant IV : Adam (Virgile informe Dante que Jésus lui-même, « un puissant, avec un signe de victoire, et couronné » (« un possente, / con segno di vittoria, coronato », v. 53-54) est venu chercher Adam, « le premier aïeul » (« primo parente », v. 55) ainsi qu’Abel, Noé, Moïse, « légiste … Poursuivre. En dépit du nombre important des personnages rencontrés ou seulement évoqués au chant IV, Dante précise qu’il « ne peut les nommer tous pleinement car [son] long poème [le] pousse tant que [son] dire souvent doit sauter les faits » [28]« Io non posso ritrar di tutti a pieno / però che si mi caccia il lungo tema, / che molte volte al fatto il dir vien meno. » v. 145-147.
VDeuxième cercle [29]Le deuxième cercle de l’Enfer « enclôt moins d’espace, mais douleur plus poignante, et plus de cris. » (« […] che men loco cinghia / e tanto più dolor, che punge a guaio », v. 2-3).« Dante entre en contact avec les premières âmes punies pour leurs actions » (Divine Comédie, op.cit., p. 876, notule).Luxurieux (lussuriosi) [30]Les luxurieux sont les premières âmes que rencontre Dante à être punies pour leurs actions, les esprits neutres décrits dans les chants précédents n’ayant jamais exercé leur libre arbitre pour choisir entre le bien et le mal. Leur péché d’incontinence est le moins grave des péchés capitaux car le désir charnel est celui que la raison a le plus de mal à dominer : « Intesi … PoursuivreIls sont sans cesse emportés par une tempête de la même manière que pendant leur vie, ils l’ont été par la passion.MinosSémiramis [31]Ninus, son époux auquel elle succéda, est évoqué à la vue de Sémiramis., Didon [32]Didon, princesse phénicienne, fondatrice légendaire et première reine de Carthage, n’est pas nommée mais désignée comme « celle-ci qui se tua par amour en trahissant les cendres de Sichée » (« […] colei che s’ancise amorosa, / e ruppe al cener di Sicheo »)., « la luxurieuse Cléopâtre », HélèneAchillePârisTristanPaolo et Francesca [33]Gianciotto Malatesta, frère de Paolo, est mentionné. De même que Lancelot, héros du roman lut par les amants, et le noble Galehaut qui, dans ce même roman (Lancelot du lac), demande à Guenièvre d’accorder un baiser à Lancelot..
VITroisième cercleGourmands (golosi), coupables du « nocif péché de bouche » (« la dannosa colpa de la gola », v. 53).Gisant dans la boue sous des pluies incessantes (grêle, pluie battante, neige) qui font pourrir la terre, les âmes sont tourmentées par Cerbère [34]Cerbère, « tel un chien aboyant et vorace » (« qual e cane ch’abbaiando agogna », v. 28), dont Dante fait le gardien du troisième cercle, assourdit les damnés de ses aboiements et les réduit en lambeaux de « ses mains onglées » (« unghiate le mani, v. 17..Cerbère, Ciacco [35]Dante engage une longue conversation avec l’esprit du banquier florentin Ciacco (diminutif de Iacopo – Jacques – ou surnom infâmant). Celle-ci ne porte pas sur le péché qui lui vaut sa damnation, mais sur Florence, dont il prédit les désordres après sa déchéance morale, ainsi que sur sa propre « vie sereine » perdue à jamais., Plutus [36]Fils de Jason et Déméter, Plutus est, dans la mythologie grecque, le dieu de la richesse. Il a souvent été identifié Pluton. Il apparaît à la fin du chant VI et fait le lien avec le chant VII qui le suit..
[37]Plusieurs personnages sont évoqués dans le monologue de Ciacco : Farinata degli Uberti (chef du parti gibelin, mort en 1264), Tegghiaio Aldobrandi (« Tegghiaio » Aldobrandi degli Adimari, guelfe, mort en 1266 ; nous le retrouverons au chant XVI de l’Enfer), Iacopo Rusticucci (guelfe, également, mort en 1269, réapparaîtra également au chant XVI), Arrigo, Mosca dei Lamberti.
VII [38]Au cours du chant VII, Dante et Virgile traversent deux cercles, le quatrième et le cinquième.Quatrième cercle (le récit se déplace dans le cinquième cercle au cours de la dernière partie du chant).Avares et prodigues (avari e prodighi)Avares et prodigues « sont soumis à un supplice qui rappelle celui de Sisyphe : contraints de pousser inutilement ‘des fardeaux à coup de poitrine’ (v. 27), ils se meuvent dans des directions contraires les uns des autres, exécutant une sorte de danse grotesque et violente [39]La divine comédie (éd. sous la direction de Carlo Ossola, traduction de Jacqueline Risset), op. cit., notule, p. 888. ».Plutus [40]Dante fait de Plutus le gardien du quatrième cercle de l’Enfer. « ‘Pape Satàn, pape Satàn aleppe !’ / commença Plutus à la voix enrouée » (« cominciò Pluto con la voce chiocca », v. 1-2). . À l’exception de Plutus, Dante et Virgile sont les seuls à prendre la parole [41]Sont cependant évoqués : Charybde et Scylla, monstres marins qui résident dans le détroit de Messine (ou dans les abysses, selon les auteurs), en un lieu où les vagues, en se brisant, créent un gouffre..
VIIICinquième cercleAvares et prodigues (avari e prodighi) du chant VI ; coléreux et pécheurs par acédie (iracondi ed accidiosi) du chant VII.Embourbés dans les eaux marécageuses du Styx, ils se frappent et, le cas échéant [42]C’est le cas de Francesco Argenti., s’auto-mutilent « avec les dents » (« in sé stesso co’ denti » [vv. 58-63]).Phlégias [43]Phlégias ou Phlégyas : personnage de la mythologie grecque, il est le père d’Ixion et de Coronis. Cette dernière, violée par Apollon, donnera naissance à Esculape, le dieu gréco-romain de la médecine.Rendu furieux par le viol de sa fille, Phlégias incendie le temple d’Apollon à Delphes. Pour ce sacrilège, les dieux le punissent et le condamnent à une peine éternelle au Tartare. … Poursuivre, Filippo Argenti degli Adimari [44]Filippo Argenti degli Adimari, dit Argenti parce qu’il auraient ferré son cheval avec des fers d’argent (« equum ferris argenti ferrari fecit » [Chiose Cassinesi cité par Fiorenzo Forti, Enciclopedia Dantesca, 1970 (en ligne).]). L’Argenti est l’ennemi personnel de Dante pour des raisons qui demeurent obscures., démons [45]Au vers 124, Virgile rappelle que les diables tentèrent aussi d’empêcher le Christ d’entrer dans les Limbes (selon l’Évangile de Nicodème, 24,1).
protecteurs de la cité de Dité.
Murs de la cité de Dis [46]La cité de Dis, ou Dité, possède des murailles, une tour et une porte à la manière d’une cité médiévale. Le bas enfer se trouve dans l’enceinte de la cité de Dité. Cette enceinte est franchie au Chant IX..
IXSixième cercleHérétiques (eretici)Ils sont couchés dans des tombes, ouvertes et éternellement brulantes.Mégère, Alecto
et Tisiphone
[47]Les Erinyes Mégère, Alecto et Tisiphone sont les trois déesses de la vengeance. Elles seront appelées Furies dans la mythologie romaine. ; Méduse, Thésée, 
un « Messager
Céleste »
(probablement un ange), Farinata
degli Uberti,
Epicure, Cavalcante
Cavalcanti, 
Guido Cavalcanti,
 Frédéric II, 
Ottoviano degli
Ubaldini
Septième cercle

Premier ’giron’
Violents contre leur prochain
(omicidi, tirando e predoni)
Minotaure, (TeseoArianna), 
Centaures [48]Chiron, Nesso e Folo. (DeianiraAchille),
Alessandro di FereDionisio di Siracusa
Ezzelino III da RomanoObizzo II d’Este
Azzo VIII d’EsteGuido di MontfortAttila
Pirro NeottolemoSesto Pompeo
Rinieri da CornetoRinieri de’ Pazzi
Septième cercle

Deuxième ‘giron’
Violents contre eux-mêmes (suicidi e scialacquatori)
Septième cercle

Troisième ‘giron’
Violents contre Dieu (bestemmiatori, sodomiti, usurai)
Huitième cercle [49]« Luogo è in inferno detto Malebolge,/ tutto di pietra di color ferrigno,/ come la cerchia che dintorno il volge »
(« »).


Première bolge [50]Une bolge est l’une des dix fosses concentriques encerclées de murs et surplombées de ponts rocheux semblables aux fortifications externes d’un château, et qui constituent le malebolge, nom donné par Dante au huitième cercle de l’Enfer. Voir note 51 ci-après. (bolgia) [51]Bolgia signifie proprement bissac (sac ouvert en long par le milieu et fermé par les deux bouts, de sorte qu’il forme comme un double sac). Dante appelle ainsi les divisions du huitième cercle, à cause de leur forme étroite et profonde.
Huitième cercle

II bolge (bolgia)
Huitième cercle

III bolge (bolgia)
Huitième cercle

IV bolge (bolgia)
Huitième cercle

V bolge (bolgia)
Huitième cercle

VI bolge (bolgia)
Huitième cercle

VII bolge (bolgia)
Huitième cercle

VIII bolge (bolgia)
Huitième cercle

IX bolge (bolgia)
Huitième cercle

X bolge (bolgia)
Neuvième cercle

Zone I
Caïne
Neuvième cercle
Neuvième cercle
Neuvième cercle

Notes

Notes
1 Le Cocyte est un lac souterrain constamment gelé à cause du vent froid produit par le mouvement continuel des six ailes de Lucifer.
2 Dis : Abréviation latine de Dīs Pater, fréquemment écrit Dispater et abrégé Dis : nom romain d’un dieu des Enfers qui, au fil du temps, est devenu Pluton (gr. : pluto : le riche (lat. : dis : riche, opulent, abondant) séparent le cinquième cercle du sixième.
3 Les citations et leurs traductions sont extraites de La divine comédie (éd. sous la direction de Carlo Ossola, traduction de Jacqueline Risset). Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2021.
4 « […] esta selva selvaggia e aspra e forte […]. Tant’è amara che poco è più morta » (« […] cette forêt féroce et âpre et forte […] est si amère que mort l’est à peine plus », v. 5-7).
5 Les Colonnes d’Hercule représentent symboliquement les deux monts qui marquent l’entrée du détroit de Gibraltar, séparant l’Europe et l’Afrique : Calpé (le rocher de Gibraltar) au nord, sur la rive européenne, et Abyla (« le Mont aux Singes », aujourd’hui Djebel Musa) au sud, sur la rive marocaine. 
Le géographe romain Pomponius Mela (Ier siècle ap. J.-C.) les décrit ainsi :
« Une très haute montagne fait face à celle qui s’élève sur la côte opposée de l’Hispanie : l’une se nomme Abyla, l’autre Calpé, et toutes deux ensemble les colonnes d’Hercule (hunc Abylam, illum Calpen, vocant, Columnas Herculis utrumque). La fable ajoute qu’autrefois ces deux montagnes n’en faisaient qu’une, qui fut divisée par Hercule ; et qu’ainsi l’Océan, jusqu’alors arrêté par cette barrière, trouva un passage pour se répandre dans les lieux qu’il inonde aujourd’hui. » (Description de la terre, livre I, 5).
6 La lonce (lonza) : félin semblable au lynx, symbole de la luxure.
7 Le lion (leone) représente allégoriquement l’orgueil.
8 La louve (lupa) représente le plus grave des vices des vivants : l’avidité, la soif irrésistible de posséder.
9 Le lévrier (veltro), nouvelle figure allégorique, est évoqué comme le monarque universel (l’empereur) qui viendra bloquer l’action destructrice de la louve-avidité dans le monde « [« infin che l’veltro verrà, che la farà morir con doglia » (« jusqu’au jour où viendra le lévrier, qui la fera mourir dans la douleur »), v. 101-102.
10 Virgile, l’un des plus grands poètes qu’ait connu l’humanité (v. 82), apparaît à Dante, une figure « qu’un long silence avait tout affaiblie » (« chi per lungo silenzio parea fioco », v. 63).
11 Sont également évoqués au Chant I sans être physiquement présents : les empereurs César et Auguste, Enée, le héros troyen et son père Anchise, Camilla (personnage de l’Enéide de Virgile, Camilla est la jeune reine des Volsques, peuple italique de l’antiquité), Euryale et Nisus (compagnons d’Énée dans l’Enéide de Virgile : V, 294 ; IX, 176 et 444), Turnus (roi des Rutules, tué par Énée en combat singulier dans l’Énéide, XII, 945-953), les Muses, Silvius (l’un des rois légendaires d’Albe la Longue), saint PaulBéatrice, la « Madone », sainte LucieRachel.
12 « Per me si va ne la città dolente, / per me si va ne l’etterno dolore, / per me si va tra la perduta gente. / Giustizia mosse il mio alto fattore; / fecemi la divina podestate, / la somma sapïenza e ‘l primo amore. / Dinanzi a me non fuor cose create / se non etterne, e io etterno duro. / Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate » (« Par moi on va dans la cité dolente, / par moi on va dans l’éternelle douleur, / par moi on va parmi la gent perdue. / Justice a mû mon sublime artisan, / puissance divine m’a faite, / et la haute sagesse et le premier amour. / Avant moi rien n’a jamais été créé / qui ne soit éternel, et moi je dure éternellement. / Vous qui entrez, laissez toute espérance », v. 1-10).
13 Les indolents sont neutres par lâcheté.
14 « […] colui / che fece per viltade il gran rifiuto. » (celui qui fit par lâcheté le grand refus), Enfer, III, 59-60) est le plus souvent considéré comme étant le pape Célestin V.
15 Dans la mythologie grecque, l’Achéron est une branche de la rivière souterraine du Styx, sur laquelle Charon transporte en barque les âmes des défunts vers les Enfers. Il reçoit deux affluents en sens contraire : le Cocyte et le Phlégéthon.
16 Charon, le passeur, a pour fonction de faire traverser l’Achéron (ou le Styx) aux âmes de tous ceux qui doivent entrer dans le royaume des morts : « Charon, le diable aux yeux de braise, / les recueillent toutes et leur fait signe, battant avec sa rame celles qui s’attardent. » (« Caron dimonio, con occhi di bragia / loro accennando, tutte le raccoglie ; / batte col remo qualunque s’adagia. »), v. 109-111.
17 « […] un nobile castello / sette volte cerchiato d’alte mura, / difeso intorno d’un bel fiumicello », v. 106-108.
18 Parmi les Justes, se trouvent les patriarches, les prophètes, ainsi qu’Adam et Ève. Ayant vécu avant le baptême, ils n’ont pu acquérir ce « passeport obligatoire pour le Paradis » (Jacques Le Goff, « L’attente dans le Christianisme : le Purgatoire », Communications, Année 2000, 79, p. 300).
19 Lavinia ou Lavinie : fille de Latinus.
20 Premier consul romain.
21 « Bruto che cacciò Tarquino », v. 127.
22 Julia Caesaris filia ou Julia Augusti filia (39 av. J.-C. – 14 ap. J.-C.) : unique fille biologique du premier empereur romain, Auguste, née de sa seconde épouse Scribonia.
23 Épouse de Caton d’Utique, Martia sera évoquée une nouvelle fois dans le Purgatoire, I, 79-80.
24 Il peut s’agir soit de Cornélia (v.  – v. ) : fille de Scipion l’Africain et mère des Gracques dont les actes politiques ont eu un grand retentissement sur l’histoire de Rome ; soit de Cornélia, seconde femme de Pompée, mentionnée par Lucain dans Pharsale (II, 344-349).
25 « […] ‘l maestro di color che sanno », v. 131.
26 « […] chel gran comento feo », v. 144. Le « grand commentaire » : le philosophe Averroès, que Dante semble considérer comme un médecin, est « le commentateur d’Aristote par excellence » (Divine Comédie, op.cit., p. 876, n. 59).
27 Sont également évoqués au chant IV : Adam (Virgile informe Dante que Jésus lui-même, « un puissant, avec un signe de victoire, et couronné » (« un possente, / con segno di vittoria, coronato », v. 53-54) est venu chercher Adam, « le premier aïeul » (« primo parente », v. 55) ainsi qu’AbelNoé, Moïse, « légiste obéissant », Abraham « patriarche », David « roi », « Israël [Isaac], avec son père [Jacob] et ses enfants, et avec Rachel pour laquelle il fit tant », « et beaucoup d’autres qu’il fit bienheureux [qu’il emmena au ciel »] (« e altri molti, e feceli beati »,  v. 61).
28 « Io non posso ritrar di tutti a pieno / però che si mi caccia il lungo tema, / che molte volte al fatto il dir vien meno. » v. 145-147.
29 Le deuxième cercle de l’Enfer « enclôt moins d’espace, mais douleur plus poignante, et plus de cris. » (« […] che men loco cinghia / e tanto più dolor, che punge a guaio », v. 2-3).« Dante entre en contact avec les premières âmes punies pour leurs actions » (Divine Comédie, op.cit., p. 876, notule).
30 Les luxurieux sont les premières âmes que rencontre Dante à être punies pour leurs actions, les esprits neutres décrits dans les chants précédents n’ayant jamais exercé leur libre arbitre pour choisir entre le bien et le mal. Leur péché d’incontinence est le moins grave des péchés capitaux car le désir charnel est celui que la raison a le plus de mal à dominer : « Intesi ch’a così fatto tormento / enno dannati i peccator carnali, / che la ragion sommettono al talento » (« Et je compris qu’un tel tourment / était le sort des pêcheurs charnels, / qui soumettent la raison aux appétits »), v. 38-39.
31 Ninus, son époux auquel elle succéda, est évoqué à la vue de Sémiramis.
32 Didon, princesse phénicienne, fondatrice légendaire et première reine de Carthage, n’est pas nommée mais désignée comme « celle-ci qui se tua par amour en trahissant les cendres de Sichée » (« […] colei che s’ancise amorosa, / e ruppe al cener di Sicheo »).
33 Gianciotto Malatesta, frère de Paolo, est mentionné. De même que Lancelot, héros du roman lut par les amants, et le noble Galehaut qui, dans ce même roman (Lancelot du lac), demande à Guenièvre d’accorder un baiser à Lancelot.
34 Cerbère, « tel un chien aboyant et vorace » (« qual e cane ch’abbaiando agogna », v. 28), dont Dante fait le gardien du troisième cercle, assourdit les damnés de ses aboiements et les réduit en lambeaux de « ses mains onglées » (« unghiate le mani, v. 17.
35 Dante engage une longue conversation avec l’esprit du banquier florentin Ciacco (diminutif de Iacopo – Jacques – ou surnom infâmant). Celle-ci ne porte pas sur le péché qui lui vaut sa damnation, mais sur Florence, dont il prédit les désordres après sa déchéance morale, ainsi que sur sa propre « vie sereine » perdue à jamais.
36 Fils de Jason et Déméter, Plutus est, dans la mythologie grecque, le dieu de la richesse. Il a souvent été identifié Pluton. Il apparaît à la fin du chant VI et fait le lien avec le chant VII qui le suit.
37 Plusieurs personnages sont évoqués dans le monologue de Ciacco : Farinata degli Uberti (chef du parti gibelin, mort en 1264), Tegghiaio Aldobrandi (« Tegghiaio » Aldobrandi degli Adimari, guelfe, mort en 1266 ; nous le retrouverons au chant XVI de l’Enfer), Iacopo Rusticucci (guelfe, également, mort en 1269, réapparaîtra également au chant XVI), Arrigo, Mosca dei Lamberti.
38 Au cours du chant VII, Dante et Virgile traversent deux cercles, le quatrième et le cinquième.
39 La divine comédie (éd. sous la direction de Carlo Ossola, traduction de Jacqueline Risset), op. cit., notule, p. 888.
40 Dante fait de Plutus le gardien du quatrième cercle de l’Enfer. « ‘Pape Satàn, pape Satàn aleppe !’ / commença Plutus à la voix enrouée » (« cominciò Pluto con la voce chiocca », v. 1-2).
41 Sont cependant évoqués : Charybde et Scylla, monstres marins qui résident dans le détroit de Messine (ou dans les abysses, selon les auteurs), en un lieu où les vagues, en se brisant, créent un gouffre.
42 C’est le cas de Francesco Argenti.
43 Phlégias ou Phlégyas : personnage de la mythologie grecque, il est le père d’Ixion et de Coronis. Cette dernière, violée par Apollon, donnera naissance à Esculape, le dieu gréco-romain de la médecine.
Rendu furieux par le viol de sa fille, Phlégias incendie le temple d’Apollon à Delphes. Pour ce sacrilège, les dieux le punissent et le condamnent à une peine éternelle au Tartare. Dante fait du personnage le gardien du Cinquième cercle.
44 Filippo Argenti degli Adimari, dit Argenti parce qu’il auraient ferré son cheval avec des fers d’argent (« equum ferris argenti ferrari fecit » [Chiose Cassinesi cité par Fiorenzo Forti, Enciclopedia Dantesca, 1970 (en ligne).]). L’Argenti est l’ennemi personnel de Dante pour des raisons qui demeurent obscures.
45 Au vers 124, Virgile rappelle que les diables tentèrent aussi d’empêcher le Christ d’entrer dans les Limbes (selon l’Évangile de Nicodème, 24,1).
46 La cité de Dis, ou Dité, possède des murailles, une tour et une porte à la manière d’une cité médiévale. Le bas enfer se trouve dans l’enceinte de la cité de Dité. Cette enceinte est franchie au Chant IX.
47 Les Erinyes Mégère, Alecto et Tisiphone sont les trois déesses de la vengeance. Elles seront appelées Furies dans la mythologie romaine.
48 Chiron, Nesso e Folo.
49 « Luogo è in inferno detto Malebolge,/ tutto di pietra di color ferrigno,/ come la cerchia che dintorno il volge »
(« »).
50 Une bolge est l’une des dix fosses concentriques encerclées de murs et surplombées de ponts rocheux semblables aux fortifications externes d’un château, et qui constituent le malebolge, nom donné par Dante au huitième cercle de l’Enfer. Voir note 51 ci-après.
51 Bolgia signifie proprement bissac (sac ouvert en long par le milieu et fermé par les deux bouts, de sorte qu’il forme comme un double sac). Dante appelle ainsi les divisions du huitième cercle, à cause de leur forme étroite et profonde.
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