Gano di Fazio (documenté de 1302 à 1317)
Episodi della vita del Beato Gioacchino Piccolomini (Épisodes de la vie du bienheureux Gioacchino Piccolomini), v. 1310-1312.
Marbre
Provenance : Église de Santa Maria dei Servi, Sienne.
Sienne, Pinacoteca Nazionale.
Cet ensemble constituait l’un des éléments du monument funéraire de Joachim Piccolomini élevé dans la basilique des Servites de Sienne. Celui-ci a probablement été sculpté après 1310, lorsque les moines, une fois attestés les premiers miracles attribués à Joachim, décidèrent de célébrer le personnage.
Inspirées des recherches narratives de la peinture contemporaine, les trois scènes sont travaillées comme s’il s’agissait de la prédelle d’un retable dont elles reprennent la disposition. Comme autant de compartiments entièrement consacrés à la narration, les trois bas-reliefs racontent, de manière particulièrement expressive et vivante, trois épisodes miraculeux survenus au cours de la vie du bienheureux : Le Miracle de la porte, Le Miracle de la table et enfin Le Miracle du cierge :
- Il giovane Beato suona alla porta del convento per essere ammesso nell’Ordine (Le jeune bienheureux frappe à la porte du couvent pour être admis dans l’Ordre)
- Durante un attacco epilettico, il Beato fa ribaltare la tavola apparecchiata senza far rovesciare e rompere gli oggetti (Pendant une attaque d’épilepsie, le bienheureux renverse la table préparée pour le repas sans qu’aucun des objets ne tombe ni ne soit cassé)
- Nuovamente colpito dall’epilessia, il Beato cade per terra durante il servizio della messa, mentre il cero che sosteneva resta miracolosamente sospese (À nouveau frappé par l’épilepsie, le bienheureux tombe à terre pendant la messe, tandis que le cierge qu’il portait demeure miraculeusement suspendu dans l’air)
Le style épuré de cette œuvre très siennoise tourne le dos aux complexités et aux élégances développées dans la sculpture gothique du Nord de l’Europe. La frontalité systématique de la composition, le dynamisme et la définition minutieuse des personnages, la sobriété de leurs attitudes, la simplicité et le caractère incisif des drapés révélant les corps sous-jacents, tout cela donne lieu à une narration parfaitement intelligible. Avec cette lisibilité accrue, le style classique de Gano di Fazio poursuit également les recherches initiées par ses prédécesseurs Nicola Pisano, qui travaillait à la chaire de la cathédrale de Sienne vers 1265, et l’élève de ce dernier, le grand florentin Arnolfo di Cambio.




