Balìa

Terme qui, dans les républiques de Sienne, Florence et Perugia, désigne un territoire administratif, une seigneurie, un pouvoir ou une autorité.

Le vocable apparaît pour la première fois dans les sources documentaires siennoises en 1212, dans l’acte de soumission de Montalcino. Dans la tradition politique siennoise, il indique une magistrature et un collège élu auquel participent des membres de tous les Monti, et dotés de l’autorité suprême dans le champ des compétences qui lui sont attribuées pour un temps limité. Bien que née pour exercer l’arbitrium (l’arbitrage) de manière extraordinaire, la Balìa devient partie intégrante de la structure institutionnelle siennoise dès le Trecento. L’élection avait lieu selon la logique suivante : le Consiglio Generale (Conseil Général) proposait la nomination d’une Balìa et donnait l’ordre au Concistoro (Consistoire) de compiler la liste des personnes éligibles sur vote secret. Cette liste était proposée au Consiglio Generale en vue de son approbation, laquelle était également prononcée après un vote secret. De 1458 à 1477, les Balìe n’apparaissent pas et ne sont reconstituées que lors de l’entreprise de Carlo Fontebracci contre Sienne. À partir de 1480, une fois terminée la guerre contre la République de Florence, et quand le Monte dei Nove pris le pouvoir (1487), la Balìa devînt l’instrument de prédilection de l’exercice des maiestas [1], demeurant le cœur des institutions jusqu’à la chute de la république survenue en 1555 (date de la fin du siège de Montalcino).

La magistrature de la “Balìa di Siena” qui fut, à l’origine, le principal organe du gouvernement indépendant de la République, demeura, après la formation du Grand-duché de Toscane, celui du duché de Sienne voulu par les réformes de Cosme Ier de Médicis. Sous la domination medicéenne, la Balìa fut constituée de vingt citoyens qualifiés de risieduti (c’est-à-dire ayant déjà siégé dans une autre magistrature), qui assumaient cette charge pour une année. Les vingt citoyens concernés étaient choisis par le Grand-duc, sur une liste établie par le segretario delle leggi.

[1] Maiestas, littéralement : majesté ; désigne l’exercice de l’autorité.