
Giovanni Pisano (Pise, env. 1245/1248 – Sienne, 1318 ou un peu avant)
Crocifisso (Crucifix), vers 1290.
Bois sculpté polychrome, h. 82 cm.
Inscriptions
Provenance : Église de Sant’Agostino, Asciano.
Asciano, Museo Civico Archeologico e d’Arte Sacra – Palazzo Corboli.
La croix sur laquelle le Christ est attaché n’est pas d’origine, mais a été réalisée récemment (le Christ crucifié était placé, à l’origine, sur la chaire de bois qui se trouvait dans l’église de Sant’Agostino).
D’abord attribuée par Max Seidel à un élève de Giovanni Pisano, l’œuvre a été rendue à ce dernier après une délicate restauration qui a permis de conclure à son caractère autographe, notamment en raison des analogies qu’elle présente avec la croix de bois exécutée pour la tombe de l’archevêque Francesco Pannocchieschi d’Elci, aujourd’hui conservée au Museo dell’Opera del Duomo de Pise. [2]Voir aussi : Giovanni Pisano, Crocifisso. Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.

Indépendamment des consonances stylistiques évidentes que l’on peut remarquer entre les deux œuvres, quelques détails concernant la technique d’exécution, telles que l’emploi d’une très fine pellicule de gesso [3]Gesso : enduit à base de plâtre et de colle animale. visant à servir de préparation à la polychromie et la feuille d’or déposée a mordente sur le perizonium du Christ, qui conduisent à confirmer l’attribution à Giovanni Pisano.
Dans un article de 1905, Émile Mâle, cherchant à caractériser le type des Christ en croix du XVe siècle français donne une description qui pourrait convenir pour l’œuvre présente : « Les bras ne sont plus largement ouverts comme autrefois, et presque horizontaux, ils s’élèvent au contraire au-dessus de la tête et tendent à la verticale. La tête, qui était auparavant placée sur la traverse de la croix, est maintenant au-dessous. On sent que tout le poids du corps porte sur les deux mains, et, avant toute réflexion, cet hiéroglyphe tragique, cette sorte d’Y, donne un choc douloureux. La croix cesse tout d’un coup d’être un symbole, et apparaît, pour la première fois, comme un gibet. L’attitude du corps renforce encore cette impression. Il est allongé, rigide, immobile. Pendant tout le XIVe siècle, les jambes étaient à moitié pliées, et le supplicié, arqué violemment, formait un S. Pourtant, cette silhouette tourmentée, convulsive, est cent fois moins émouvante que cette longue figure qui pend. Elle est si exténuée, si vidée de substance, qu’elle n’est pas plus large que la croix. » [4]Émile Mâle, « L’Art français de la fin du Moyen Âge. L’Apparition du pathétique », Revue des Deux Mondes, 5e période, tome 29 (1905), pp. 656-681.
Notes
| 1↑ | Voir : I.N.R.I. |
|---|---|
| 2↑ | Voir aussi : Giovanni Pisano, Crocifisso. Sienne, Museo dell’Opera del Duomo. |
| 3↑ | Gesso : enduit à base de plâtre et de colle animale. |
| 4↑ | Émile Mâle, « L’Art français de la fin du Moyen Âge. L’Apparition du pathétique », Revue des Deux Mondes, 5e période, tome 29 (1905), pp. 656-681. |

