Sala del Risorgimento o sala di Vittorio-Emmanuele

La salle du Risorgimento ou salle de Victor-Emmanuel

Peu de temps après la mort de Vittorio-Emanuele II, premier souverain italien, survenue le 9 janvier 1878 à Rome), Sienne, cité patriotique de la première heure (ainsi qu’elle se plaît à le rappeler sur l’une des inscriptions figurant sur un pilastre de la paroi) prit la décision d’honorer sa mémoire en lui dédiant une salle importante du Palais Communal. [1] Deux salles occupaient jusque là deux niveaux de l’édifice. Elles furent réunies pour n’en faire plus qu’une. [2] En 1881, le maire Luciano Banchi présenta un projet de décor qui ne fut approuvé qu’en mars 1884.

La coordination artistique de l’entreprise fut confiée à Luigi Mussini, charismatique directeur de l’Istituto d’Arte de Sienne, qui refusa l’offre en invoquant son âge, mais proposa que le programme soit exécuté sous sa conduite par un groupe d’artistes ayant tous été formés dans son propre atelier..

L’ensemble du décor mural de la Sala del Risorgimento a été réalisé entre 1886 et 1888, y compris celui de la voûte.

Le décor de la salle

La voûte

Ce décor comprend, au centre, dans un format circulaire évoquant un oculus, L’allegoria dell’Italia libera (Allégorie de l’Italie libre) et tout autour, dans les pendentifs, dix allégories des Regioni (Régions) formant alors le jeune État Italien. Dans les voussures, quatorze médaillons représentent des hommes célèbres de l’histoire du Risorgimento (littéralement, le « Résurgence » de l’Italie), accompagnés de citations dont ils sont généralement les auteurs, lesquelles viennent à tour de rôle évoquer l’événement tant espéré et tant attendu au fil des siècles. Le tout n’est nullement exempt d’une emphase rendue inévitable par le choix des citations, l’abondance des références historiques, et, pour une large part, l’époque et le contexte particulier de sa réalisation, et dans un ensemble commémoratif de cette nature. [3]

Le style des fresques est assez caractéristique d’un type de peinture que l’on qualifie en France, par dérision, de « pompier » en raison du caractère rutilant des casques et autres armures romaines représentés luisants comme le sont les casques des soldats du feu. Académique en un sens également péjoratif, cette peinture n’est pourtant dénuée, dorénavant, d’une saveur particulière que prennent souvent les choses devenues anciennes, et parviennent p, d’une certaine manière, à toucher, sinon à émouvoir, tant par le caractère désuet d’un style qui était déjà dépassé alors qu’il venait de naître, que par l’inévitable évocation de l’imagerie très réaliste de certaines bandes dessinées qui a formé, pour une part, le regard d’un observateur contemporain. Non exempte d’une certaine forme de naïveté et de beaucoup d’emphase, cette peinture surprend par un style qui détonne au sein du Palazzo Pubblico, antre de la peinture siennoise des XIVe et XVe siècles et mémorial incomparable du rêve de grandeur d’une république médiévale dont le modèle fut la république de Rome, et où rôdent, enfin, les fantômes de Simone et d’Ambrogio. Cette peinture se laisse regarder à condition que le temps nécessaire ne vienne pas empiéter sur celui disponible et consacré aux autres salles, sous réserve de vouloir s’ouvrir à une forme de désuétude artistique empreinte d’une forme de nostalgie, et, peut-être, d’aimer l’Italie avec une passion suffisante pour vouloir apprendre encore de ces œuvres somme toutes secondaires, quelque chose de son histoire, de ses espoirs régulièrement déçus, et de la réalisation d’une unité rêvée depuis deux millénaires.

Les parois

Les fresques des parois célèbrent les hauts faits du roi Victor Emmanuel II, issu de la maison de Savoie, au service de l’unification italienne.

Les deux premières scènes sont séparé par un pilastre peint sur lequel on peut lire l’inscription suivante : « VITTORIO-EMMANUELE / LIBERATORE DELL’ITALIA / DVCE VALORISSIMO / PRINCIPE OTTIMO / IL XVII GIVGNO / M.D.CCC.LIX / PER DECRETO PVBBLICO / DAL COMVNE DI SIENA / PRIMA CHE DA ALTRO / MVNICIPIO TOSCANO / INVOCAVASSI / RE » [4]

Pour observer dans un ordre chronologique les grandes scènes historiques peintes sur les murs, il faut commencer par celles situées sur la paroi de droite, dans l’ordre suivant :

Œuvres exposées dans la salle

Autour de la salle sont alignés quelques bustes de marbre représentant d’illustres italiens et de siennois fameux, initialement exposés dans la salle du Consistoire et déplacés ici en (?). Parmi eux :

  • Ignoto, Gaetano Milanesi
  • Ignoto, Giovanni Dupré
  • Enea Becheroni, Giuseppe Pianigiani
  • Ignoto, Baldassare Peruzzi
  • Luciano Banchi, Giuseppe Lazzeretti
  • Ezio Trapassi, Busto di Giovinella
  • Giovanni Magi, P. Tommaso Pendola delle Scuole Pie
  • Ignoto, Il Conte di Cavour
  • Ignoto, Bettino Ricasoli
  • Giovanni Duprè, Maria Assunta Butini Bourke
  • Tito Sarrocchi, Giovanni Caselli
  • Arnoldo Prunai, Tito Sarrocchi

Au milieu de la salle :

Plusieurs œuvres objets historiques viennent enrichir la mémoire du Risorgimento :

[1] Auparavant, le Campo avait déjà été débaptisé (provisoirement) pour prendre le nom de Piazza Vittorio Emmanuele II, qu’elle conserva pendant toute la durée de la période monarchique.

[2] Au premier étage se trouvait la salle d’audiences du Podestà tandis que le second était consacré aux trompettes de la Commune et l’école de musique dont ils assuraient la gestion.

[3] Le pathos qui émane de l’ensemble du décor doit également être mis en relation avec la nécessité de donner à voir une épopée apte à susciter et accroître l’adhésion des populations à la nouvelle situation politique.

[4] « Victor-Emmanuel, libérateur de l’Italie, chef de la plus grande valeur, le meilleur des princes, le 18 juin 1859 fut in