Podestat (it. : podestà) : titre donné au Moyen Âge au premier magistrat de certaines villes d’Italie et du midi de la France actuelle.
À Sienne, un podestat est mentionné pour la première fois dans un acte daté de 1178. Pourtant, cette charge n’est officialisée définitivement qu’après la paix de Constance (1183) [1]Signée le 25 juin 1183, la paix de Constance est essentiellement une convention par laquelle l’empereur Frédéric Ier Barberousse reconnaît aux villes lombardes un droit d’administration autonome. Avec ce traité, les communes obtiennent le pouvoir régalien (regalia), c’est-à-dire toutes les juridictions, taxes, corvées et impôts, ainsi que la faculté de conserver leur … Poursuivre, qui établit que cette charge relevait d’une nomination impériale. En réalité, les Communes avaient désormais acquis trop de pouvoir et d’autonomie pour se soumettre effectivement à cette obligation : les podestats demeurèrent librement élus â Sienne.
Les podestats furent à la tête de la République de Sienne jusqu’en 1234. À cette date, le détenteur de la charge avait tous les rênes de la ville entre ses mains et pouvait présenter une menace pour l’indépendance de la cité. C’est alors que naquirent les gouvernements de prieurs qui conservèrent la fonction de Podestat, tout en atténuant son rôle et son pouvoir.
L’activité du Podestat, nommé par le Conseil général, était régie par un contrat établi pour une courte période, généralement entre six et douze mois. Il s’agissait habituellement d’un chevalier ou d’un juriste, toujours étranger à Sienne, à qui l’on remettait les clés de la cité pour la gérer de façon impartiale. À la fin de son mandat, le Podestat était jugé par une commission qui pouvait soit le sanctionner, si sa gestion était jugée mauvaise (des pénalités pouvaient être soustraites de ses honoraires), soit le récompenser si elle était considérée bonne (dans ce cas, il était congédié avec tous les honneurs de la Commune).
Il était chef de l’armée, administrait la justice civile et pénale et présidait le Conseil général, suivant les statuts de la ville renouvelés périodiquement, appelés « costituto ».
Ses attributions furent nettement réduites au fil du temps. Avec l’instauration du Gouvernement des Vingt-Quatre en 1234, le pouvoir politique incomba au Consistoire (même si le Podestat continuait d’en présider les réunions). En 1355, après la chute du Gouvernement des Neuf, la responsabilité de présider le Conseil général passa entre les mains du Capitaine du Peuple, de même que, plus tard, son rôle de chef de l’armée. Ses prérogatives restaient au bout du compte limitées à la seule administration de la justice. Sa charge fut supprimée en 1503 avec la réforme qui instaura le collège de juges de la Ruota [2]Le nom de ce conseil de justice (ruota : roue) vient du fait que les officiers qui le composaient tournaient systématiquement tous les trois ans..
Notes
| 1↑ | Signée le 25 juin 1183, la paix de Constance est essentiellement une convention par laquelle l’empereur Frédéric Ier Barberousse reconnaît aux villes lombardes un droit d’administration autonome. Avec ce traité, les communes obtiennent le pouvoir régalien (regalia), c’est-à-dire toutes les juridictions, taxes, corvées et impôts, ainsi que la faculté de conserver leur ligue et d’élever des fortifications. Le retour aux élections libres des consuls est concédé et les communes obtiennent le droit de s’allier entre elles. L’empereur ne conserve qu’une autorité symbolique car une intervention de sa part dans les affaires communales signifierait une négociation assurée. Ce traité marque le début de l’essor des communes italiennes. |
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| 2↑ | Le nom de ce conseil de justice (ruota : roue) vient du fait que les officiers qui le composaient tournaient systématiquement tous les trois ans. |
