Jean Fouquet, « Diptyque de Melun »

Jean Fouquet, « Diptyque de Melun », vers 1452/1455. lors de la présentation des deux panneaux exceptionnellement réunis (Berlin, Gemäldegalerie, 15 septembre 2017 – 7 janvier 2018).

Le Diptyque de Melun, démembré à la fin du XVIIIe siècle, était composé de deux volets, aujourd’hui dispersés. Ces deux volets étaient à l’origine assemblés grâce à un encadrement couvert de velours bleu brodé d’or, d’argent et de perles [1]Denis Godefroy, historiographe de Charles VII, signalait en 1461 que le diptyque de Melun comportait des « bordures […] couvertes en dedans de velours bleu, orné et enrichy tout autour de quantité de grands lacz d’amour à l’antique separez d’une esgale distance l’un de l’autre et tissés d’une petite broderie d’or et d’argent dans chaque côté desdits lacs est une … Poursuivre, et orné de médaillons de cuivre émaillés d’or dont un seul exemplaire (fig. 3) est aujourd’hui conservé (Paris, musée du Louvre, département des Objets d’art). Cette œuvre majeure de la peinture tourangelle a été commandée à Jean Fouquet par Étienne Chevalier (v. 1410-1474) entre les années 1452 et 1455 [2]Originaire de Melun et d’extraction bourgeoise, Étienne Chevalier mena une brillante carrière au service des rois Charles VII et Louis XI. Successivement secrétaire du roi, maître de la Chambre des comptes puis contrôleur des recettes, il fut nommé Trésorier de France en 1452 et devint l’un des membres du conseil royal jusqu’à sa mort en 1474. Sa proximité avec Charles VII est … Poursuivre. Le diptyque était destiné à la collégiale Notre-Dame de Melun dans laquelle il fut conservé jusqu’en 1773, date de son démembrement. Il accompagnait la sépulture d’Étienne Chevalier et celle de son épouse Catherine Budé, morte en 1452.

Les deux volets du diptyque sont répartis entre Anvers (Vierge à l’Enfant entourée de séraphins et de chérubins) et Berlin (Etienne Chevalier présenté par saint Etienne). À la fin du XIXe siècle, deux médaillons de cuivre émaillé d’or furent identifiés comme appartenant à ces « médailles » du cadre du diptyque : l’un figurant l’autoportrait de Jean Fouquet est conservé au Louvre, le second, une scène de la vie de saint Étienne qui était conservé à Berlin fut détruit en 1945 [3]François Avril, op. cit., p. 132..

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Jean Fouquet (Tours ?, v. 1420 – 1478 ?)

  • Diptyque de Melun, v. 1452-1455.
    • Volet gauche (fig. 1) : Jean Fouquet, Étienne Chevalier mit dem heiligen Stephanus (Etienne Chevalier présenté par saint Etienne). Berlin, Gemäldegalerie.
    • Volet droit (fig. 2) : Jean Fouquet, Madonna omringd door serafijnen en cherubijnen (Vierge à l’Enfant entourée de séraphins et de chérubins). Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten.
    • Médaillon provenant du cadre (fig. 3) : Jean Fouquet, Autoportrait. Paris, Musée du Louvre, Département des objets d’art.
    • Médaillon provenant du cadre (fig. 4) : Jean Fouquet, Scène de la vie de saint Étienne représentant sans doute l’élection par la foule des fidèles de sept hommes « plein de foi et d’Esprit Saint » [4]L’épisode se trouve dans les Actes des Apôtres. Le récit part de la constatation d’une sous-division établie au sein de l’Eglise primitive de Jérusalem : celle-ci était certes entièrement composée de chrétiens d’origine juive, mais certains d’entre eux étaient originaires de la terre d’Israël et étaient appelés « Hébreux », tandis que … Poursuivre. Émail doré. Autrefois à Berlin, Kunstgewerbemuseum, Schloss Köpernick (détruit en 1945).

      Provenance : Collégiale Notre-Dame de Melun.

      Berlin, Gemäldegalerie ; Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten ; Paris, Musée du Louvre, Département des objets d’art.

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      Notes

      Notes
      1 Denis Godefroy, historiographe de Charles VII, signalait en 1461 que le diptyque de Melun comportait des « bordures […] couvertes en dedans de velours bleu, orné et enrichy tout autour de quantité de grands lacz d’amour à l’antique separez d’une esgale distance l’un de l’autre et tissés d’une petite broderie d’or et d’argent dans chaque côté desdits lacs est une grande E, aussi à l’antique, tout couvert de petites perles fines, et entre ces lacs d’amour sont des médailles d’argent doré de moyenne grandeur représentant quelque histoire sainte et dont les personnages sont peints admirablement bien » (François Avril, Fouquet – Peintre et enlumineur du XVe siècle, Paris, Bibliothèque nationale de France/Hazan, 2003 2003, p. 133).
      2 Originaire de Melun et d’extraction bourgeoise, Étienne Chevalier mena une brillante carrière au service des rois Charles VII et Louis XI. Successivement secrétaire du roi, maître de la Chambre des comptes puis contrôleur des recettes, il fut nommé Trésorier de France en 1452 et devint l’un des membres du conseil royal jusqu’à sa mort en 1474. Sa proximité avec Charles VII est attestée par le fait qu’il fut l’exécuteur testamentaire de sa maîtresse, Agnès Sorel († 1450), puis celui du souverain lui-même.
      3 François Avril, op. cit., p. 132.
      4 L’épisode se trouve dans les Actes des Apôtres. Le récit part de la constatation d’une sous-division établie au sein de l’Eglise primitive de Jérusalem : celle-ci était certes entièrement composée de chrétiens d’origine juive, mais certains d’entre eux étaient originaires de la terre d’Israël et étaient appelés « Hébreux », tandis que d’autres de foi juive vétérotestamentaire provenaient de la diaspora de langue grecque et étaient appelés « Hellénistes ». Voici le problème qui se présentait : les plus démunis parmi les hellénistes, en particulier les veuves dépourvues de tout soutien social, couraient le risque d’être négligés dans l’assistance au service quotidien. Pour remédier à cette difficulté, les Apôtres, se réservant la prière et le ministère de la Parole comme devoir central propre, décidèrent de charger « sept hommes de bonne réputation, remplis de l’Esprit et de sagesse » afin d’accomplir le devoir de l’assistance, c’est-à-dire du service social caritatif. Dans ce but, sur l’invitation des Apôtres, les disciples élirent sept hommes : « A cette époque-là, comme le nombre des disciples ne cessait d’augmenter, des tensions surgirent entre les disciples juifs de culture grecque et ceux qui étaient nés en Israël : les premiers se plaignaient de ce que leurs veuves étaient défavorisées lors des distributions quotidiennes (*). Alors les douze apôtres réunirent l’ensemble des disciples et leur dirent : Il ne serait pas légitime que nous arrêtions de proclamer la Parole de Dieu pour nous occuper des distributions. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes réputés dignes de confiance, remplis du Saint-Esprit et de sagesse. Nous les chargerons de ce travail. Cela nous permettra de nous consacrer à la prière et au service de l’enseignement. Cette proposition convint à tous les disciples ; ils élurent Etienne, un homme plein de foi et d’Esprit Saint, ainsi que Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas (**), un non-Juif originaire d’Antioche qui s’était converti au judaïsme. Ils les présentèrent aux apôtres qui prièrent pour eux et leur imposèrent les mains. La Parole de Dieu se répandait toujours plus. Le nombre des disciples s’accroissait beaucoup à Jérusalem. Et même de nombreux prêtres obéissaient à la foi. » (Ac 6, 1-7).

      (*) Selon les interprétations : distributions quotidiennes de nourriture ou d’aide financière.

      (**) Tous ces noms sont grecs. L’assemblée semble avoir choisi uniquement des hommes émanant de la partie lésée.

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