Giovanni di Paolo, “Riscoperta della sepoltura di Stefano e dei suoi compagni”

Giovanni di Paolo (Sienne, actif de 1417 à 1482)

Riscoperta della sepoltura di Stefano e dei suoi compagni (Découverte de la sépulture d’Etienne et de ses compagnons)

Compartiment de prédelle du Polyptyque de Santo Stefano alla Lizza, tempera et or sur panneaux.

Provenance : Église de Santo Stefano alla Lizza. 

Sienne, Baptistère de San Giovanni. 

Nous voici parvenus à l’épilogue de la narration. Giovanni di Paolo a l’art, comme toujours, d’aller à l’essentiel, droit au but. Ici, la scène a pour cadre le lieu de la sépulture miraculeusement retrouvée. Celui-ci se résume à une sombre grotte percée dans une roche dont l’aspect mêle l’irréel à l’étrange. Il n’est pas nécessaire de localiser davantage l’événement : celui-ci, sur son fond d’or, n’en conserve que plus efficacement la dimension du mystère. Quatre corps sont étendus au sol et l’on sait, grâce à une littérature religieuse abondante, et grâce à la narration de la vision de Gamaliel écrite par Lucien [1] que ces corps sont ceux d’Etienne, de Nicodème, de Gamaliel lui-même et de son fils Abibas. Une corbeille de roses rouges que l’on voit à côté de la tête du plus proche permet d’identifier le corps du premier martyr [2]. Chacun des personnages est accompagné de la même corbeille [3] dont les fleurs, cependant, se distinguent afin d’évoquer les vertus spécifiques de chacun d’eux.

En ce 3 décembre 415, selon la légende qui aime la précision en toutes choses, Jean, l’évêque de Jérusalem, s’est déplacé personnellement à Caphargamala, en compagnie de deux autres prélats dont nous connaissons les noms : il s’agit des évêques Eleuthère de Sébaste et Eleuthère de Jéricho. Les voici tous les trois alignés devant les dépouilles mortelles miraculeusement découvertes. Tous les trois ? Giovanni di Paolo a peint non pas trois mais quatre évêques. Qu’importe, l’effet de répétition que produisent ces quatre silhouettes mitrées figées à jamais dans la même attitude n’en est que plus saisissant. Derrière eux, suit Lucien que l’on reconnaît d’autant plus aisément que nous le voyons pour la troisième fois et qui, pour être identifié sans risque d’erreur, à conservé le même tenue vestimentaire de couleur gris-bleu que dans les deux épisodes précédents (Gamaliele appare in sogno al sacerdote Luciano et Luciano racconta al vescovo di Gerusalemme il suo sogno).

Dans la Lettre sur la révélation du corps d’Etienne, écrite après l’événement, Luciano (Lucien) raconte qu’à l’ouverture de la sépulture de saint Étienne, la terre trembla et que tout autour, exhala un parfum d’une douceur exquise et suave, c’est-à-dire un parfum de paradis.

[1] Jacques Paul Migne, “Epistola Luciani ad omnem Ecclesiam, de revelatione corporis Stephani martyris primi et aliorum”, Patrologia Latina (Patrologiae Cursus Completus, Series Latina), volume XLI, col. 807-818. Paris, 1844-1855.

[2] Selon Louis Réau, qui suit Jacques de Voragine, lequel reprend les termes de la Lettre de Luciano, les fleurs étaient des roses rouges pour Etienne, « le seul à avoir mérité la couronne du martyre », des roses blanches pour deux des trois autres (Nicodème et Gamaliel), et du safran pour le quatrième, Abibas, fils de Gamaliel. (Louis Réau, Iconographie de l’art chrétien, III-1. Paris, Presses universitaires de France, 1958, p. 444).

[3] On trouve dans Louis Réau la mention de quatre vases, et non quatre corbeilles. Les trois premiers sont d’or, le quatrième est d’argent (Louis Réau, Op. cit., p. 444).