Légende de l’invention de la vraie croix

Après la Crucifixion, les Juifs ont enterré les trois croix dans la vallée située à proximité immédiate du rocher du Golgotha, à un emplacement qui « rest[e] caché sous terre pendant plus de deux cents ans [2] ». En 326, la mère de Constantin, l’impératrice Hélène, fervente chrétienne, se rend en pèlerinage à Jérusalem. Guidée par les renseignements des vieillards et parce que ces derniers connaissaient l’habitude des juifs d’enterrer les cadavres des condamnés accompagnés des instruments de leur supplice, l’impératrice ordonne des fouilles. On déterre trois croix identiques parmi lesquelles il est impossible de distinguer celle sur laquelle est mort le Christ. Assistée de Macaire de Jérusalem, l’impératrice ordonne de mettre successivement en contact avec les trois croix une mourante, selon les uns, ou le corps d’un jeune homme mort, selon d’autres sources. Quoi qu’il en soit, la guérison ou la résurrection miraculeuse désigne la vraie croix. Selon une autre tradition, c’est le titulus encore visible sur l’une des croix qui permet à Hélène d’identifier celle des trois qui est la vraie.

Iconographie

Les principaux épisodes de la découverte de la vraie croix sont nombreux, permettant une narration particulièrement détaillée :

  • Judas parle aux Juifs de l’intention d’Hélène de retrouver la vraie croix. Tous décident de lui cacher son emplacement.
  • Hélène ordonne à Judas, réputé le plus sage de tous les Hébreux, de retrouver la vraie croix ; pour ce faire, elle le menace de l’épreuve du feu.
  • Devant les réponses évasives de Judas, Hélène ordonne que celui-ci soit soumis au supplice du puits (emprisonnement dans une citerne vide, privé de toute nourriture).
  • Au bout de huit jours, Judas promet de retrouver la vraie croix ; il est libéré.
  • L’invention de la vraie croix proprement dite : trois croix sont retrouvées à l’emplacement indiqué par Judas.
  • Pour identifier la vraie croix du Christ, chacune des trois croix retrouvées sont appliquées sur le corps d’un défunt ; à la troisième tentative, faite avec la troisième croix qui se révèle être la vraie croix, le corps du mort se relève.
  • Judas apporte la croix à Hélène.
  • Hélène rapporte la croix à Jérusalem.

[1] Eusèbe de Césarée (évêque de Césarée en Palestine, proche de Constantin, 265-339), La Vie de Constantin, Livre 3, chapitres 25 et suivants ; Sozomène, Histoire de l’Eglise (vers 445), livre second, chapitre I ;

[2] Jacques de Voragine, La Légende dorée, ch. LXVI, « L’Invention de la Sainte Croix« .