Le flanc gauche de la Cathédrale de Santa Maria Assunta

Francesco Periccioli (Siena [?]) ?, « Veduta dell’antico Palazzo Arcivescovile prima del 1662 ». Penna a inchiostro marrone, acquerello grigio su carta bianca, 42,8 x 56,8 cm. Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana.
Agostino Marcucci (Sienne, documenté de 1576 à 1626), « La processione del Corpus Domini esce dalla Cattedrale », début du XVII s. Détail montrant, sur la gauche, le haut mur d’enceinte du cloître des chanoines sommé par la loggia du recteur.

Jusqu’en 1662, l’espace situé sur le flanc gauche de l’édifice était délimité, sur trois côtés, par le palais du recteur, la loggia du même recteur, et la paroi de la cathédrale. À l’arrière la loggia, cet espace était occupé par le cloître des chanoines. Les quelques représentations anciennes du lieu parvenues jusqu’à nous permettent de se faire une idée de l’aspect des lieux.

Francesco Periccioli (Siena [?]) ?, « Veduta della Casa e della Loggia del Rettore ante 1661 », 1662. Penna a inchiostro marrone, acquerello grigio su carta bianca, 19,9 x 35,5 cm. Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana.
Sur le flanc gauche de la Cathédrale, la différence de couleur des marbres, plus clairs dans la partie basse, conserve la trace de la présence du cloître des chanoines.

La partie basse du flanc gauche de la Cathédrale a été refaite après la destruction du cloître. Le marbre y est plus blanc que dans les parties hautes, et porte encore, de ce fait, la trace de la présence de celui-ci.

Au sol, le décor de marbre dû à Antonio Federighi provient de l’espace situé devant la chapelle du Vœu où il est aujourd’hui remplacé par une copie du XIXe s.

La présence d’un chapitre de chanoines dans la cathédrale de Sienne est documentée depuis la fin du premier millénaire, époque à laquelle apparaissent le premières nominations canoniques effectuées par les évêques siennois. D’une importance particulière est la Schola qui est née à l’initiative des chanoines depuis le XIe siècle à la cathédrale, d’où la célèbre université de Sienne proviendra plus tard. À cette époque, le moine Bruno [1]Théologien et collaborateur du pape S. Grégoire VII dans la controverse avec l’empereur, élu plus tard évêque de Segni et abbé de Montecassino. est présent à Sienne précisément en tant que chanoine de la cathédrale. La fondation du grand complexe hospitalier de Santa Maria della Scala, devant la façade de la cathédrale, remonte également à l’initiative du chapitre de la cathédrale, né précisément comme un abri pour les pèlerins de passage à Sienne, qui se référaient à la cathédrale pour leurs besoins. Un chapitre qui déjà au XIIe siècle apparaît comme le propriétaire d’un ensemble remarquable d’avantages féodaux, dont beaucoup ont probablement été accordés par le pape Alexandre III, d’origine siennoise (avantages confirmés et documentés par la bulle du pape Grégoire IX de l’année 1228).

Le Chapitre siennois avait sa propre liturgie régie par des normes, des statuts, des calendriers et des livres liturgiques qui restent aujourd’hui de précieux témoignages artistiques dans leur habit enluminé par les artistes les plus célèbres de l’époque. Un changement radical dans le statut juridique du Chapitre aura lieu avec l’élection comme Pontife de l’Évêque de Sienne Enea Silvio Piccolomini, le Pape Pie II. Le 23 avril 1459, le pape siennois éleva l’évêché de Sienne en archidiocèse et siège métropolitain, lui attribuant comme suffragant les diocèses de Chiusi, Grosseto, Massa Marittima et Sovana. Le Chapitre prend dès lors le nom de « Chapitre Métropolitain »; le pape a voulu réécrire complètement les statuts, en confiant la rédaction au chanoine vatican Agapito Rustici. C’est Pie II qui a accordé aux chanoines du métro siennois le privilège de porter la « cappa magna » sur la bobine comme robe chorale, de forme identique à celle utilisée dans la basilique Saint-Pierre. Au fil des siècles, les reconnaissances papales au Chapitre de Sienne seront nombreuses : la possibilité d’utiliser la « bugìa » (bougie allumée tenue sur un support métallique par un préposé à côté du célébrant) lors des fonctions liturgiques remonte à Alexandre VII, mais ratifiée par Pie VII et Grégoire XVI. De nouveau Pie VII, par un bref du 22 janvier 1802, accorde aux chanoines l’usage de la mitre avec l’infule et la médaille d’argent, gravée du nom SS. de Maria, à suspendre autour du cou avec un ruban de soie bleue.

En ce qui concerne le privilège du titre, la coutume de conférer aux principales dignités du Chapitre des titres d’appartenance à la Famille pontificale remonte à Pie II. En effet, l’extension du titre de « Monseigneur », sans autre précision, à tous les Chanoines pendant la mùnere fut sanctionnée par Pie XI le 6 mars 1933. Ce privilège fut confirmé par une note du Secrétaire d’Etat du 29 janvier 1993, qui reconnaît le titre de Prélats d’Honneur de Sa Sainteté à tous les Chanoines du Chapitre Métropolitain de Sienne. La dernière révision des Statuts, qui règle les fonctions du Chapitre selon les indications du nouveau Code de Droit canonique, remonte au 8 décembre 1988, par la volonté de l’archevêque Mgr Mario Ismaele Castellano. Les Statuts actuels prévoient la composition du Chapitre en nombre de douze chanoines effectifs avec sept dignités capitulaires : le preposto (doyen) comme première dignité préside le Chapitre, l’Archidiacre, comme deuxième dignité, remplace le doyen dans ses fonctions, le Prieur du Chœur, qui ordonne la célébration de l’Office divin, les processions et les funérailles des chanoines décédés, le Théologien, avec la tâche spécifique de la prédication liturgique, le Pénitencier, avec les facultés que lui attribue le Code de droit canonique en matière de for intérieur, le Trésorier, qui administre les biens du Chapitre, constitué en personne morale, le Secrétaire, qui tient à jour le registre des procès-verbaux des réunions du Chapitre et enregistre les événements les plus importants le concernant. L’archevêque a la faculté de nommer des chanoines honoraires, en nombre ne dépassant pas celui des effectifs, et des mansionari (aumôniers) qui peuvent assister les chanoines dans le bureau de la cathédrale. Avec la ratification de la Secrétairerie d’État (N.10162 / Le 29.01.1993), les chanoines effectifs et honoraires du chapitre métropolitain siennois reçoivent le titre de prélats d’honneur de Sa Sainteté pendant le munere.

Notes

Notes
1 Théologien et collaborateur du pape S. Grégoire VII dans la controverse avec l’empereur, élu plus tard évêque de Segni et abbé de Montecassino.
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