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“Vigile (Rome, fin du Ve s. – 555) : pape du 29 mars 537 jusqu’à sa mort. Son pontificat est relativement bien documenté, mais la plupart des sources à son sujet se concentrent sur la querelle dite des Trois Chapitres”

Goro di Gregorio (Sienne, 1275 – 1335)
Arca di San Cerbone (Chasse ou arche de saint Cerbone), 1324.
Marbre, nombreuses traces de polychromie et d’or, 100 x 190 x 68 cm.
Inscriptions :
- (façade orientée vers l’abside, sous les bas-reliefs sculptés [fig. 2]) « ANNO D(OMI)NI MCCCXXIIII I(N)DI(C)T(IONE) VII MAGIST(ER) PERUC(IUS) OP(ER)ARI(US) EC(C)L(ESIA)E FECIT FI(ERI) H(OC) OPUS MAG(IST)RO GORO GREGORII DE SENIS » ((« En l’année du seigneur 1324, Maître Peruzzi, operaio de l’église a fait faire ce travail par Goro di Gregorio de Sienne. » L’inscription atteste que l’arche, achevée en 1624, a été commissionnée par l’operaio de la cathédrale, Peruzzi, auquel on doit également la commande de la Maestà de Duccio (1316), alors destinée au maître-autel.))
- (au-dessus des huit bas-reliefs, titres des scènes) :
- « S[…] CERBO CAPIT 7 A TOTILA URSIS EXPONT[…] SABEIS LINCTI NO (()) »
- « S[…] CERBO ACTUI[BUS] ROGAT … DICAT (()) »
- « HIC CERBO ACIVIB ACCUSAT CORAS PAPE VIRGILIO (()) »
- « S[…] CERBO
- « S[…] CERBO PROPE ROMANE
- « S[…] CERBO
- « HIC PAPE VIRGILIO
- « S[…] CERBO
Provenance : In situ.
Massa Marittima, Cathédrale de San Cerbone.
L’œuvre de Goro di Gregorio, dont on ignore l’emplacement d’origine exact au sein de la Cathédrale de Massa Marittima, est aujourd’hui installée derrière le maître-autel. Elle se compose d’un coffre rectangulaire le long duquel sont disposés huit panneaux comportant des épisodes de la vie de Cerbone di Piombino, et de son couvercle, sur les pentes duquel se trouvent douze médaillons comportant des saints et des prophètes, la Vierge à l’Enfant et le corps du saint veillé par deux anges.

Sur les flancs de l’arche, l’histoire du saint se déroule chronologiquement de gauche à droite, en commençant par le miracle des ours.
Façade orientée vers la nef de l’église ((Épisodes de la vie de San Cerbone.))
Cerbone gettato agli orsi (Cerbone est jeté aux ours, fig. 3). Réfugié dans la Maremme où il vivait en ermite, Cerbone est capturé par le roi des Goths, Totila, qui le condamne à être livré aux ours pour avoir hébergé des soldats ennemis. En présence du saint, les bêtes deviennent douces comme des agneaux, se prosternent et lui lèchent les pieds. Stupéfait, Totila libère sa victime.
I cittadini di Populonia supplicano Cerbone (Les citoyens de Populonia adressent une supplique à Cerbone, fig. 4). Élu évêque de Populonia ((Aujourd’hui Livourne.)), Cerbone a pris l’habitude de célébrer la messe aux premières lueurs de l’aube, au grand dam de ses fidèles qui lui demandent de la retarder.
I cittadini di Populonia accusano san Cerbone di fronte a papa Vigilio (Les citoyens de Populonia accusent saint Cerbone devant le pape Vigile, fig. 5). Devant son refus, une délégation de citoyens se rend à Rome afin de protester devant le pape Vigile ((Vigile (Rome, fin du Ve s. – 555) : pape du 29 mars 537 jusqu’à sa mort. Son pontificat est relativement bien documenté, mais la plupart des sources à son sujet se concentrent sur la querelle dite des Trois Chapitres ((Au début de 544, l’empereur Justinien fit publier un édit qui condamnait non pas l’hérésie elle-même, mais trois de ses manifestations : la personne et les écrits du maître de Nestorius, Théodore de Mopsueste, certains écrits de Théodoret de Cyr et une lettre d’Ibas d’Édesse à Maris. L’édit lui-même ne nous est pas parvenu, mais les trois anathèmes qu’il devait contenir furent appelés « Trois Chapitres ». Bientôt toutefois, l’expression fut interprétée non pas comme s’appliquant aux anathèmes, mais aux écrits concernés. La faille de la manœuvre de Justinien résidait dans le fait que Théodore était mort en communion avec l’Église, alors que l’enseignement des deux autres, quoique critiqué par le concile de Chalcédoine, avait été accepté par ce concile. Condamner ces écrits constituait par conséquent une attaque indirecte contre le concile lui-même (John Moorhead, Justinian, London New York, Longman, 1994, 202 p. 130).)), et lui sont hostiles ((Claire Sotinel, « Autorité pontificale et pouvoir impérial sous le règne de Justinien : le pape Vigile », Mélanges de l’Ecole française de Rome. Antiquité, vol. 104, no 1, 1992, p. 439-463.)).
Petit côté 1
I messi del papa invitano san Cerbone a comparire dinanzi a papa Vigilio (Les envoyés du pape invitent saint Cerbone à comparaître devant le pape Vigile, fig. 6). En réponse, le pape Vigile envoie des émissaires à Populonia pour ordonner à Cerbone de se présenter devant lui afin de se justifier des plaintes de ses fidèles.
Façade orientée vers l’abside ((Les scènes illustrent les miracles accomplis par Cerbone lors de son voyage à Rome et de sa rencontre avec le Pape.))
Cerbone ristora i messi del papa col latte della cerva (Cerbone désaltère les envoyés du pape grâce au lait de la biche, fig. 7). En chemin vers Rome, les émissaires pontificaux, qui ont refusé le pain eucharistique que leur offrait Cerbone, sont pris d’une soif irrépressible. Cerbone fait approcher deux biches qui se laissent paisiblement traire afin de désaltérer les envoyés du pape avec leur lait.
Guarigione di tre viandanti colti da altissime febbri (Guérison de trois voyageurs souffrant d’une très haute fièvre, fig. 8). Plus tard, chemin faisant, le groupe rencontre trois malades. Ces derniers sont miraculeusement guéris par le Saint.
Arrivo di Cerbone a Roma e Cerbone si presenta al cospetto del Papa (Cerbone arrive à Rome et Cerbone comparaît devant le Pape, fig. 9). Arrivé aux portes de Rome, Cerbone, n’ayant aucun cadeau à offrir au Pape, fait venir vers lui un vol d’oies qui passait par là, ordonne aux volatiles de l’accompagner et en fait don au pape. Enfin informé de ses vertus surnaturelles, le pape, chose tout-à-fait exceptionnelle, le reçoit debout.
Petit côté 2
Messa celebrata da Cerbone (Messe célébrée par Cerbone, fig. 10). La dernière scène révèle la raison pour laquelle le Cerbone avait coutume de célébrer la messe aux premières heures du jour : pendant la messe matutinale de Cerbone, à laquelle le Pape a consenti à assister, une sublime mélodie se fait entendre venant d’un chœur d’anges, manifestant ainsi le signe de la bienveillance divine à l’égard du saint évêque. A partir de ce jour, Cerbone pourra dire sa messe à l’aube.
L’arche, malgré ses dimensions et sa matière sculptée, ressemble presque à une imposante œuvre d’orfèvrerie : un soin particulier a été mis dans le raffinement de l’exécution et dans l’élégance des riches décorations qui encadrent non seulement ses extrémités et les marges des épisodes figurés mais pénètrent dans les scènes aux décors travaillés, à l’architecture très ouvragée, et dans la polychromie qui se fait encore sentir ((L’utilisation de l’or et de la couleur était loin d’être secondaire dans la poétique de Goro di Gregorio : presque toutes ses œuvres ayant survécu en conservent encore quelques fragments.)).
L’intuition particulièrement heureuse qui a conduit à comparer les reliefs en marbre de l’arche avec l’art de l’orfèvrerie remonte à Venturi – « les plus beaux ornements semblent ciselés par un orfèvre ((Adolfo Venturi, Storia dell’arte italiana, IV, « La scultura del Trecento e le sue origini », Milan, Hoepli, 1906, p. 362.)) » -, une suggestion qui a ensuite été reprise et argumentée par Enzo Carli, qui a observé comment les ornements de l’arche étaient « exécutés en très bas relief, avec une technique qui, si elle ne veut pas imiter délibérément celle du champlevé, s’en inspire sans doute : et cette similitude devait être plus évidente encore lorsque que la vive polychromie n’avait pas encore disparu,((Enzo Carli, Goro di Gregorio, Florence, Electa, 1946, pp. 37-38.))». Plus récemment, Roberto Bartalini est revenu sur ce point « de manière – pourrions-nous dire – encore plus positive », relevant que « les décorations élégantes, élaborées, qui ornent les corniches, les architectures, les fonds des scènes de l’arca, inhabituelles dans les œuvres sculptées, sont directement dérivées du répertoire ornemental de l’orfèvrerie. C’est le cas du motif foliacé qui apparait sur les bandes séparant les scènes et sur quelques fonds, et qui se déroule en un très délicat bas-relief exécuté avec une technique presque semblable à celle du champlevé […]. Et si les petits animaux fantastiques qui décorent de façon tout à fait irrationnelle l’architecture de la scène où San Cerbone comparait devant le pape sont une particularité dont nous pourrions difficilement indiquer d’autres exemples en sculpture, ils reparaissent presque identiques sur de très nombreux objets d’orfèvrerie du début du Trecento : de la croix de Santa Vittoria in Matenano à l’ostensoir conservé au Victoria and Albert Museum de Londres, du coffret du trésor cathédrale de Todi à la crosse pastorale de Città di Castello et à la croix du Dôme de Padoue ((Roberto Bartalini, « Du nouveau sur Goro di Gregorio » (trad. de l’italien par Anne-Marie Lecoq et Nadine Blamoutier), Revue de l’Art, no 87, 1990, p. 46.)) ». Goro di Gregorio offre dans le dernier compartiment de l’arche un exemple virtuose de traduction dans le marbre de techniques et d’effets caractéristiques de l’orfèvrerie en imitant, sur l’autel où Cerbone et le pape Vigile célèbrent la messe, un véritable émail translucide.








