‘Maestro di San Quirico d’Orcia’, « Scene della vita di Abramo »

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Maestro di San Quirico d’Orcia

Scene della vita di Abramo (Scènes de la vie d’Abraham), milieu du XII s.

Bas-relief roman en onyx, 91 x 155 x 18 cm.

Inscriptions : /

Provenance : Pieve dei Santi Quirico e Giulitta, San Quirico d’Orcia.

San Quirico d’Orcia, Palazzo Chigi-Zondadari [1]Le palais Chigi-Zondadari accueille aujourd’hui les services municipaux.

Le bas-relief provient de la Pieve dei Santi Quirico e Giulitta (dénommée, de nos jours, Collegiata di San Quirico d’Orcia) : il s’agissait sans doute, à l’origine, d’un parement d’autel qui aurait été démantelé au XVIIe s. pour faire place au chœur baroque de l’église actuelle. A la fin du XVIIIe s., l’église offrit le bas relief à la famille Chigi-Zondadari qui l’installa dans son palais « sanquirichese » où il demeura jusqu’à sa vente au XXe s. [2]Une mention du bas-relief a été retrouvée dans les mémoires de la Collégiale de San Quirico. En novembre 1799, l’archidiacre Bonaventura Nispi, réunissant le Chapitre, a fait savoir « que Son Excellence M. le Marquis Chigi aimerait que la pierre représentant le Sacrifice d’Abraham, qui se trouve dans le cimetière près de la porte des femmes », soit « [placée] dans son … Poursuivre. La municipalité de San Quirico est parvenue récemment à faire l’acquisition de l’œuvre et à l’installer à nouveau dans la grande entrée du palais qui l’avait abrité pendant deux siècles.

L’œuvre représente deux scènes de la vie d’Abraham qui occupent chacune la moitié de la surface. A gauche, trois personnages, vus frontalement, sont assis sur des sièges ; il s’agit respectivement de :

  • Sarah, femme d’Abraham, portant son fils Isaac dans les bras
  • Le patriarche Abraham
  • La servante Agar portant le second fils de ce dernier, Ismaël

La dalle de pierre, qui constituait probablement l’un des panneaux figuratifs de la chaire de l’ancienne église paroissiale, est délimitée par un bandeau caractéristique, orné de rinceaux à palmettes et d’un protomé bovin placé en bas au centre, qui encadre les personnages de deux scènes de l’Ancien Testament : à gauche, Abraham entre Sarah, femme d’Abraham, portant son fils Isaac dans les bras, et la servante Agar portant Ismaël, le second fils du prophète ; à droite le Sacrifice d’Isaac où l’on voit l’ange arrêter la main d’Abraham qui s’apprête à sacrifier son fils.

A droite de la première scène, qui constitue une sorte de préambule à celle qui suit, apparaît l’ange arrêtant la main d’Abraham que l’on voit sur le point de sacrifier son fils ainé Isaac [3]Abraham apparaît dans la Bible (Gn 2)mais aussi dans le Coran (XXXVII 99 – 111), sous le nom d’Ibrahim. Alors qu’il était âgé de 99 ans et que sa femme Sarah était elle-même stérile, Dieu, après avoir scellé un pacte avec Abraham lui promit une nombreuse descendance. Un an après, en effet, naquit Isaac. Plus tard, cependant, Dieu voulut mettre Abraham à … Poursuivre. On aperçoit également, dans le bas de la scène à droite le chevreau destiné à remplacer le fils d’Abraham sur l’autel du sacrifice.

En se fondant essentiellement sur la typologie stylistique de la frise du cadre, tant Walter Biehl (1926) que Mario Salmi ont classé l’œuvre au sein du courant roman toscan influencé par les maîtres lombards actifs à Pavie, Parme et Modène. Salmi a émis l’hypothèse que les auteurs des sculptures de ce groupe étaient peut-être des artistes d’au-delà des Apennins, et a lié le style et la technique d’exécution des personnages à ceux du bas-relief de l’architrave de la porte latérale de la Pieve di S. Vito à Corsignano (Pienza), représentant l’Adoration des Mages et la Nativité, datable peu après le milieu du XIIe s.

Lorsque, en 1653, l’ancienne abside semi-circulaire de l’église paroissiale de San Quirico a été démolie pour construire l’espace rectangulaire actuel, il est probable que les restes de l’ancien mobilier aient été enlevés et que d’autres découvertes anciennes, telles que ce bas-relief, aient elles-aussi changé d’emplacement.

Notes

Notes
1 Le palais Chigi-Zondadari accueille aujourd’hui les services municipaux.
2 Une mention du bas-relief a été retrouvée dans les mémoires de la Collégiale de San Quirico. En novembre 1799, l’archidiacre Bonaventura Nispi, réunissant le Chapitre, a fait savoir « que Son Excellence M. le Marquis Chigi aimerait que la pierre représentant le Sacrifice d’Abraham, qui se trouve dans le cimetière près de la porte des femmes », soit « [placée] dans son palais où elle sera certainement mieux conservée ». La « petite » demande à été examinée en vertu de la « relation de grand respect des autorités ecclésiastiques » envers les Chigi, et pour leur rôle de protecteurs et de généreux bienfaiteurs envers l’église, avant d’être acceptée avec l’approbation de l’évêque de Montalcino, Giuseppe Pecci.
3 Abraham apparaît dans la Bible (Gn 2)mais aussi dans le Coran (XXXVII 99 – 111), sous le nom d’Ibrahim. Alors qu’il était âgé de 99 ans et que sa femme Sarah était elle-même stérile, Dieu, après avoir scellé un pacte avec Abraham lui promit une nombreuse descendance. Un an après, en effet, naquit Isaac. Plus tard, cependant, Dieu voulut mettre Abraham à l’épreuve en lui demandant de lui sacrifier son fils. Abraham prit avec lui deux serviteurs ainsi que du bois pour le sacrifice de l’holocauste. Arrivé au lieu indiqué, Abraham éleva un autel qu’il couvrit de bois avant d’y lier Isaac. Alors qu’il prenait son couteau pour égorger son fils, la voix d’un Ange arrêta son geste : Dieu était satisfait de son obéissance. L’ange lui indiqua aussi un chevreau retenu pas ses cornes dans un buisson, qu’il devait offrir en holocauste à la place de son fils.

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