Salomon et la reine de Saba

Attirée par la renommée du roi Salomon, la reine de Saba [1]La reine de Saba est désignée par sa fonction mais Flavius Josèphe, dans les Antiquités judaïques, précise qu’elle s’appelle Nicaulis : « Et en effet, comme, après l’extinction de ces rois [les pharaons], une femme monta sur le trône, il [Denys d’Halicarnasse] nous dit son nom, à savoir Nicaulis, montrant bien que si les rois mâles pouvaient porter le même nom, il n’en … Poursuivre lui rend visite, selon la narration que l’on trouve dans la Bible [2]On peut lire la narration de ce voyage au chapitre 10 du Livre des Rois : « La reine de Saba entendit parler de la réputation que Salomon avait acquise grâce à l’Eternel. Elle vint donc pour éprouver sa sagesse en lui posant des questions difficiles. Elle arriva à Jérusalem avec une suite importante et des chameaux chargés d’épices, de parfums, d’or en très grande … Poursuivre afin, précise l’historien romain Flavius Josèphe, de « voir de ses propres yeux si sa renommée était authentique, ou si c’était seulement l’un de ces bruits qui s’évanouissent lorsqu’on veut les approfondir » [3]« La femme qui gouvernait en ce temps-là l’Égypte et l’Éthiopie était d’une sagesse accomplie et, à tous égards, digne d’admiration ; ayant oui parler du mérite et de l’intelligence de Salomon, elle conçut un si vif désir de le voir, d’après tout ce qu’on racontait journellement au sujet de son pays, qu’elle se rendit auprès de lui. Elle voulait, disait-elle, se … Poursuivre. Arrivant au palais, elle confond les pavés de cristal avec de l’eau et soulève sa robe pour traverser. Attribuant cette maladresse de jugement à son propre égarement religieux, la reine reconnaît son erreur et se convertit [4]Dans l’iconographie médiévale, la reine de Saba deviendra le symbole de la conversion à Dieu.. La souveraine est très impressionnée par la sagesse de Salomon.

L’historiographie éthiopienne du Moyen Âge affirme qu’une descendance est née de la relation amoureuse entre les deux souverains, donnant naissance par la même occasion à la dynastie « salomonide » des rois d’Éthiopie [5]Selon un récit épique éthiopien du début du XIVème siècle, le Kebra Nagast, la reine aurait eu avec le roi Salomon un fils, Ménélik Ier, qui serait devenu le premier roi éthiopien de la dynastie salomonide. Cette lignée aurait conservé le pouvoir pendant trois millénaires, jusqu’à la destitution de l’empereur Haïlé Sélassié 1er (Ejersa Goro, dans l’Empire … Poursuivre.

Notes

Notes
1 La reine de Saba est désignée par sa fonction mais Flavius Josèphe, dans les Antiquités judaïques, précise qu’elle s’appelle Nicaulis : « Et en effet, comme, après l’extinction de ces rois [les pharaons], une femme monta sur le trône, il [Denys d’Halicarnasse] nous dit son nom, à savoir Nicaulis, montrant bien que si les rois mâles pouvaient porter le même nom, il n’en était plus de même pour la femme : c’est pourquoi il nous a indiqué son nom propre. » Antiquités judaïques, VI, 2, 158.
2 On peut lire la narration de ce voyage au chapitre 10 du Livre des Rois : « La reine de Saba entendit parler de la réputation que Salomon avait acquise grâce à l’Eternel. Elle vint donc pour éprouver sa sagesse en lui posant des questions difficiles. Elle arriva à Jérusalem avec une suite importante et des chameaux chargés d’épices, de parfums, d’or en très grande quantité et de pierres précieuses. Elle se présenta devant Salomon et lui parla de tout ce qu’elle avait sur le coeur. Salomon lui expliqua tout ce qu’elle demandait ; rien n’était trop difficile pour lui, il n’y avait aucun sujet sur lequel il ne pouvait lui donner de réponse. La reine de Saba constata combien Salomon était rempli de sagesse, elle vit le palais qu’il avait construit, les mets de sa table, le logement de ses serviteurs, l’organisation de leur service, leur tenue, ceux qui servaient à manger et à boire, et les holocaustes qu’il offrait dans le Temple de l’Eternel. Elle en perdit le souffle et elle dit au roi : C’était donc bien vrai ce que j’avais entendu dire dans mon pays au sujet de tes propos et de ta sagesse ! Je ne croyais pas ce qu’on en disait avant d’être venue ici et de l’avoir vu de mes propres yeux. Et voici qu’on ne m’avait pas raconté la moitié de ce qui est. Ta sagesse et ta prospérité surpassent tout ce que j’avais entendu dire. Qu’ils ont de la chance, tous ceux qui t’entourent et qui sont toujours en ta présence, de pouvoir profiter sans cesse de ta sagesse ! Loué soit l’Eternel, ton Dieu, qui t’a témoigné sa faveur en te plaçant sur le trône d’Israël ! C’est à cause de son amour éternel pour Israël que l’Eternel t’a établi roi pour que tu gouvernes avec justice et équité. Ensuite, la reine fit cadeau au roi de trois tonnes et demie d’or, d’une très grande quantité de parfums et d’épices, et de pierres précieuses. En fait, il n’arriva plus jamais une aussi grande quantité de parfums et d’épices que celle que la reine de Saba offrit au roi Salomon. De plus, les navires de Hiram, qui rapportaient de l’or d’Ophir, ramenèrent aussi de là-bas une grande quantité de bois de santal, et des pierres précieuses. Le roi utilisa le bois de santal pour faire une balustrade pour le Temple de l’Eternel et pour le palais royal ainsi que des lyres et des luths pour les musiciens. Plus jamais, pareil bois de santal ne fut importé et l’on n’en a plus vu jusqu’à aujourd’hui. Le roi Salomon donna à la reine de Saba tout ce qu’elle désirait et ce qu’elle demanda ; de plus, il lui fit des présents dignes d’un roi tel que Salomon. Après cela, elle s’en retourna dans son pays, accompagnée de ses serviteurs. » (1 R 10, 1-13).
3 « La femme qui gouvernait en ce temps-là l’Égypte et l’Éthiopie était d’une sagesse accomplie et, à tous égards, digne d’admiration ; ayant oui parler du mérite et de l’intelligence de Salomon, elle conçut un si vif désir de le voir, d’après tout ce qu’on racontait journellement au sujet de son pays, qu’elle se rendit auprès de lui. Elle voulait, disait-elle, se convaincre par l’expérience et non sur la renommée, qui, par sa nature, peut être complaisante à une fausse apparence et se démentir ensuite, puisqu’elle dépend entièrement de la qualité des informateurs. Tel fut le motif de son voyage, mais elle voulut surtout faire l’épreuve de la sagesse du roi en lui proposant à résoudre des difficultés qui passaient son propre entendement. Elle s’en vint donc à Jérusalem en grande pompe et avec un grand déploiement de richesse. Elle emmenait des chameaux chargés d’or, de parfums variés et de pierres précieuses. Quand elle fut arrivée, le roi la reçut avec joie. Il se montra fort empressé en toute chose à son égard et, en particulier, résolut les problèmes proposés plus vite qu’on n’eût pu s’y attendre, grâce à la vive pénétration de son esprit. La reine fut stupéfaite, reconnaissant l’extraordinaire sagesse de Salomon, dont la réalité dépassait encore la réputation. Elle admira aussi infiniment la demeure royale pour sa beauté et sa grandeur ainsi que pour la disposition des édifices, où elle put constater toute la prudence du roi. Mais ce qui porta son admiration à son comble, ce fut la maison appelée Forêt du Liban, la magnificence des repas quotidiens, les apprêts, le service, le vêtement des serviteurs, l’élégance savante qu’ils déployaient dans leurs fonctions ; elle n’admira pas moins les sacrifices quotidiens offerts à Dieu et les soins qu’y apportaient les prêtres et les Lévites. Ce spectacle, renouvelé chaque jour, l’émerveillait à l’extrême, et, ne pouvant contenir sa surprise, elle manifestait ses sentiments d’admiration en adressant au roi des paroles qui trahissaient son émotion : « En vérité, dit-elle, ô roi, tout ce qui vient à notre connaissance par oui-dire, nous le recevons avec méfiance ; mais pour ces biens que tu possèdes en toi-même, je veux dire la sagesse et la prudence, et ceux que la royauté t’a conférés, la renommée qui nous en est parvenue n’était certes pas mensongère. Que dis-je ? Si vraie fût-elle, elle nous a dépeint une félicité bien inférieure à celle dont je suis ici témoin. En effet, la renommée n’essayait que de persuader les oreilles, mais elle ne renseignait pas sur la valeur des choses autant que le font l’observation directe et la vision personnelle. C’est ainsi que moi, qui n’ajoutais pas foi à ces rapports qui me décrivaient tant de choses et si grandes, je viens d’en contempler de bien plus considérables. Et j’estime heureux le peuple des Hébreux, ainsi que tes serviteurs et tes amis, qui ont la joie tous les jours de servir ta personne et d’entendre ta sagesse. Aussi peut-on à bon droit bénir Dieu, qui a tant aimé ce pays et ses habitants qu’il t’en a fait roi.

« Lorsqu’elle eut ainsi témoigné par ses paroles les sentiments que lui avait inspirés le roi, elle acheva de les exprimer par ses présents. Elle lui donna, en effet, vingt talents d’or, une quantité inimaginable d’aromates et des pierres très précieuses. On dit aussi que la racine du baume, que notre contrée produit encore aujourd’hui, nous vient d’un présent de cette femme. A son tour, Salomon lui fit beaucoup de présents de valeur, en se conformant surtout à ses désirs : non seulement il ne lui refusait rien, mais, plus prompt qu’elle, il allait au-devant de ses intimes désirs et montrait sa générosité en s’empressant de lui céder justement ce qu’elle ambitionnait. Ayant ainsi donné et reçu ces présents, la reine d’Égypte et d’Éthiopie revint dans ses États. » Antiquités judaïques, VI. 5-6.

4 Dans l’iconographie médiévale, la reine de Saba deviendra le symbole de la conversion à Dieu.
5 Selon un récit épique éthiopien du début du XIVème siècle, le Kebra Nagast, la reine aurait eu avec le roi Salomon un fils, Ménélik Ier, qui serait devenu le premier roi éthiopien de la dynastie salomonide. Cette lignée aurait conservé le pouvoir pendant trois millénaires, jusqu’à la destitution de l’empereur Haïlé Sélassié 1er (Ejersa Goro, dans l’Empire éthiopien, 1892 – Addis-Abeba, 1975), dernier empereur d’Éthiopie de 1930 à 1936 et de 1941 à 1974.

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