Cimabue (attr.), « Madonna col Bambino »

Cenni di Pepo, dit ‘Cimabue’ (Florence, v. 1240 – Pise, v. 1302), attribué à.

Madonna col Bambino (Vierge à l’Enfant), v. 1285.

Tempéra et or sur panneau, 67 x 47 cm.

Provenance : Pieve dei Santi Lorenzo e Leonardo, Castelfiorentino. [1]L’œuvre est ensuite passée de la pieve des Santi Lorenzo e Leonardo à la propositura di Santa Verdiana.

Castelfiorentino, Museo di Santa Verdiana.

Duccio di Buoninsegna, Madonna di Crevole

Duccio di Buoninsegna, Madonna and Child

Enveloppée dans son traditionnel maphorion, la Vierge adresse un regard indéfinissable au spectateur. Dans ses bras, l’Enfant-Jésus, qui se tortille et semble donner des coups de pied, le haut du corps déséquilibré vers l’arrière pour mieux contrôler son geste, étire de tout son long un bras en direction du visage de sa Mère, dans un effort qui vise à lui caresser la joue. La vivacité de cet enfant n’étonne plus un observateur dont l’univers visuel est envahi d’images. Cet état particulier que l’on observe chez l’enfant constitue une pourtant nouveauté d’une extraordinaire importance, puisqu’elle se révèle dorénavant capable de conférer à l’œuvre peinte une dimension naturaliste, et une traduction des affects que l’art byzantin, entièrement tourné vers une représentation symbolique des . Le maphorion est animé par les chrysographies qui soulignent les plis du drapé et rappellent la tradition byzantine, et est orné d’une bordure dorée : le raffinement de ces détails s’accorde parfaitement avec l’atmosphère hautement lyrique, presque poignante, que le tableau parvient à évoquer. « En l’observant attentivement », écrit Antonio Paolucci, auteur de l’une des descriptions les plus denses de la Vierge à l’Enfant, « on se rend compte que ce petit tableau possède une grandeur propre, sombre, mélancolique et décousue. Il suffit de regarder l’Enfant si envahissant, si vivant, si plein de corps. Il ne semble vraiment pas vouloir être dans le tableau, à l’étroit dans la niche pourtant spacieuse que la Mère lui a préparée, le tenant dans ses bras. Et puis, dans la tunique du Christ, voici les nettes découpes qui constituent déjà le système de draperie des récits assisiates d’Isaac [2]‘Maestro delle Storie di Isacco’, Isacco respinge Ésaù, v. 1290-1295 ; ‘Maestro delle Storie di Isacco’, Benedizione di Isacco a Giacobbe, v. 1290-1295. Assise, basilique supérieure de Saint-François.. Voici le trait de lumière qui fait ressortir le genou sous le tissu, pour souligner, non sans une certaine brutalité, l’arrachement divin de l’enfant divin. C’est la découverte du réel qui perce la croûte dure et rayonnante du style byzantin. C’est le grec qui se fond dans le latin du langage figuratif de l’Italie moderne, selon l’image célèbre de Cennino et Vasari. » [3]Antonio PaolucciScritti d’Arte (1996-2007), Florence, Leo S. Olschki Editore, 2007.

Débattue de longue date, la question de l’attribution de cette œuvre, l’une des plus énigmatiques et problématiques de tout le XIIIe siècle, demeure incertaine. Se fondant sur la qualité exceptionnelle de celle-ci, les noms des meilleurs artistes de la fin du duecento et du début du siècle suivant ont été avancés.

Les plus grands spécialistes de l’histoire de l’art médiéval ont apporté leur contribution à l’interprétation de ce merveilleux panneau. Les choses commencent à la fin du XIXe siècle avec Guido Carocci, se poursuivent durant la période de l’entre-deux-guerres avec Ugo Procacci, Richard Offner et Carlo Gamba, puis de nouveau à l’immédiat après-guerre, avec les travaux d’Enzo Carli et de Roberto Longhi, plus tard encore avec les écrits de Pietro Toesca, Carlo Ludovico Ragghianti, Ferdinando Bologna, Paolo Dal Poggetto, Giovanni Previtali, Carlo Volpe, Miklós Boskovits, Luciano Bellosi, avant de parvenir aux travaux plus récents d’Angelo Tartuferi, Giovanna Ragionieri, Marco Ciatti et Antonio Paolucci.

[4]… Angelo Tartuferi, Giotto. La nascita del linguaggio figurativo moderno dell’Occidente in Giotto, Treccani (Treccani Classics series, Italian painting, the great masters of perspective), 2014. Antonio Paolucci, Scritti d’arte (1996-2007), Florence, Leo S. Olschki Editore, 2007. Rosanna Caterina Proto Pisani (éd.), Museo di Santa Verdiana a … Poursuivre

Notes

Notes
1 L’œuvre est ensuite passée de la pieve des Santi Lorenzo e Leonardo à la propositura di Santa Verdiana.
2 ‘Maestro delle Storie di Isacco’, Isacco respinge Ésaù, v. 1290-1295 ; ‘Maestro delle Storie di Isacco’, Benedizione di Isacco a Giacobbe, v. 1290-1295. Assise, basilique supérieure de Saint-François.
3 Antonio PaolucciScritti d’Arte (1996-2007), Florence, Leo S. Olschki Editore, 2007.
4

  • Angelo TartuferiGiotto. La nascita del linguaggio figurativo moderno dell’Occidente in Giotto, Treccani (Treccani Classics series, Italian painting, the great masters of perspective), 2014.
  • Antonio PaolucciScritti d’arte (1996-2007), Florence, Leo S. Olschki Editore, 2007.
  • Rosanna Caterina Proto Pisani (éd.), Museo di Santa Verdiana a Castelfiorentino, Polistampa, 2006.
  • Angelo Tartuferi, Mario Scalini (ed.), L’arte a Firenze nell’età di Dante (1250-1300), catalogue d’exposition (Florence, Galleria dell’Accademia, du 1er juin au 29 août 2004), Giunti, 2004
  • Alessandro Bagnoli, Roberto Bartalini, Luciano Bellosi, Michel LaclotteDuccio: alle origini della pittura senese (cat. d’exp., Sienne, Santa Maria della Scala, du 4 octobre 2003 au 11 janvier 2004), Cinisello Balsamo (Milan), Silvana Editoriale, 2004.
  • Luciano Bellosi, Giovanna RagionieriDuccio di Buoninsegna, Giunti, 2003.
  • Rosanna Caterina Proto Pisani (ed.), Le musée de Santa Verdiana in Castelfiorentino, Becocci / Scala, 1999.
  • Luciano BellosiCimabue, 24 Ore Cultura, 1998.
  • Giovanna RagionieriDuccio: Catalogue complet des peintures, Cantini, 1989.
  • Luciano BellosiLa pecora di Giotto, Milan, Einaudi, 1985.
  • Miklós BoskovitsCimabue et les précurseurs de Giotto, Scala, 1976.
  • Ferdinando BolognaCiò che resta di un capolavoro giovanile di Duccio, dans Paragone, 125 (1960), pp. 3-31.
  • Carlo Ludovico RagghiantiPittura del Dugento a Firenze, Florence, Vallecchi, 1955.
  • Cesare BrandiDuccio, Florence, Vallecchi, 1951.
  • Roberto Longhi, « Giudizio sul Duecento », dans Proporzioni, II (1948), pp. 5-54.
  • Carlo GambaLa mostra del tesoro di Firenze sacra. La pittura in Bollettino d’arte, XXVII (1933), pp. 145-163.
  • Ugo Procacci, « Opere sconosciute d’arte toscana », dans Rivista d’arte, XIV (1932), pp. 463-466.

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