Typologie biblique

La typologie [1]Du grec τύπος (typos) : archétype, modèle. est une forme particulière de symbolisme. Un symbole étant quelque chose qui représente autre chose, on peut définir un type comme un « symbole prophétique » en ce qu’ils représentent tous un événement à venir. Plus spécifiquement, dans les Écritures, un type est une personne ou un élément de l’Ancien Testament qui préfigure une personne ou élément du Nouveau Testament. Ainsi, le Déluge, à l’époque de Noé [2]Gn 6-7., est employé par Pierre comme un type du baptême. [3]« [Le Christ] est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est-à-dire huit, furent sauvées à travers l’eau. Cette eau était une figure du baptême […] » (1 Pe 3, 19-21). Pierre emploie le terme figure

Un type de Christ est un personnage de l’Ancien Testament dont l’attitude ou les actes correspondent à ceux de Jésus dans le Nouveau Testament, ou encore un objet ou événement qui représente une qualité de Jésus. [4]Il est important de faire la différence entre une image et un type. Les types sont toujours identifiés comme tels dans le Nouveau Testament. L’étudiant de la Bible qui cherche des corrélations entre une histoire de l’Ancien Testament et la vie de Christ trouvera des images, non des types. Autrement dit, la typologie est déterminée par les Écritures. Les types sont inspirés par … Poursuivre

La Lettre aux Hébreux [5]« Moïse, après avoir prononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate, et de l’hysope ; et il fit l’aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a ordonnée pour vous. Il fit pareillement l’aspersion avec le … Poursuivre cite tout le système sacrificiel comme un type : les éléments du culte de l’Ancienne Alliance, appelés « images des choses qui sont dans les cieux » (images des réalités célestes » et de simples « imitations du véritable [sanctuaire] » (vv. 23-24), étaient consacrés par le sang des sacrifices. Ce passage dit que les sacrifices de l’Ancien Testament sont des types du sacrifice final de Jésus-Christ pour les péchés du monde. La Pâque est également un type de Christ, selon la seconde Épitre aux Corinthiens [6]« Christ, notre agneau pascal, a été sacrifié [pour nous]. » (1 Co 5, 7).

La typologie [7]Du grec τύπος (typos) : archétype, modèle. biblique est une doctrine de la théologie chrétienne qui opère un rapprochement entre une personne ou un événement de l’Ancien Testament avec un personnage ou un événement du Nouveau Testament. L’interprétation typologique se développe selon deux principes différents [8]Voir : Xavier LÉON-DUFOUR, Dictionnaire du Nouveau Testament, Seuil, 1978 (2e éd.), art. « Figure ». :

  1. Pour la pensée chrétienne, l’Ancien Testament est une « figure (τύπος (typos) », ou une annonce figurée, du Nouveau Testament. Cette pensée s’appuie sur la conception d’un unique plan divin se déroulant dans l’histoire, ce qui est en germe dans l’Ancien Testament s’« accomplissant » dans le Nouveau [9]« Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu. » (1 Co 10, 6) ; « Ces choses leur sont arrivées pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. » (1 Co 6, 11) ; etc.. Par exemple, le Déluge à l’époque de Noé (Genèse, chapitres 6 et 7) est employé en 1 Pierre comme un type du baptême. [10]« […] il est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est-à-dire huit, furent sauvées à travers l’eau. Cette eau était une figure du baptême, qui n’est pas la purification des … Poursuivre. Pierre emploie le terme figure
  2. De même, dans la pensée antique, ce que nous vivons possède un « modèle [11]Voir note 1. » dans la sphère du divin, de toute éternité. Cette conception aussi est attestée dans le Nouveau Testament [12]« Nos pères avaient au désert le tabernacle du témoignage, comme l’avait ordonné celui qui dit à Moïse de le faire d’après le modèle qu’il avait vu. Et nos pères, l’ayant reçu, l’introduisirent, sous la conduite de Josué, dans le pays qui était possédé par les nations que Dieu chassa devant eux, et il y resta jusqu’aux jours de David. David … Poursuivre. L’influence massive du platonisme sur le premier millénaire chrétien a favorisé ce modèle. C’est cette méthode symbolico-allégorique que les théologiens de l’École théologique d’Alexandrie développèrent. [13]L’École théologique d’Alexandrie, avec Clément d’Alexandrie (*), Origène (**) et Jean Philopon (***), soutient le modèle grec de l’univers sphérique et prône une lecture allégorique de la Bible. Pour elle, Bible et science ne sont pas contradictoires. (*) « Quand bien même les prophètes et les apôtres n’auraient pas connu les sciences qui sont du ressort … Poursuivre

La typologie était fréquemment exprimée à travers les arts ; un grand nombre d’appariements typologiques sont observables dans la sculpture des cathédrales et des églises, et sur d’autres supports. Des œuvres illustrées populaires mettant en scène des paires typologiques furent parmi les ouvrages les plus répandus au Moyen Âge tardif. Les deux compilations les plus connues étaient alors le Speculum humanae salvationis (Miroir du salut humain) et la Biblia pauperum (Bible des pauvres).

Notes

Notes
1 Du grec τύπος (typos) : archétype, modèle.
2 Gn 6-7.
3 « [Le Christ] est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est-à-dire huit, furent sauvées à travers l’eau. Cette eau était une figure du baptême […] » (1 Pe 3, 19-21).
4 Il est important de faire la différence entre une image et un type. Les types sont toujours identifiés comme tels dans le Nouveau Testament. L’étudiant de la Bible qui cherche des corrélations entre une histoire de l’Ancien Testament et la vie de Christ trouvera des images, non des types. Autrement dit, la typologie est déterminée par les Écritures. Les types sont inspirés par le Saint-Esprit, tandis que les images et analogies sont le fruit de l’esprit humain. On peut, par exemple, établir des parallèles entre Joseph (Gn 37-45) et Jésus : l’humiliation, puis la glorification, de Joseph semblent correspondre à la mort et à la résurrection de Christ. Le Nouveau Testament ne cite cependant pas Joseph comme une figure du Christ. Par conséquent, l’histoire de Joseph peut être employée comme une image du Christ, mais pas un type de Christ.
5 « Moïse, après avoir prononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate, et de l’hysope ; et il fit l’aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a ordonnée pour vous. Il fit pareillement l’aspersion avec le sang sur le tabernacle et sur tous les ustensiles du culte. Et presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. Il était donc nécessaire, puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le fussent par des sacrifices plus excellents que ceux-là. Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu. Et ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois qu’il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger ; autrement, il aurait fallu qu’il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde, tandis que maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice. Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, de même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut. » He 9, 19-26.
6 « Christ, notre agneau pascal, a été sacrifié [pour nous]. » (1 Co 5, 7).
7 Du grec τύπος (typos) : archétype, modèle.
8 Voir : Xavier LÉON-DUFOUR, Dictionnaire du Nouveau Testament, Seuil, 1978 (2e éd.), art. « Figure ».
9 « Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu. » (1 Co 10, 6) ; « Ces choses leur sont arrivées pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. » (1 Co 6, 11) ; etc.
10 « […] il est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est-à-dire huit, furent sauvées à travers l’eau. Cette eau était une figure du baptême, qui n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus Christ […]. » (1 Pe 3, 19-21).
11 Voir note 1.
12 « Nos pères avaient au désert le tabernacle du témoignage, comme l’avait ordonné celui qui dit à Moïse de le faire d’après le modèle qu’il avait vu. Et nos pères, l’ayant reçu, l’introduisirent, sous la conduite de Josué, dans le pays qui était possédé par les nations que Dieu chassa devant eux, et il y resta jusqu’aux jours de David. David trouva grâce devant Dieu, et demanda d’élever une demeure pour le Dieu de Jacob ; et ce fut Salomon qui lui bâtit une maison. » (Ac 7, 44-47). ; « (He 8, 5.) ; « (He 9, 24).
13 L’École théologique d’Alexandrie, avec Clément d’Alexandrie (*), Origène (**) et Jean Philopon (***), soutient le modèle grec de l’univers sphérique et prône une lecture allégorique de la Bible. Pour elle, Bible et science ne sont pas contradictoires.

(*) « Quand bien même les prophètes et les apôtres n’auraient pas connu les sciences qui sont du ressort de la philosophie, il n’en est pas moins vrai que le sens allégorique de beaucoup de passages obscurs ne peut, sans le secours des sciences en question, être expliqué clairement. Les prophètes et les apôtres ont eu, il est vrai, l’intelligence des Écritures sans le secours de la philosophie, mais ils étaient instruits par l’Esprit saint, et c’est de lui qu’ils ont appris la doctrine qu’ils nous ont enseignée. » CLÉMENT D’ALEXANDRIE, V Stromate VI, 35, 6.
(**) « Il est important de noter que les apôtres, qui prêchaient la foi du Christ, exprimaient très clairement leur enseignement sur certains points qu’ils jugeaient essentiels à tous les croyants, même à ceux qui étaient moins enclins à rechercher la science divine. Cependant, ils laissaient la démonstration rationnelle de leurs propositions à ceux qui avaient mérité les dons sublimes de l’Esprit et, surtout, qui avaient reçu du Saint-Esprit le don de la parole, de la sagesse et de la connaissance (« Or à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. » 1 Cor 12, 7 et suivants). Ils affirmaient l’existence d’autres vérités, mais restaient silencieux quant à leurs modalités et leur origine, certainement pour que les plus diligents de leurs descendants, amoureux de la sagesse, puissent se consacrer à un exercice leur permettant de manifester les fruits de leur ingéniosité. » ORIGÈNE, De principis I, 3, 6 (185-253).
(***) « Il ne faut pas s’attacher à la lettre nue, mais chercher le sens caché de chacun de ces mots. » Jean Philopon, La Création du monde [517], I, 18. Jean PHILOPON (Alexandrie, v. 490/495 – …, ap. 568) : grammairien, philosophe et théologien chrétien de langue grecque. Il fut le disciple et l’assistant du philosophe Ammonios. C’est en utilisant des notes prises pendant les cours de son maître qu’il publia, à partir de 517, plusieurs Commentaires sur les œuvres d’Aristote. Il publia également de nombreux ouvrages consacrés à la théologie, à l’exégèse biblique, à la philosophie, à la grammaire, aux mathématiques et à la science. Plusieurs de ses ouvrages sont conservés.

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