Paolo di Dono detto Paolo Uccello, « Beato Jacopo da Todi »

Paolo di Bono, dit Paolo Uccello (Pratovecchio, 1397 – Florence, 1475)

Beato Jacopo da Todi (Le bienheureux Jacopo da Todi), 1436.

Fresque détachée, 282 x 59 cm.

Inscriptions :

  • (sur les deux pages du livre maintenu ouvert : « KE FA/RAI F/RATE / J(ACO)PO/NE H/OR SE GI/UNTO / AL PARA/(G)ONE » [1]Le texte exact du début de la célèbre laude autobiographique Cantico de frate Iacopone de la sua pregionia est le suivant : « Que farai, fra Iacovone ? — se’ venuto al paragone. » (« Que feras-tu, frère Iacopone  ? Tu es venu à l’épreuve (*). » (**) (*) L’épreuve, ici, consiste dans la condamnation solennelle lancée par Boniface VIII dans … Poursuivre
  • (au bas de l’œuvre) : « BEATO IACOPO DA TODI » [2]« Le bienheureux Jacopo da Todi. »

Provenance : Cathédrale de Prato, chapelle de l’Assunta.

Prato, Museo dell’Opera del Duomo.

Le bienheureux Jacopone porte les marques de l’ascétisme et de la privation : la peau de son cou est flétrie, son visage anguleux, ses pommettes saillantes et ses deux yeux profondément enfoncés dans leurs orbites. L’expression d’intériorité de cet homme voué au silence des couvent est particulièrement frappante.

Pourtant, l’aspect le plus intéressant de cette œuvre peinte a fresque est sans doute l’étude de perspective effectuée selon le point de vue du spectateur situé en contrebas de la niche où se dresse la sévère figure : les plis ondulants du bas de sa robe conduisent le regard vers ses deux jambes maigres ; ses pieds suivent cette même règle et tantôt disparaissent, cachés par le bord du socle faisant saillie, tantôt viennent en avant de ce même socle. [3]Ce type d’études a été fréquemment effectué, à la même époque, par des artistes de l’envergure de Masaccio et Fra Angelico.

Le clair-obscur incisif, le rendu anatomique et la solidité du soutien des pieds témoignent, quant à eux, de l’assimilation de l’enseignement de Masaccio. La figure présente une verticalité austère, peut-être pour mieux souligner la rigueur morale du modèle représenté.

Notes

Notes
1 Le texte exact du début de la célèbre laude autobiographique Cantico de frate Iacopone de la sua pregionia est le suivant : « Que farai, fra Iacovone ? — se’ venuto al paragone. » (« Que feras-tu, frère Iacopone  ? Tu es venu à l’épreuve (*). » (**)

(*) L’épreuve, ici, consiste dans la condamnation solennelle lancée par Boniface VIII dans la bulle Lapis abscissus (23 mai 1297), par laquelle les cardinaux Colonna, leurs parents et leurs partisans sont excommuniés, privés de leurs biens et, pour finir, exilés et bannis  : le bannum, qui est ici «  limité  » à l’expulsion de l’urbs, du districtus et des territoires sujets à la Romana Ecclesia, s’insère en fait dans le crescendo de la sentence d’excommunication, qui aboutit à une sorte de «  mort sociale ». Voir : Antonio MONTEFUSCO, « La vie effacée du poète dissident », Arzanà, 16-17 (2013), pp. 53-73).
(**) JACOPONE DA TODI, « LV. Cantico de frate Iacopone de la sua pregionia », Le Laude [v. 1297-1303], Giovanni FERRI (éd.), Bari, Laterza, 1915, p. 124.
2 « Le bienheureux Jacopo da Todi. »
3 Ce type d’études a été fréquemment effectué, à la même époque, par des artistes de l’envergure de Masaccio et Fra Angelico.

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