Benozzo Gozzoli, « San Jerónimo y el beato Bartolo de San Gimignano »

Benozzo Gozzoli (Sant’Ilario a Colombano [Scandicci], 1420 ou 1424 – Pistoia, 1497)

San Jerónimo y el beato Bartolo de San Gimignano (Saint Jérôme et le bienheureux Bartolo Buompedoni de San Gimignano), v. 1466.

Fragment de prédelle de la Pala di Santa Maria Maddalena [1]Benozzo Gozzoli, Madonna col Bambino, due angeli e i santi Giovanni Battista, Maria Maddalena, Agostino e MartaPala di Santa Maria Maddalena. San Gimignano, Museo Civico., tempéra et or sur panneau 22,3 x 43,5 cm.

Inscriptions :

  • (dans l’auréole de Jérome) : « SANCTVS HIERONIMUS » [2]« Saint Jérôme. »

Provenance : Monastère de Santa Maria Maddalena, San Gimignano [3]Lors des suppressions de 1810, le couvent de Santa Maria Maddalena a été vendu à un particulier en 1816, avant d’être détruit ; c’est probablement à cette époque que la prédelle a été sciée en trois parties..

Madrid, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza.

Au premier plan d’un profond paysage où fourmillent les détails se détachent deux personnages. La belle figure du vieillard de gauche porte l’auréole qui le désigne comme saint. Sur le pourtour de cette auréole, une inscription en lettres noires distinctement lisible révèle son identité : il s’agit de Jérôme de Stridon, que l’on voit ici muni d’un circulum præcatorium et, signe distinctif plus habituel dans l’iconographie du personnage, d’une pierre avec laquelle il se frappe le torse en signe de pénitence. Le personnage qui accompagne Jérôme, est celui d’un bienheureux désigné comme tel par le faisceau de rayons lumineux qui irradie autour de sa tête, longtemps demeuré dans l’anonymat, a été identifié par Roberto Bartalani comme le bienheureux Bartolo Buompedoni qui a également découvert d’autres informations sur les origines de ce panneau. Bartolo Buompedoni naquit vers 1228 à San Gimignano. Lépreux, il dirigea la léproserie de sa ville natale jusqu’à sa mort en 1300. Membre de l’ordre franciscain, il était réputé de son vivant pour sa patience et sa résignation. Gozzoli représenta ce saint, avec son nom inscrit sur son auréole, dans le chœur de l’église Saint-Augustin de San Gimignano. Plusieurs similitudes ont été relevées entre les deux représentations, permettant de déterminer avec plus de certitude l’identité du saint représenté ici, ainsi que la date de ce panneau.

À en juger par son style, sa composition et son format, ce panneau appartient à une prédelle réalisée à l’époque où Benozzo Gozzoli séjournait à San Gimignano [4]Lors de son séjour à San Gilignano, Benozzo produisit un nombre important d’œuvres, parmi lesquelles la vie de saint Augustin en dix-sept scènes pour l’église qui lui est dédiée dans la ville.. La prédelle d’origine, initialement composée d’une seule scène, fut sciée de manière à obtenir trois panneaux de petit format plus aisément commercialisable à une date inconnue [5]Voir note 3.. L’un des fragments est aujourd’hui conservé à Avignon (Musée du Petit Palais). La bienheureuse Fina et Marie-Madeleine y sont représentées dans un paysage semblable à celui-ci. Le centre de la prédelle comportait une Pietà, encadrée de part et d’autre par deux groupes de saints, avec un paysage continu en arrière-plan. Le modèle suivi par Gozzoli pour l’ensemble de la prédelle était probablement similaire à une composition de l’artiste conservée au Museo Civico de San Gimignano [6], où le Christ ressuscité, debout sur son tombeau, est encadré symétriquement par la Vierge, saint Jean et deux saints. Un panneau de l’artiste, conservé à la Galleria Brera de Milan, représentant le Christ, la Vierge et saint Jean [6]Benozzo Gozzoli, Cristo in pietà tra la Vergine e san Giovanni. Milan, Pinacoteca di Brera., fut proposé par Laclotte et Mognetti [7]Michel LACLOTTE, Elisabeth MOGNETTI, Inventaire des collections publiques françaises. Avignon. Musée du Petit Palais. Peinture italienne, Paris, Éditions des Musées Nationaux, 1976. comme élément central de la prédelle actuelle. Cette idée, rejetée par Cola Ahl, fut acceptée par Andrea di Lorenzo après la restauration du panneau. Ce dernier, dont l’attribution n’a jamais été contestée, dégage une atmosphère sereine, caractéristique de l’artiste, à laquelle contribuent sans aucun doute des éléments tels que le vaste paysage détaillé sur lequel se détachent les deux figures.

Notes

Notes
1 Benozzo Gozzoli, Madonna col Bambino, due angeli e i santi Giovanni Battista, Maria Maddalena, Agostino e MartaPala di Santa Maria Maddalena. San Gimignano, Museo Civico.
2 « Saint Jérôme. »
3 Lors des suppressions de 1810, le couvent de Santa Maria Maddalena a été vendu à un particulier en 1816, avant d’être détruit ; c’est probablement à cette époque que la prédelle a été sciée en trois parties.
4 Lors de son séjour à San Gilignano, Benozzo produisit un nombre important d’œuvres, parmi lesquelles la vie de saint Augustin en dix-sept scènes pour l’église qui lui est dédiée dans la ville.
5 Voir note 3.
6 Benozzo Gozzoli, Cristo in pietà tra la Vergine e san Giovanni. Milan, Pinacoteca di Brera.
7 Michel LACLOTTE, Elisabeth MOGNETTI, Inventaire des collections publiques françaises. Avignon. Musée du Petit Palais. Peinture italienne, Paris, Éditions des Musées Nationaux, 1976.

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