Benozzo di Lese di Sandro, appelé Benozzo Gozzoli (Sant’Ilario a Colombano [Scandicci], 1420 ou 1424 – Pistoia, 1497) : Vasari évoque la vie qui fut celle de l’artiste, travaillant précocement avec Fra Angelico, et s’inspirant de lui pour certains traits stylistiques, comme en témoignent les fresques du couvent San Marco de Florence auxquelles Gozzoli collabora. Benozzo accompagna Fra Angelico à Rome en 1477 pour travailler à la décoration des chapelles de Saint-Pierre et de Nicolas V au Vatican. Vasari consigne divers témoignages de contemporains qui le considéraient comme « un artiste d’un grand talent inventif, particulièrement doué pour la représentation des animaux, des perspectives, des paysages et des ornements ». Outre ces éloges, Vasari note également qu’« il produisit tant d’œuvres en son temps qu’il accorda manifestement peu d’importance aux autres plaisirs », confirmant ainsi explicitement que Benozzo fut l’un des artistes les plus prolifiques de son époque.
Benozzo Gozzoli a effectué un long séjour à San Gimignano, au moins depuis le début de 1464 jusqu’à la fin de 1467. « Ce séjour du peintre a marqué un chapitre important de l’histoire de la peinture italienne du XVe siècle » et constitué un tournant « de portée politico-idéologique […] en partie dicté par la présence dans la ville de jeunes gens issus des plus illustres familles florentines ». [1]« Après Benozzo, Giuliano da Maiano, Domenico Ghirlandaio, Andrea della Robbia, Piero Pollaiolo, Filippino Lippi, Perugino, Benedetto da Maiano, Pietro Torrigiani, Sodoma, Pintoricchio arriveront à San Gimignano, en personne ou à travers leurs œuvres, « sans oublier les artistes locaux tels que Bastiano Mainardi et Vincenzo Tamagni. » (Gerardo DE SIMONE, « Benozzo … Poursuivre
Au cours des deux premières années à San Gimignano, Benozzo demeure probablement au couvent de Sant’Agostino. D’après une lettre que le peintre adressa à Laurent le Magnifique – appelé « Mon Très Cher [Charissimo] en Christ », signe de sa familiarité avec les Médicis – le 4 juillet 1467 on sait que son assistant Giovanni della Checca, neveu d’Angelico, y vivait depuis cinq ans. En 1464 et 1465, Gozzoli travaille presque exclusivement dans sa spécialité reconnue, en tant que peintre de fresques. Dans la boucle avec
contra pestem sur la contre-façade de la Collégiale, le 25 février 1465, le « spectabili magistro Benotio de Florentia pictori eximio » a été attribué, signe de la très haute estime dont jouissait l’artiste dans la ville. Un autre contrat, le 22 avril 1466, fut stipulé « dans la maison de Bartolo di Gimignano dans la piazzetta, où habite actuellement Maître Benozo peintre de Florence » [2]L’année 1466 fut pour le peintre celle d’un véritable tour de force : en plus des deux œuvres qui viennent d’être mentionnées, et d’un certain nombre d’autres travaux (*), il exécute trois retables, deux pour San Gimignano et un pour les Franciscains de Terni (trois variations sur le thème de la Vierge à l’Enfant, accompagnées d’antiennes mariales, du … Poursuivre. Probablement après avoir terminé les travaux à Sant’Agostino, Gozzoli a trouvé un logement dans l’une des familles historiques de la ville, dont le bâtiment était proche de la porte San Matteo, l’année de la naissance du futur peintre Bastiano. Au cours des deux dernières années passées dans la Valdelsa, Benozzo, tout en continuant à créer des fresques (comme la Crucifixion et les Annonciation perdues du Palais communal), il se consacre également à la peinture sur bois.
Benozzo séjourne à San Gimignano pendant environ quatre ans. Après avoir achevé le cycle de fresques pour le chœur de Sant’Agostino, il s’installe chez Bartolo di Gimignano, c’est-à-dire dans la famille Mainardi, l’une des plus prestigieuses de la ville, qui compta parmi ses membres le peintre Bastiano, élève puis gendre de Domenico Ghirlandaio. Benozzo y installe très probablement aussi son atelier, où il réalise plusieurs tableaux sur panneau : la Pala di Santa Maria Maddalena, peinte en 1466 pour l’église conventuelle de Santa Maria Maddalena, aujourd’hui conservée au Musée civique, et un autre retable représentant la Vierge de l’Humilité entre saint André et saint Prospero, commandé en 1466 par Girolamo Niccolai, prêtre et recteur de l’église Sant’Andrea, une petite paroisse située à la périphérie de la ville. Enfin, de cette période datent trois petits panneaux issus de la même prédelle, récemment identifiés comme faisant partie de la Pala di Santa Maria Maddalena du Museo Civico (San Gimignano) [3]Ces trois panneaux représentant La Bienheureuse Fina de’ Ciardi et sainte Madeleine, Le Christ de piété entre la Vierge et saint Jean et Saint Jérôme avec saint Bartolo, conservés respectivement à Avignon, au musée du Petit Palais, à Milan (Pinacoteca di Brera) et à Madrid, dans la collection Thyssen..
Œuvres visibles à Sienne et dans le pays siennois
- Madonna col Bambino, due angeli e i santi Giovanni Battista, Maria Maddalena, Agostino e Marta. San Gimignano, Museo Civico.
- Madonna con Bambino in umiltà con angeli e i santi Andrea e Prospero. San Gimignano, Museo Civico
- Madonna con Bambino e Santi
Notes
| 1↑ | « Après Benozzo, Giuliano da Maiano, Domenico Ghirlandaio, Andrea della Robbia, Piero Pollaiolo, Filippino Lippi, Perugino, Benedetto da Maiano, Pietro Torrigiani, Sodoma, Pintoricchio arriveront à San Gimignano, en personne ou à travers leurs œuvres, « sans oublier les artistes locaux tels que Bastiano Mainardi et Vincenzo Tamagni. » (Gerardo DE SIMONE, « Benozzo Gozzoli a San Gimignano. «Spectabilis magister |…] pictor eximius », dans Gerardo DE SIMONE, Cristina BORGIOLI (dir.), Benozzo Gozzoli a San Gimignano (cat. d’exp., Pinacoteca, Museo d’Arte Sacra, Duomo di Santa Maria Assunta, Chiesa di Sant’Agostino, Abbazia di Monteoliveto. San Gimignano, 18 juin – 1er novembre 2016), Florence, Giunti, 2016, p. 14. |
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| 2↑ | L’année 1466 fut pour le peintre celle d’un véritable tour de force : en plus des deux œuvres qui viennent d’être mentionnées, et d’un certain nombre d’autres travaux (*), il exécute trois retables, deux pour San Gimignano et un pour les Franciscains de Terni (trois variations sur le thème de la Vierge à l’Enfant, accompagnées d’antiennes mariales, du Couronnement de la Vierge de l’Humilité au Mariage mystique de Sainte Catherine), et restaure la Maestà peinte par Lippo Memmi dans la Sala del Consiglio – aujourd’hui Sala di Dante – du palais civique.
(*) Le 6 février, il est payé pour les chiffres peints sur les piliers de la chapelle de San Sebastiano, ou la contre-façade, dans la Collegiata ; le 16 juin pour un rideau destiné à la même église. |
| 3↑ | Ces trois panneaux représentant La Bienheureuse Fina de’ Ciardi et sainte Madeleine, Le Christ de piété entre la Vierge et saint Jean et Saint Jérôme avec saint Bartolo, conservés respectivement à Avignon, au musée du Petit Palais, à Milan (Pinacoteca di Brera) et à Madrid, dans la collection Thyssen. |
