Scuola umbra degli inizi del Cinquecento, « Madonna col Bambino in trono e i santi Ippolito e Cassiano »

Scuola umbra degli inizi del Cinquecento [1]Ecole ombrienne du début du XVIe s.

Madonna col Bambino in trono e i santi Ippolito e Cassiano (Vierge à l’Enfant trônant avec les saints Hippolyte et Cassien), v. 1530-1540.

Fresque.

Inscriptions :

  • (sur le col de la veste de Sant’Ippolito) : « RAPH. V » [2]« RAPHAEL URBINAS » (« Raphaël d’Urbino »). ».
  • (sur le bandeau au bas du compartiment central) : « IPOLITO » ; « PIETRO » ; « PAVOLO » ; « CHASS[IANUS] »
  • (sous les niches des quatre saints placés latéralement) : « [AGOSTIN]O » ;

Provenance : In situ.

Asciano, ancienne église paroissiale de Sant’Ippolito.

Au début du XIXe s. (1821), l’Abbé Luigi de Angelis [3]« Potrebbero pretendere alcuni di trovarlo discepolo del Perugino in quell’affresco dell’Assunzione di nostra Donna, ch’egli ancor giovinetto dipinge nel piccolo Oratorio di Camparboli, poco fuori della Terra di Asciano (5) […]. » Abate Luigi DE ANGELIS, Io storico di Giacomo Pacchiarotti, pittor sanese del secolo decimo sesto, recitato nella sala … Poursuivre a attribué l’œuvre à Giacomo Pacchiarotti (Sienne, 1474 – 1539 ou 1540), et l’a datée des années 1530-1540. Cependant, depuis 1984, la fresque a fait l’objet d’études approfondies qui ont rebattu les cartes et permis de suggérer une attribution toute autre en proposant un peintre de l’école ombrienne du début du XVIe s., et plus particulièrement, de l’atelier de Pinturicchio.

Depuis, il est apparu clairement que les personnages de cette Sainte Conversation ont été peints par plusieurs artistes parmi lesquels aucun n’est issu de la sphère siennoise. L’œuvre est d’une qualité exceptionnelle, notamment la figure d’Hippolyte le soldat, à droite du groupe qui entoure la Madone portant l’Enfant-Jésus sur ses genoux. Traitée au moyen d’une technique picturale remarquable, et d’une physionomie raffinée, la figure du jeune soldat, représenté en manteau et portant l’épée, est la seule, parmi celles placés dans le compartiment central, à regarder en direction des fidèles s’approchant de l’autel, ce qui lui confère une importance particulière au sein de la composition. Dans ce regard dirigé vers le spectateur, dans les traits du personnage et dans son extraordinaire qualité picturale, on reconnaît ce qui pourrait bien être l’autoportrait du jeune Raphaël Sanzio [4]Ce portrait semble bien confirmé par la mention dissimulée sur le col du personnage. Voir note 1., représenté le visage encadré par de longs cheveux et la tête légèrement penchée, dans une pose caractéristique des rares autoportraits connus du peintre. Le saint Paul semble également attribuable à l’artiste d’Urbino, de même, probablement, que toutes les figures, bien que remaniées, que l’on voit à droite du trône. Quant à la Vierge à l’Enfant, elle s’apparente fortement à l’art de Pinturicchio, selon une typologie que l’on retrouve fréquemment dans nombre de ses œuvres en Ombrie, à Rome et à Sienne. Les figures de saint Pierre et de saint Cassien [5]Cassianus ou Cassien d’Imola (Imola, … – … [*]) : martyr. Le poète latin Prudence (**) rapporte (***) qu’au début du Ve siècle, lors d’un voyage à Rome, il vénéra le tombeau du martyr au Forum Cornelii (Imola). Il apprit que celui-ci, professeur d’ars notaria (****) auprès de la jeunesse de la ville, avait été mis à mort, sur ordre d’un juge, par ses … Poursuivre sont également issues de l’école ombrienne, mais d’un auteur inconnu, tandis que celles de saint Dominique et de saint Antoine de Padoue ont été considérablement remaniées à la fin du XVIe siècle. Il s’agit donc d’un groupe d’artistes ombriens qui, voyageant le long de l’ancienne Via Lauretana Senese, firent halte au couvent des Jésuites, mécènes renommés du Pérugin et de son école, au tout début du XVIe siècle, peut-être dès 1500. C’était à l’époque des fréquents contacts entre les peintres ombriens et Sienne, où les mécènes locaux, lassés de l’art maniéré, cherchaient une nouvelle inspiration hors de ses murs, en Ombrie auprès de Pérugin et en Italie du Nord auprès de Sodoma. La situation de l’église paroissiale sur le chemin de pèlerinage explique que, de part et d’autre du trône de la Vierge, ne figurent pas les saints Hippolyte et Cassien, auxquels l’église est dédiée, mais les apôtres Pierre et Paul, patrons de Rome. Comme toutes les routes menant au sanctuaire marial, la Via Lauretana à Sienne était également sous la protection directe du Vatican.

Notes

Notes
1 Ecole ombrienne du début du XVIe s.
2 « RAPHAEL URBINAS » (« Raphaël d’Urbino »).
3 « Potrebbero pretendere alcuni di trovarlo discepolo del Perugino in quell’affresco dell’Assunzione di nostra Donna, ch’egli ancor giovinetto dipinge nel piccolo Oratorio di Camparboli, poco fuori della Terra di Asciano (5) […]. » Abate Luigi DE ANGELIS, Io storico di Giacomo Pacchiarotti, pittor sanese del secolo decimo sesto, recitato nella sala dell’esposizione dell’ Accademia delle belle arti di Siena, il dì 11 settembre 1820. Sienne, Nella Stamp. Comunitativa presso Giovanni Rossi, 1821, p. 10. Mise en ligne : https://archive.org/details/elogiostoricodig00dean/page/n3/mode/1up
4 Ce portrait semble bien confirmé par la mention dissimulée sur le col du personnage. Voir note 1.
5 Cassianus ou Cassien d’Imola (Imola, … – … [*]) : martyr. Le poète latin Prudence (**) rapporte (***) qu’au début du Ve siècle, lors d’un voyage à Rome, il vénéra le tombeau du martyr au Forum Cornelii (Imola). Il apprit que celui-ci, professeur d’ars notaria (****) auprès de la jeunesse de la ville, avait été mis à mort, sur ordre d’un juge, par ses propres élèves à l’aide des stylets utilisés pour écrire sur des tablettes de cire. Au Ve siècle, une basilique se dressait sur son tombeau ; elle fut démolie au XIIe siècle et les reliques du saint furent transférées à la cathédrale d’Imola. Les légendes médiévales l’ont parfois confondu avec d’autres saints du même nom, et ont parfois aussi fait de lui un martyr local dans les villes où ses reliques étaient vénérées (Todi, Bénévent, etc.), et parfois même, il a été créé évêque de ces villes.

(*) L’année de sa mort est inconnue.
(**) Aurelius Prudentius Clemens ou Prudence (Calahorra [Espagne], 348 – v. 408) : poète romain au service de la religion chrétienne, à l’époque où, après le règne de Constantin, elle s’impose comme religion officielle de l’Empire, malgré la tentative de l’empereur Julien pour défendre les religions traditionnelles et malgré les efforts des chrétiens ariens pour promouvoir leur propre confession.
(***) PRUDENCE, Peristephanon (Livre des couronnes), IX.
(****) L’ars notaria concerne le droit privé canonique et civil, le droit féodal et judiciaire, ainsi que les différentes institutions juridiques qui pouvaient servir à un notaire dans l’exercice de sa profession. « Au Moyen Âge, quand les chanceliers et les notaires rédigeaient leurs actes, ils se servaient souvent de modèles, qui dans de nombreux cas constituaient de véritables formulaires, établis à partir de documents parfois modifiés ou abrégés. Ces recueils qui, dans l’Italie du centre et du nord, furent produits même avant l’époque de la nouvelle exégèse du droit romain, sont, pour la plupart, perdus. C’est précisément de ces derniers que s’inspiraient les notaires pour rédiger leurs actes, qui pour cette raison présentent, en Toscane par exemple, une certaine uniformité et homogénéité dans leurs structures formelles et dans de nombreuses tournures, formules et expressions. Bresslau estime que Ranieri da Perugia, pour élaborer son œuvre majeure, l’Ars notariae, composée entre 1225 et 1245 et destinée à servir de manuel aux apprentis notaires, eut recours à différents formulaires aujourd’hui disparus. » Silio P. P. SCALFATI, « Les formulaires toscans d’ars notaria », École nationale des chartes. Mise en ligne : elec.enc.sorbonne.fr/cid2012/part8

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