La légendaire Louve romaine portait le nom de dea Luperca après avoir été divinisée pour avoir nourri les frères jumeaux Romulus et Rémus, issus des amours de la vestale Réa Silvia et du dieu Mars. Tite-Live parle de l’érection en 296 av. J.-C., par les soins de Quintus et Cnæus Ogulnius (les Oguinü), tribuns du peuple, d’une image en bronze représentant la Louve avec les Jumeaux, près du ficus ruminalis (le figuier Ruminal [1]Le ficus ruminalis est un figuier sauvage situé au pied du mont Palatin, à Rome, devant l’entrée de la grotte du Lupercal, et sous lequel Romulus et Rémus auraient, selon la légende (*), été découverts par le berger Faustulus. Son nom viendrait du fait que cet arbre aurait été, à l’origine, consacré à la déesse Rumina qui présidait à l’allaitement … Poursuivre), au pied du Palatin [2]« La même année, Cnæus et Quintus Ogulnius, édiles curules, assignèrent quelques usuriers ; leurs biens furent confisqués, et, avec ce qui revint au trésor, les édiles curules firent placer des portes de bronze au Capitole, des vases d’argent, de quoi garnir trois tables, dans la nef de Jupiter, une statue de Jupiter avec son quadrige sur le faîte du temple et, près du figuier … Poursuivre. On a pu supposer que la Louve du Capitole [3]Art antique et/ou art médiéval (?), La Lupa capitolina. Rome, Musei Capitolini, Palazzo dei Conservatori. n’était autre que cette vénérable relique [4]L’érudition actuelle y verrait plutôt un produit, d’ailleurs remanié, de l’art grec du VIe siècle..
Notes
| 1↑ | Le ficus ruminalis est un figuier sauvage situé au pied du mont Palatin, à Rome, devant l’entrée de la grotte du Lupercal, et sous lequel Romulus et Rémus auraient, selon la légende (*), été découverts par le berger Faustulus. Son nom viendrait du fait que cet arbre aurait été, à l’origine, consacré à la déesse Rumina qui présidait à l’allaitement (en latin, Ruma désigne la « mamelle »), ou, selon Plutarque, « parce que les bêtes ruminantes allaient, au milieu du jour, se reposer sous son ombre » (en latin, Ruma désigne aussi la panse d’un animal et Ruminalis, le « ruminant »).
(*) « Par un merveilleux hasard, signe éclatant de la protection divine, le Tibre débordé avait franchi ses rives, et s’était répandu en étangs dont les eaux languissantes empêchaient d’arriver jusqu’à son lit ordinaire ; cependant, malgré leur peu de profondeur et la tranquillité de leur cours, ceux qui exécutaient les ordres du roi les jugèrent encore assez profondes pour noyer des enfants. Croyant donc remplir la commission royale, ils les abandonnèrent aux premiers flots, à l’endroit où s’élève aujourd’hui le figuier Ruminal, qui porta, dit-on, le nom de Romulaire. » TITE-LIVE, Histoire romaine, livre I, 4, 4-5 ; la version de Plutarque diffère : « Alors Amulius, encore plus alarmé, chargea un de ses domestiques de les exposer (dans le Tibre]. Il s’appelait, dit-on, Faustulus : selon d’autres, Faustulus est le nom de celui qui les recueillit. Le domestique, ayant mis les enfants dans un berceau, descendit vers le Tibre, pour les y jeter ; mais il vit le courant si enflé et si rapide, qu’il n’osa s’approcher : il les posa près du rivage, et se retira. L’eau finit par déborder ; et, soulevant doucement le berceau, elle le porta sur un terrain mou et uni, qu’on appelle aujourd’hui Cermanum, et qui se nommait autrefois Germanum, à raison, je crois, de ce que les Latins donnent le nom de germains aux frères de père et de mère. Il y avait, près de là, un figuier sauvage, qu’on nommait ruminal […]. C’est là que les deux enfants, posés ainsi à terre, furent allaités par la louve, et qu’un pivert venait partager avec elle le soin de les nourrir et de les garder. » PLUTARQUE, Vies des hommes illustres, « Romulus » (Traduction par Alexis Pierron, Paris, Charpentier, 1853, t. 1, p. 43 ; « Dans le forum même, et au milieu des comices, on cultive un figuier, en mémoire d’une consécration faite pour la foudre qui tomba en ce lieu, ou plutôt en mémoire d’un autre figuier qui abrita [sur les bords du Tibre] Romulus et Rémus, nos fondateurs, et qu’on nomma ruminal parce que, sous son feuillage, fut trouvée la louve donnant aux enfants sa mamelle, en vieux latin rumen : un groupe en bronze représentant cette merveille a été consacré par l’augure Attus Navius dans le forum, comme si le figuier ruminal y avait passé spontanément [des bords du Tibre]. Là cet arbre se dessèche, mais les prêtres ont soin, de le renouveler. » PLINE L’ANCIEN, Histoires naturelles, XV, 20, 4. |
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| 2↑ | « La même année, Cnæus et Quintus Ogulnius, édiles curules, assignèrent quelques usuriers ; leurs biens furent confisqués, et, avec ce qui revint au trésor, les édiles curules firent placer des portes de bronze au Capitole, des vases d’argent, de quoi garnir trois tables, dans la nef de Jupiter, une statue de Jupiter avec son quadrige sur le faîte du temple et, près du figuier Ruminal, des images des enfants fondateurs de Rome sous les mamelles de la louve. (*) »
(*) TITE-LIVE, Histoire romaine, livre X, 23. |
| 3↑ | Art antique et/ou art médiéval (?), La Lupa capitolina. Rome, Musei Capitolini, Palazzo dei Conservatori. |
| 4↑ | L’érudition actuelle y verrait plutôt un produit, d’ailleurs remanié, de l’art grec du VIe siècle. |
