Bartolo di Fredi, “San Francesco, San Paolo, San Pietro, Sant’Antonio da Padova”

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  • San Francesco
  • San Paolo
  • San Pietro
  • Sant’Antonio da Padova

(Saint François ; Saint Paul ; Saint Pierre ; Saint Antoine de Padoue) 

Tempéra sur bois (panneaux d’un polyptyque), 98 x 37 cm. ; 98 x 36,5 cm. ; 98,5 x 36 cm. ; 97,5 x 37,5 cm.

Provenance : Église de San Francesco, Montalcino.

Montalcino, Museo Civico e Diocesano d’Arte Sacra.

Les quatre saints occupent tout l’espace du panneau sur lequel ils figurent. Chacun d’eux tient à la main un livre (le plus souvent le recueil des Evangiles ou les propres écrits du saint, comme les épîtres de Paul) qui l’identifie comme saint [1]. Tous sont aisément identifiables du fait de la fréquence de leur représentation dans l’art italien, toutes époques confondues depuis le XIIe siècle, mais aussi en raison de leurs attributs iconographiques grâce auxquels il est possible de les différencier et de les identifier.

Dans l’ordre, de gauche à droite :

François nous regarde comme s’il nous prenait à témoin ; il laisse apparaître les stigmates de ses mains (il est probable que ses pieds auraient également montré les mêmes indices si les panneaux n’avaient pas été amputés de leur base) et, surtout, la bure qu’il porte est toujours opportunément déchirée sur son côté droit afin de faire apparaître la cinquième plaie dont il est frappé.

Paul, l’apôtre, exhibe son épée qu’il porte sur l’épaule.

Pierre, second des apôtres dans l’ordre du retable mais le premier selon les textes, nous regarde également ; il tient fermement de la main droite une clé parfaitement disproportionnée mais qui a le mérite (c’est l’intention du peintre) d’être immédiatement repérée, jouant ainsi dans l’image son rôle de Prince des Apôtres.

Antoine de Padoue, dont les principaux attributs sont la bure franciscaine dont il est vêtu, un livre des Evangiles (qu’il porte ici), et parfois l’Enfant Jésus, une mule, des poissons, un cœur, enflammé ou non, ou encore, un lys.

De toute évidence, il s’agit d’éléments d’un polyptyque démembré. C’est pourquoi l’agencement relatif des figures, telles qu’elles sont exposées, fait en sorte qu’elles pivotent sur elles-mêmes afin de se tourner en signe de déférence, vers les personnages de l’image centrale aujourd’hui absente. On observe que le résultat produit des effets de symétrie jouant sur la couleur (noir dominant aux extrémités, chromatisme intense au centre) et la hiérarchie des personnages représentés (les apôtres Pierre et Paul au centre, les deux saints franciscains aux extrémités). La convergence, vers le centre, de leur position relative signalée plus haut est indispensable dans l’économie générale d’un tel retable, lequel comportait nécessairement un panneau central.

Dans un article [2] consacré à l’importante Mostra d’arte antica (Exposition d’art ancien) qui eu lieu en 1925 à Montalcino, Frederik Mason Perkins émet l’hypothèse que ces quatre œuvres aient pu constituer les volets latéraux du polyptyque de la Déposition du Christ qui se trouve dans la même pièce. D’autres [3], parmi lesquels Van Marle et plus récemment, Enzo Carli, pensaient au contraire que ces portraits de saints faisaient partie d’un polyptyque dont le panneau central aurait été constitué de la Madonna col Bambino, également de Bartolo di Fredi, œuvre mutilée, elle aussi exposée dans cette même salle. La présentation actuelle – autonome – de ces quatre panneaux par le musée ne retient aucune de ces hypothèses qui, il faut bien le dire, ont souvent constitué des intuitions, sinon des extrapolations, insuffisamment fondées sur des preuves tangibles, tels les documents d’archives.

[1] Le livre des Évangiles est un symbole générique qui permet d’identifier la figure d’un saint ; la plupart des saints possèdent également des attributs individuels (données physiques, éléments vestimentaires, objets ou encore animaux). Voir : Iconographie des principaux saints vénérés à Sienne.

[2] MASON PERKINS 1925.

[3] CARLI 1977.

 

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