Grégoire 1er ou Grégoire le Grand, Pape et Docteur de l’Église. Fils d’un sénateur romain, il naît à Rome en 540. il devient juriste et, après la mort de son père, distribue sa fortune en actes charitables, puis prend l’habit dominicain. Élu pape, il réforme la musique chantée dans les églises et est à l’origine du chant grégorien. Auteur, entre autres œuvres, des Dialogues, il est, avant même les querelles de l’iconoclasme, l’un de ceux qui plaidèrent pour la présence des images au sein des églises :
« Autre chose est en effet d’adorer une peinture, et autre chose d’apprendre par une scène représentée en peinture ce qu’il faut adorer. Car ce que l’écrit procure aux gens qui lisent, la peinture le fournit aux analphabètes qui la regardent, puisque ces ignorants y voient ce qu’ils doivent imiter ; les peintures sont la lecture de ceux qui ne savent pas leurs lettres, de sorte qu’elles jouent le rôle d’une lecture, surtout chez les païens. » [1]« Lettre de Grégoire le Grand », dans Daniele MENOZZI, Les images. L’Église et les arts visuels, Cerf, Paris, 1991, p. 75.
Iconographie
Il est représenté sous l’apparence
- d’un pape âgé
- d’un moine camaldule et coiffé de la tiare
- une colombe lui murmure à l’oreille
- portant un pallium
- tenant une plume
Scènes de la vie du saint :
- Il décline la papauté qui lui est proposée.
- Il se cache dans les bois mais il est découvert : un halo de lumière divine brille au dessus de lui tandis qu’il prie.
- Il est couronné pape et séjourne au château Saint-Ange [2]Le château Saint-Ange : ancien mausolée, à Rome, de l’empereur Hadrien, devenu refuge pour les papes (Grégoire VII s’y retranche en 1083 pour résister à Henri IV, empereur germanique), puis résidence papale. lors de la peste.
- Alors qu’il passe avec une procession près de la tombe d’Hadrien, saint Michel apparaît au sommet en train de remettre son épée au fourreau [3]L’hiver 589-590, une épidémie de peste assurément bubonique, à laquelle s’ajouta la forme pulmonaire, fit à Rome de tels ravages que de là, viendrait, selon la Légende dorée, l’expression « Dieu vous bénisse ». Cette peste fut si violente que les hommes mouraient subitement, et n’importe où, de sorte que s’il arrivait, comme on dit, que … Poursuivre ; c’est depuis ce jour que le tombeau d’Hadrien est appelé château Saint-Ange (Castel Sant’Angelo). [4]Voir : Giovanni di Paolo, La procession de saint Grégoire au château Saint-Ange. Paris, Musée du Louvre.
- Le Christ apparaît sur l’autel pendant qu’il officie pour la messe, événement miraculeux connu sous le nom de Messe de Saint Grégoire.
- Sa mort.
Notes
| 1↑ | « Lettre de Grégoire le Grand », dans Daniele MENOZZI, Les images. L’Église et les arts visuels, Cerf, Paris, 1991, p. 75. |
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| 2↑ | Le château Saint-Ange : ancien mausolée, à Rome, de l’empereur Hadrien, devenu refuge pour les papes (Grégoire VII s’y retranche en 1083 pour résister à Henri IV, empereur germanique), puis résidence papale. |
| 3↑ | L’hiver 589-590, une épidémie de peste assurément bubonique, à laquelle s’ajouta la forme pulmonaire, fit à Rome de tels ravages que de là, viendrait, selon la Légende dorée, l’expression « Dieu vous bénisse ». Cette peste fut si violente que les hommes mouraient subitement, et n’importe où, de sorte que s’il arrivait, comme on dit, que quelqu’un éternuât souvent, il rendait l’âme aussitôt après. Aussi, à peine entendait-on quelqu’un éternuer, on courait et on criait « Dieu vous bénisse » et c’est là, dit-on, l’origine de cette coutume de dire « cette formule Dieu à quelqu’un qui éternue. » La maladie ayant terrassé le pape Pélage II le 8 février 590, les Romains affolés lui donnèrent pour successeur, à son corps défendant, le moine Grégoire. Et ce fut, en avril, la grande procession de saint Grégoire, qui donna par la suite lieu à une iconographie abondante. Le pape portait-il vraiment le portrait de la Vierge attribué à saint Luc qui aurait purifié l’air sur son passage ? On ne sait. Quant à l’apparition de l’ange qui, essuyant son glaive ensanglanté, aurait mis fin au fléau au passage de la procession devant le mausolée d’Hadrien, saint Grégoire lui-même, qui rapporte bien d’autres prodiges, n’en souffle mot, ni aucun autre auteur avant la fin du Xe siècle. Plus que l’aspect réaliste de l’épidémie, c’est l’élément surnaturel qui inspira les artistes du XIVe au XXe siècle. |
| 4↑ | Voir : Giovanni di Paolo, La procession de saint Grégoire au château Saint-Ange. Paris, Musée du Louvre. |
