Bernardino Fungai, « Assunzione della Vergine »

Bernardino Fungai (Sienne, 1460 – 1516)

Assunzione della Vergine (Assomption de la Vierge)

Tempera sur panneau, 252 x 205 cm.

Provenance : ?

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Le panneau représente l’Assomption de la Vierge que l’on voit s’élever à l’intérieur d’une mandorle définie par un halo de lumière, environnée d’angelots (des séraphins) et d’anges musiciens (fig. 1 et 2) qui l’accompagnent vers le ciel. Nous sommes devant une œuvre datant de la fin du XVe siècle et, pourtant, Bernardino Fungai emprunte une fois encore la composition – des cercles d’anges environnant la Madone assise frontalement et les mains jointes – imaginée par Simone Martini pour l’Assunta destinée à être peinte à fresque sur un mur de l’Antiporto di Camollia presque deux siècles auparavant. Comme cela arrive parfois, l’emprunt ne parvient cependant pas ici à égaler le modèle auquel il se réfère.

1                                             2

Elle est accueillie dans le ciel par le Père Éternel (fig. 3) situé dans le cercle le plus élevé du Paradis, tout en haut de la lunette. Sa représentation hors d’échelle, le violent raccourci donnant le sentiment d’une brusque irruption, et l’ampleur de son geste visent à donner à cette figure le caractère terrifiant, pour ne pas dire jupitérien, qui sied à un tel personnage.

3

Parmi les saints, les prophètes et les patriarches figurés dans le deuxième cercle, sous le précédent, on reconnaît, en bonne position, le Sauveur, Jésus lui-même, à gauche, vêtu d’un manteau rouge et tenant une fine croix, ainsi que, sur la droite, David, le roi musicien muni de son psaltérion. Comme si les personnages étaient rangés selon leur appartenance à l’Ancien ou au Nouveau Testament, en d’autres termes, à l’Ancienne Ère ou à la Nouvelle, celle qui a débuté avec le sacrifice de la Passion.

Tout en bas, derrière le tombeau vide et maintenant empli de fleurs conformément aux Écritures, ce n’est pas Thomas, contrairement à toute attente, que nous voyons mais Jean l’Évangéliste, celui-là même à qui Jésus a confié la protection de sa Mère avant de monter lui aussi au ciel, et qui s’est acquitté de cette tâche en accompagnant Marie jusqu’au moment où elle s’apprête à rejoindre son Fils dans le royaume qui lui est destiné.

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Entourant de part et d’autre le sépulcre que vient d’abandonner la Vierge, François et Bernardin de Sienne, tous deux en oraison (fig. 5), observent un miracle auquel ils n’auraient pu participer selon la chronologie des faits rapportés par la légende mais qui y sont ici réunis, dans une atemporalité que l’on se prend à considérer, grâce à la peinture, comme une autre forme de l’éternité.

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