Donatello, « Il Sangue del Redentore »

Donato di Niccolò di Betto Bardi, dit Donatello (Florence, v. 1386 – 1466)

Il Sangue del Redentore (Le sang du Rédempteur), v. 1430.

Marbre, 40,2 x 67,8 x 4 cm.

Provenance : fronton de l’oratoire de la Madonna delle Nevi, Torrita di Siena.

Torrita di Siena, Église des Sante Flora et Lucilla.

Publié pour la première fois en 1925 par Bode dans le Burlington Magazine [1]Wilhelm von Bode, « A newly discovered bas-relief by Donatello », The Burlington Magazine (XLVI), 1925, pp. 106 et 108-114., le bas-relief de marbre, œuvre de Donatello, a longtemps orné le fronton situé au-dessus de la porte d’entrée de l’oratoire de la Madonna delle Nevi, à Torrita di Siena. Il représente le Christ en gloire dans les nuées, entouré d’anges, ainsi qu’un jeune homme et sa femme (?) en adoration, deux personnages dont seules les demi-bustes apparaissent dans le champ de l’image, au-dessus du rebord horizontal de la lunette. La figure très inhabituelle du Rédempteur représenté nu, les hanches simplement couvertes d’un linge qu’il maintient en place de la main gauche, accompagné d’un ange recueillant le sang issu de ses blessures dans un calice, apparaît également dans quelques œuvres de la même période parmi lesquelles l’un des panneaux de jeunesse de Giovanni Bellini, The Blood of the Redeemer. Londres, National Gallery, aujourd’hui à la National Gallery où, plus proche de Sienne, une œuvre de Benvenuto di Giovanni, Effusio Sanguinis con il Redentore benedicente, quattro angeli e i Santi Michele Arcangelo ed Egidio, conservée a Montalcino (Museo Civico e Diocesano d’Arte Sacra).

La version de Donatello est celle d’une vision apparaissant dans les nuages ​​à deux dévots levant les yeux vers lui. Les nuages, composés d’une manière un peu naïve, ont une apparence qui les fait ressembler à des strates de roches schisteuses parmi lesquelles cependant les anges qui entourent et adorent le Christ Jésus semblent flotter librement, comme ils le feraient dans l’éther. Tandis qu’un ange recueille dans un calice le sang provenant de la blessure de la main droite du Ressuscité, plusieurs autres, planant autour de lui, soutiennent une conque prenant la forme d’une mandorle, élément habituel dans l’iconographie du Christ en gloire. Un peu à l’écart, debout sur le rebord horizontal de la lunette, c’est-à-dire dans un espace intermédiaire entre celui de la représentation et l’espace réel où se trouve le spectateur de l’image sculptée, deux anges contemplent le spectacle comme les font eux-mêmes les deux personnages au visage fixé sur l’évènement céleste. L’un de ces anges, à gauche, joint les mains en prière. Le second, dans une attitude plus rare et plus étonnante, croise fermement les bras sur sa poitrine tandis qu’il observe avec une acuité presque palpable.

Dans les années 1920, le marbre a été au centre d’une aventure rocambolesque : après avoir été « mis à l’abri » dans les locaux de l’Ospedale Antonio Maestri de Torrita, il a été subtilisé, remplacé par une fait l’objet d’une copie exécutée par le sculpteur siennois Fulvio Corsini [2]Fulvio Corsini, Sangue del Redentore. Torrita di Siena, église des Sante Flora e Lucilla., puis subtilisé et vendu illégalement, avant d’être finalement récupéré par les services de police. Depuis 2004, l’original est exposé avec sa copie dans l’église des Sante Flora e Lucilla à Torrita.

Notes

Notes
1 Wilhelm von Bode, « A newly discovered bas-relief by Donatello », The Burlington Magazine (XLVI), 1925, pp. 106 et 108-114.
2 Fulvio Corsini, Sangue del Redentore. Torrita di Siena, église des Sante Flora e Lucilla.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Guide artistique de la Province de Sienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture