Sala di Dante

Salle de Dante

La salle du Conseil du Palais communal, dite salle de Dante depuis que le sommo poeta [1]Selon une hyperbole telle qu’on les affectionne en Italie, le « poète suprême » désigne Dante Alighieri. s’y est présenté lors de sa venue en 1300 [2]Dante Alighieri, est venu ici-même le 7 mai 1300, en qualité d’ambassadeur de Florence, plaider l’adhésion de la ville de San Gimignano à la ligue des communes guelfes de la Toscane. L’événement est documentée de manière exceptionnelle dans le Liber Reformationum conservé aux Archives d’État de San Gimignano., était destinée aux réunions du Conseil général et peut-être aussi à l’activité judiciaire ou, du moins, à la proclamation des décisions du podestat [3]Dans la première moitié du XIVe siècle, le podestat lisait les sentences dans le palais communal (palatio Comunis), dans lequel la salle de Dante semble être la seule assez grande pour accueillir l’ensemble des membres du conseil général de la municipalité. Voir : Tamara GraziottiGiustizia penale a San Gimignano (1300-1350), Florence, Olschski, 2015, en particulier p. 60..

Avant que Lippo Memmi ne commence à peindre la Maestà qui occupe encore l’essentiel de la surface murale disponible de la paroi sud, à droite de l’entrée, la salle du Conseil du Palais était ornée d’un cycle qui se développait sur les quatre murs, composé selon trois frises elles-mêmes disposées sur trois registres, célébrant un fait historique de première importance, en un lieu hautement symbolique pour la cité : le séjour effectué en Toscane par Charles II d’Anjou (1254-1309) en mai 1289, alors en voyage vers Rieti où il se rendait suivi d’un cortège de chevaliers français digne d’un petit-fils de France et neveu d’un roi considéré comme un saint de son vivant (Louis IX), allant à la rencontre du pontife romain Nicolas IV pour y recevoir de ses mains la couronne du Royaume de Naples et de Sicile. Charles II s’arrêta à San Gimignano. Particulièrement intéressant par ses implications politiques, le cycle a été créé quelques années plus tard, à la fin du XIIIe siècle. Les murs de la salle furent alors entièrement recouverts d’un cycle pictural, aujourd’hui en partie oblitéré par des peintures ultérieures. Le mur ouest, face à l’entrée, conserve une scène d’hommage à un personnage siégeant sur un trône (mais sans être coiffé d’une couronne), tandis que sur les autres murs se trouvent des scènes de tournois et de célébrations. Tout le périmètre supérieur de la salle est parcouru par une frise héraldique portant les armoiries de divers potentats européens (sur le mur est) et personnelles ou familiales (sur les autres murs). Les puissances représentées sont, de gauche à droite : Florence, Aragon, Castille, France, Église, Empire, accompagnées, sur le même mur, d’armoiries personnelles, celles de Charles Martel et de deux officiers angevins, Aymeric de Narbonne [4]Amaury ou Amalric ou Aymeric II de Narbonne (…, v. 1260 – …, 1328) : vicomte de Narbonne, capitaine d’aventure et chef de guerre pour Charles II d’Anjou, rendu célèbre par la victoire des Guelfes fiorentinns contre les Gibelins d’Arezzo dans la plaine de Campaldino, le 11 juin 1289. et Guy de Montfort [5]Guy de Montfort, comte de Nola (1244 – entre 1288 et 1291) : fils de Simon de Montfort (v. 1208 – 1265), 6e comte de Leicester et d’Aliénor d’Angleterre. Il est chef de guerre au service de Charles d’Anjou, servant de  vicaire général en Toscane et se distingue à la bataille de Tagliacozzo. En … Poursuivre.

Paroi nord.
Paroi ouest, opposée à l’entrée.
Paroi sud.

PAROI NORD

PAROI OUEST, OPPOSÉE À L’ENTRÉE

PAROI SUD

PAROI EST

  • Azzo di Masetto, Frammenti diversi

Dans la salle de Dante sont exposées deux documents picturaux illustrant la venue de Dante dans les lieux le 7 mai 1300 :

Notes

Notes
1 Selon une hyperbole telle qu’on les affectionne en Italie, le « poète suprême » désigne Dante Alighieri.
2 Dante Alighieri, est venu ici-même le 7 mai 1300, en qualité d’ambassadeur de Florence, plaider l’adhésion de la ville de San Gimignano à la ligue des communes guelfes de la Toscane. L’événement est documentée de manière exceptionnelle dans le Liber Reformationum conservé aux Archives d’État de San Gimignano.
3 Dans la première moitié du XIVe siècle, le podestat lisait les sentences dans le palais communal (palatio Comunis), dans lequel la salle de Dante semble être la seule assez grande pour accueillir l’ensemble des membres du conseil général de la municipalité. Voir : Tamara GraziottiGiustizia penale a San Gimignano (1300-1350), Florence, Olschski, 2015, en particulier p. 60.
4 Amaury ou Amalric ou Aymeric II de Narbonne (…, v. 1260 – …, 1328) : vicomte de Narbonne, capitaine d’aventure et chef de guerre pour Charles II d’Anjou, rendu célèbre par la victoire des Guelfes fiorentinns contre les Gibelins d’Arezzo dans la plaine de Campaldino, le 11 juin 1289.
5 Guy de Montfort, comte de Nola (1244 – entre 1288 et 1291) : fils de Simon de Montfort (v. 1208 – 1265), 6e comte de Leicester et d’Aliénor d’Angleterre. Il est chef de guerre au service de Charles d’Anjou, servant de  vicaire général en Toscane et se distingue à la bataille de Tagliacozzo.
En 1271, Guy et son frère Simon découvrent que leur cousin Henri d’Almayne se trouve à Viterbe. Tous deux s’y rendent afin se venger de la mort de leur père et de leur frère à Evesham, le 13 mars 1271. Guy et Simon assassinent Henry dans l’église de San Silvestro près de l’autel, alors qu’il implore grâce. Le meurtre est perpétré en présence des cardinaux (qui procède alors à une élection papale), du roi Philippe III de France et du roi Charles de Sicile. Les frères Montfort sont excommuniés. Dante, quant à lui, bannit Guy en l’installant dans le fleuve de sang bouillant du septième cercle de la Divine Comédie (Enfer, XII).

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