Cenni di Francesco, « Il Paradiso »

Cenni di Francesco (Florence, documenté à partir de 1369 – v. 1415)

Il Paradiso (Le Paradis. Michel Archange portant l’épée et le globe crucifère présente à Pierre les âmes sauvées du Purgatoire), v. 1413. 

Fresque

Inscription :

  • (dans le rouleau d’écritures tenu par Jean Baptiste) : « ECCE AGNUS DEI ECCE QUI TOLLIS […] »

Provenance : In situ.

San Gimignano, église de San Lorenzo in Ponte.

Ce qui reste de la vision de l’arrivée des élus au Paradis occupe le mur gauche de l’abside.

L’entrée du Paradis prend la forme d’une tour de la Jérusalem céleste, d’où émane une chaude lumière dorée. Les âmes des élus gravisse en hâte l’escalier qui y conduit, enjambant les marches deux à deux tant leur impatience est grande d’accéder aux terrasses et aux loggias habitées par les anges. A l’entrée, saint Pierre, dans son rôle traditionnel de portier, détient les clés reçues de Jésus pour ouvrir le royaume des cieux : c’est là qu’il accueille les âmes des bienheureux coiffés des couronnes que les anges ont placé sur leur tête. Nous voyons aussi l’archange Michel, muni de son épée et du globus cruciger [1], représenté dans un jardin luxuriant, à côté d’un grand lys. Les lacunes qui couvrent la surface picturale ne permettent pas de préciser sa fonction dans ce contexte précis : celle-ci pourrait cependant être d’accueillir les âmes issues du Purgatoire (et non de soupeser leurs fautes alors qu’elles sont parvenues si près de l’accès au Paradis). Au-dessus, apparaît un groupe de saints semblant flotter en apesanteur dans les airs : le premier est saint Jérôme, parfaitement identifiable à son habit de cardinal, ainsi qu’à la plume et au livre de la Vulgate qu’il tient à la main ; le second porte la dalmatique d’un diacre et pourrait être le Proto-martyr Étienne ; le troisième, bien que privé de tête, est très certainement Jean Baptiste, le Précurseur, si souvent représenté avec l’index pointé vers Jésus et en présence d’un rouleau d’écritures où l’on peut lire la formule « Ecce Agnus Dei … ».

[1] Le globus cruciger (« globe crucigère ») est une sphère surmontée d’une croix. Depuis le Moyen Âge, il est couramment utilisé, dans l’iconographie occidentale, comme symbole d’autorité.

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