
Lorenzo Vecchietta (Sienne, 1410-1480)
Il Cristo al limbo (Le Christ aux limbes),
Fresque, détail du cycle du Credo, Baptistère de San Giovanni, Sienne.
Inscriptions :
- (phylactère du prophète Osée) : « MO[R]SVS TVVS ERO INFERNE • OSEA » [1]« [O mors, ero mors tua] morsus tuus ero, inferne. Osea » (« [Ô mort, je serai ta mort ;] je serai ta morsure, enfer »). Livre d’Osée (Os 13, 14)..
- (phylactère de l’apôtre Thomas) : « DESCENDIT AD INFEROS TERTIA DIE RESURREXIT A MORTVIS • TOMAS » [2]« Descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis » (« [il] est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ». Quatrième article du Symbole des Apôtres réputé avoir été prononcé par Thomas.
- (phylactère du Baptiste) : « ECCE AGNU(S) DEI » [3]« Ecce Agnus Dei[, ecce qui tollit peccata mundi] » (« Voici l’Agneau de Dieu[, voici celui qui ôte le péché du monde] »). Évangile de Jean (Jn 1, 29). »
Provenance : In situ.
Sienne, Baptistère de San Giovanni.

Dans la première travée de la nef centrale du Baptistère de Sienne, le voûtain de gauche illustre le cinquième article du Credo. C’est pourquoi il représente à la fois le Christ dans les limbes et la Résurrection. Au centre de la fresque, le Christ ressuscité vient de pénétrer dans les limbes après en avoir abattu la porte sous laquelle gît dorénavant un démon que l’on voit – selon un procédé d’une étonnante modernité – se hisser en prenant appui sur la structure du décor dans lequel il est lui-même représenté. Jésus apporte le fruit de la rédemption aux Justes qui ont vécu avant sa mort et sa résurrection. Regroupés dans une caverne, ces derniers implorent leur Sauveur. Parmi eux se trouvent les patriarches : Adam est un vieillard à la longue barbe grise qui s’avance, incliné vers le Christ, la main tendue. Eve est agenouillée les bras croisés ; tout-à-fait à droite, apparaît Jean Baptiste, vêtu de peaux de bêtes et d’un manteau violet ; le Précurseur montre un bandeau portant l’inscription « ECCE AGNUS DEI », formule prononcée par lui à la vue du Christ, comme le rapporte l’autre Jean [4]« Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » Jn 1, 29.. Ces paroles latines l’accompagnent traditionnellement pour annoncer, partout où il se trouve, le salut du genre humain. Considéré le dernier des prophètes et le premier saint de la Bible, il symbolise une nouvelle fois le lien supposé unir l’Ancien et le Nouveau Testament. On notera qu’il est le seul à être représenté avec une auréole. A gauche, un second démon vient de franchir la porte de l’Enfer pour s’enfuir.
Au sommet, en écho aux paroles écrites sur le phylactère du Baptiste, apparait la scène de la Résurrection. Le Christ est représenté debout dans son tombeau à demi ouvert, portant l’étendard blanc frappé de la croix rouge, comme s’il annonçait la promesse de résurrection faite aux Justes comme au fidèle agenouillé dans l’image et répétant sans cesse la première parole de la profession de foi (« Credo. »).
Notes
| 1↑ | « [O mors, ero mors tua] morsus tuus ero, inferne. Osea » (« [Ô mort, je serai ta mort ;] je serai ta morsure, enfer »). Livre d’Osée (Os 13, 14). |
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| 2↑ | « Descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis » (« [il] est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ». Quatrième article du Symbole des Apôtres réputé avoir été prononcé par Thomas. |
| 3↑ | « Ecce Agnus Dei[, ecce qui tollit peccata mundi] » (« Voici l’Agneau de Dieu[, voici celui qui ôte le péché du monde] »). Évangile de Jean (Jn 1, 29). » |
| 4↑ | « Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » Jn 1, 29. |
