Lippo Memmi, « Le Christ bénissant »


Lippo Memmi (Sienne, v. 1291 – v. 1356)

Le Christ bénissant, 1325-1329.

Tempéra et or sur panneau, 52 x 33 cm.

Provenance : église de San Paolo à Ripa d’Arno, Pise.

Douai, Musée de la Chartreuse.

Le présent pinacle sommait la partie centrale d’un vaste polyptyque représentant, au centre une Vierge et l’Enfant (à ce jour non identifiée), et de part et d’autre quatre panneaux représentant, tous assis sur des faldistoires, les saints Jean Baptiste (Altenburg), Pierre et Paul (Palerme) et André (Pise). Les panneaux étaient surmontés de pinacles dans étaient représentés deux saints ermites, Jean Gualbert et Torello de Poppi (Altenburg), ainsi que Marie Madeleine (Avignon).

Selon une tradition d’origine byzantine, le Christ est représenté dans une attitude parfaitement frontale. De la main gauche, il tient le livre des Evangiles tandis que de la droite, il fait un geste de bénédiction. En dépit de l’attitude hiératique de la figure du Christ, le modelé de son visage et de ses mains, que traduisent des ombres verdâtres obtenues au moyen du verdaccio, fait état d’un véritable sens du volume. Le volume très prononcé du livre tenu de biais, obtenu selon une perspective géométrique appuyée, traduit une même préoccupation de donner corps aux formes figurées. Le parti pris décoratif et linéaire, caractéristique d’une époque et d’un style [1]On retrouve ici certaines constantes des œuvres un temps regroupées sous le nom du peintre fictif « Barna da Siena » : sinuosité de la ligne, délicatesse du modelé subtilement ombré de vert, intensité de l’émotion, raffinement du coloris sont autant de traits inspirés des modèles de Simone Martini., en particulier à Sienne, est matérialisé par la souplesse de la bordure du manteau du Christ et du galon doré qui orne le col de sa tunique, est loin d’être étranger aux recherches spatiales et volumétriques. L’accord plaqué des couleurs complémentaires rouge orangé et vert acidulé, de même que la splendeur de l’or ainsi du travail d’orfèvrerie qui orne l’auréole où scintillent quelques fragments de verre églomisé, viennent souligner, par contraste, l’économie d’une œuvre dont la composition est caractérisée par une simplicité et une rigueur extrêmes.

L’étoile qui figure au sommet du gâble, emblème du roi David [2]L’étoile de David, symbole du judaïsme, se compose de deux triangles : l’un dirigé vers le haut, l’autre vers le bas. Sa première apparition dans l’histoire juive date du Vlle s. avant Jésus-Christ. Pour les Pharisiens et les docteurs de la Torah, l’étoile à six branches symbolisait les six jours de la semaine, le septième jour, celui du repos divin (le … Poursuivre, représente ici le symbole du Messie [3]Selon le Nouveau Testament, Jésus est issu de la lignée de David.. Les pinacles, dont seuls trois subsistent, étaient sans doute tous surmontés d’une étoile de David qui a disparu sur la Sainte Madeleine.

Notes

Notes
1 On retrouve ici certaines constantes des œuvres un temps regroupées sous le nom du peintre fictif « Barna da Siena » : sinuosité de la ligne, délicatesse du modelé subtilement ombré de vert, intensité de l’émotion, raffinement du coloris sont autant de traits inspirés des modèles de Simone Martini.
2 L’étoile de David, symbole du judaïsme, se compose de deux triangles : l’un dirigé vers le haut, l’autre vers le bas. Sa première apparition dans l’histoire juive date du Vlle s. avant Jésus-Christ. Pour les Pharisiens et les docteurs de la Torah, l’étoile à six branches symbolisait les six jours de la semaine, le septième jour, celui du repos divin (le shabbat), étant symbolisé par le centre de l’étoile.
3 Selon le Nouveau Testament, Jésus est issu de la lignée de David.
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