Typologie des « Vierges à l’Enfant avec saints » de Matteo di Giovanni

Au cours de sa carrière, Matteo di Giovanni a réalisé un nombre important [1]Ce nombre est estimé aujourd’hui à une cinquantaine. Une vingtaine d’œuvres disparues avec le temps venaient encore grossir ce nombre. de Vierges à l’Enfant avec saint (et anges) dont on ignore, pour la plupart, si elles ont été peintes à la demande d’un commanditaire spécifique ou, selon une pratique en développement à cette époque, en vue de leur vente ultérieure dans la bottega.  Leur format de petites dimensions suggère qu’elles étaient destinées à être utilisées dans le contexte d’une dévotion privée. Parmi les différentes œuvres de ce type recensées ici, il est particulièrement aisé de distinguer les principales constantes qui en font une série évidemment cohérente, parfois également répétitive en dépit des quelques variations et différentes combinaisons qui les distinguent les unes des autres :

  • le format est le plus souvent rectangulaire et orienté verticalement mais il existe quelques exemples dont le sommet s’arrondit en plein cintre [2]Le plein cintre qualifie un arc de forme semi-circulaire, sans brisure.
  • la composition comporte toujours, outre la Vierge portant l’Enfant dans ses bras, deux saints placés de part et d’autre, en retrait du groupe principal (ces personnages sont probablement choisis en lien avec la dévotion particulière de l’acquéreur de chaque œuvre sortie de l’atelier), et la présence (ou non) de deux anges situés à l’arrière-plan ; la densité de la surface picturale, saturée d’informations, ne laisse aucune place au vide
  • le cadrage serré du groupe des personnages, tous vus à mi corps, propulse ceux-ci vers l’avant en produisant un effet de présence accrue
  • l’espace dédié aux figures des deux saints représentés au second plan est particulièrement restreint, ce qui a pour effet de les dissimuler en grande partie, ne laissant apparaître que leur visage et leurs épaules, parfois l’une de leurs mains ; pourtant, leur identification n’est que peu contrariée grâce à la présence d’un ou de deux attributs iconographiques bien visibles et suffisamment reconnaissables pour permettre d’individualiser chaque figure et de le nommer
  • le fond d’or traditionnel, que les Siennois n’abandonneront que tardivement (à partir de la fin du XVe s.) et non sans nostalgie, ne diminue pas l’effet de perspective lié à la succession des plans vers l’arrière de l’espace figuré ; le modelé des figures, par l’effet des lumières et des ombres, est quant à lui pleinement issu des innovations qui caractérisent cette période de la Renaissance
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Notes

Notes
1 Ce nombre est estimé aujourd’hui à une cinquantaine. Une vingtaine d’œuvres disparues avec le temps venaient encore grossir ce nombre.
2 Le plein cintre qualifie un arc de forme semi-circulaire, sans brisure.

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