Daphné

Daphné, fille d’Acrisios [1]Acrisios , roi d’Argos, est une nymphe grecque d’une très grande beauté, réputée avoir été le premier amour d’Apollon [2]« Le premier amour de Phébus [ou Phaebus, autre nom d’Apollon] fut Daphné, fille de Pénée, amour qu’inspira non un sort aveugle, mais la colère du cruel Cupidon. » Ovide, Les Métamorphoses, I, 452., et dont le mythe a donné lieu à de nombreuses interprétations. La plus connue met en scène l’amour fou du dieu pour elle, et sa propre impossibilité à pouvoir y répondre favorablement par la faute de Cupidon. Daphné est aussi la mère de Persée, née de ses amours avec Zeus. [3]Zeus est tombé amoureux de Danaé. Sous la forme d’une pluie d’or qui tombe sur la princesse, il parvient à entrer dans la tour d’airain où la retient Acrisios pour tenter de déjouer un oracle qui lui prédit que son petit-fils, fils de Danaé, le tuerait. De cette union naît Persée. Le courroux pousse Acrisios à mettre sa fille et son petit-fils dans un coffre qu’il … Poursuivre

Dans la version d’Ovide [4]Ovide, Les Métamorphoses, I., alors qu’Apollon dénie à Cupidon le droit de se servir d’armes qui lui sont plus appropriées, à lui, vainqueur du serpent Python [5]« Que fais-tu, enfant délicat, avec ces armes puissantes ? » OVIDE, Les Métamorphoses, I, 456., ce dernier réplique en décochant deux flèches, l’une d’or à Apollon, aussitôt saisi d’un amour irrésistible pour la nymphe Daphné ; la seconde flèche, celle de bronze, qui fait fuir l’amour, atteint Daphné, laquelle désormais vit dans les bois, telle Diane, souhaitant sauvegarder sa virginité, en dépit des souhaits de son père Pénée. [6]OvideMétamorphoses, I, 452-489.

Le dieu éperdument épris poursuit la nymphe qui toujours le fuit. Il se montre tour à tour pressant [7]« Nymphe, fille de Pénée, je t’en prie, reste ; ce n’est pas un ennemi qui te poursuit. » OvideMétamorphoses, I, 504 – 505., prévenant, enjoué, suppliant, lui révélant son identité [8]« Je possède la maîtrise des plantes. Hélas pour moi, puisqu’aucune herbe ne guérit l’amour. » Ibid., I, 522-523. et l’étendue de ses pouvoirs, mais en vain. La nymphe fuit de plus belle, attisant le désir du dieu de plus en plus déterminé à la saisir. [9]Ibid. I, 490-542.

Daphné, à bout de souffle, presque rejointe, supplie le dieu Pénée, son père, de lui enlever sa beauté, cause de son malheur. Elle est aussitôt métamorphosée en laurier [10]« La prière à peine finie, une lourde torpeur saisit ses membres, sa poitrine délicate s’entoure d’une écorce ténue, ses cheveux deviennent feuillage, ses bras des branches, des racines immobiles collent au sol son pied, naguère si agile, une cime d’arbre lui sert de tête ; ne subsiste que son seul éclat. » Ibid., I, 548 – 522.. Apollon étreint amoureusement l’arbuste et décide qu’il sera désormais son arbre : « Eh bien, puisque tu ne peux être mon épouse, au moins tu seras mon arbre ; toujours, tu serviras d’ornement, ô laurier, à mes cheveux, à mes cithares, à mes carquois. » [11]Ibid, I, 557 – 559.. Ovide énumère les diverses fonctions symboliques dévolues au laurier, lié au culte d’Apollon, â Rome. [12]Ibid., 543-567.

Notes

Notes
1 Acrisios
2 « Le premier amour de Phébus [ou Phaebus, autre nom d’Apollon] fut Daphné, fille de Pénée, amour qu’inspira non un sort aveugle, mais la colère du cruel Cupidon. » Ovide, Les Métamorphoses, I, 452.
3 Zeus est tombé amoureux de Danaé. Sous la forme d’une pluie d’or qui tombe sur la princesse, il parvient à entrer dans la tour d’airain où la retient Acrisios pour tenter de déjouer un oracle qui lui prédit que son petit-fils, fils de Danaé, le tuerait. De cette union naît Persée. Le courroux pousse Acrisios à mettre sa fille et son petit-fils dans un coffre qu’il jette à la dérive. Ceux-ci parviennent à Sérifos, où le roi Polydecte, épris à son tour de Danaé, tente de la forcer à l’épouser. Pour parvenir à éloigner Persée, potentielle menace à son mariage, il l’envoie combattre Méduse, la Gorgone. Après maintes aventures, Persée revient vainqueur de Méduse. Grâce à la tête mortelle de la Gorgone, il change Polydecte en pierre et réussit à ramener sa mère à Argos. Elle finira emmurée vivante.
4 Ovide, Les Métamorphoses, I.
5 « Que fais-tu, enfant délicat, avec ces armes puissantes ? » OVIDE, Les Métamorphoses, I, 456.
6 OvideMétamorphoses, I, 452-489.
7 « Nymphe, fille de Pénée, je t’en prie, reste ; ce n’est pas un ennemi qui te poursuit. » OvideMétamorphoses, I, 504 – 505.
8 « Je possède la maîtrise des plantes. Hélas pour moi, puisqu’aucune herbe ne guérit l’amour. » Ibid., I, 522-523.
9 Ibid. I, 490-542.
10 « La prière à peine finie, une lourde torpeur saisit ses membres, sa poitrine délicate s’entoure d’une écorce ténue, ses cheveux deviennent feuillage, ses bras des branches, des racines immobiles collent au sol son pied, naguère si agile, une cime d’arbre lui sert de tête ; ne subsiste que son seul éclat. » Ibid., I, 548 – 522.
11 Ibid, I, 557 – 559.
12 Ibid., 543-567.

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