Giraut de Bornelh (seconde moitié du XIIe s. – début du XIIIe s.) : trouvère provençal, natif d’Excideuil dans le Périgord, aux confins avec le Limousin. Il fut en rapport avec Richard Cœur de Lion [1]Richard Ier, dit Cœur de Lion (Oxford, 1157 – Château de Châlus-Chabrol, 1199) : fils d’Henri II d’Angleterre et d’Aliénor d’Aquitaine, roi d’Angleterre, duc de Normandie, comte du Maine et comte d’Anjou de 1189 à sa mort, duc d’Aquitaine et comte de Poitiers dès 1171 ou 1172. En … Poursuivre et avec les rois d’Aragon et de Castille. Très estimé de Dante qui le cite à plusieurs reprises dans le Convivio et le De vulgari eloquentia, où il affirme que sa poésie est du même niveau que celle d’Arnaut Daniel et de Bertran de Born (Giraut étant considéré comme le plus grand représentant de la poésie de la rectitude, Arnaut de celle de l’amour). Dante le cite à nouveau dans le Purgatoire [2]Purgatoire, XXVI, vv. 119-120 : « […] fu miglior fabbro del parlar materno. Versi d’amore e prose di romanzi soverchiò tutti ; e lascia dit li stolti che quel di Lemosi credo ch’avanzi. » « […] fut le meilleur ouvrier du parler maternel (*). En vers d’amour et prose de romans, il dépassa tout autre ; et laisse dire les sots, qui croient meilleur … Poursuivre où Guido Guinizelli (rencontré parmi les luxurieux de la VIIe Corniche) désigne son compagnon de souffrance, Arnaut, comme le plus grand représentant de la poésie vernaculaire, supérieur à Giraut, et critique sévèrement ceux qui, par naïveté, croient que la poésie de Lemosì l’emporte sur la sienne. La contradiction apparente avec les affirmations du De vulgari eloquentia ne peut s’expliquer que partiellement par le fait que Dante met ici l’accent sur des questions stylistiques et linguistiques, et non thématiques, considérant ainsi Arnaut comme supérieur en tant que maître du trobar clus [3]Voir : Trobar. et d’un style plus raffiné et difficile que le trobar lèu de Giraut (l’explication n’est pas entièrement convaincante, d’autant plus que Guinizelli est exalté comme le créateur du dolce stil novo, qui s’inspire précisément du trobar lèu.
Notes
| 1↑ | Richard Ier, dit Cœur de Lion (Oxford, 1157 – Château de Châlus-Chabrol, 1199) : fils d’Henri II d’Angleterre et d’Aliénor d’Aquitaine, roi d’Angleterre, duc de Normandie, comte du Maine et comte d’Anjou de 1189 à sa mort, duc d’Aquitaine et comte de Poitiers dès 1171 ou 1172. En son temps, il fut considéré comme un héros et, depuis, souvent décrit comme tel dans la littérature. Sa réputation de bravoure lui vaut le surnom de « Cœur de Lion ». |
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| 2↑ | Purgatoire, XXVI, vv. 119-120 :
« […] « […] (*) Parler maternel : la « langue que, sans aucune règle, nous recevons en imitant notre nourrice ». Dante ALIGHIERI, De vulgaire eloquentia (I, I, 2). Le « parler maternel » d’Arnaud Daniel est le Provençal. |
| 3↑ | Voir : Trobar. |
