« Dolce stil novo »

La formule italienne dolce stil novo [1]Dolce stil novo (« doux style neuf ») : formule qui indique la qualité de révélation (sens fort de l’adjectif « novo ») de l’inspiration » (note de la traduction de Jacqueline RISSET, Purgatoire, Paris, Flammarion, 2021, p. 331)., ou stil novo, désigne une tendance poétique peut-être née à Bologne, et qui s’est diffusée en Toscane entre la seconde moitié du XIIIe s. et le début du XIVe s. Elle est ainsi dénommée à partir de quelques vers écrits par Dante [2]L’expression dolce stil novo, « doux style neuf », provient d’un passage de La Divine Comédie (« Purgatoire », XXIV, 49-63) où Dante imagine sa rencontre avec un poète de la génération qui précède la sienne, Bonagiunta Orbicciani, tenant d’un style de poésie qu’il juge démodé, au cours de laquelle il tente de lui expliquer en quoi consiste la nouveauté du … Poursuivre.

Devenue traditionnelle en histoire littéraire, « l’appellation dolce stil novo, qui recouvre la plus riche et la plus subtile production lyrique amoureuse du Moyen Âge européen, ne désigne à proprement parler ni une école ni un courant entièrement homogène. Elle s’applique à un certain nombre de poètes toscans de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècle qui, par leur adhésion à une conception de l’amour chargée de philosophie religieuse ou profane, et la recherche d’une expression non moins harmonieuse que dense, ont ouvert la voie par laquelle, de Pétrarque aux grands lyriques du XIXe siècle, s’accréditera une vision tout ensemble sublime et élégiaque de la passion amoureuse.

« La formule s’applique […] en premier lieu à Dante […]. Mais l’histoire littéraire l’a étendue à plusieurs poètes contemporains […] entre lesquels circulent bon nombre d’idées communes, et qui offrent de sensibles parentés d’ordre thématique ou stylistique. Ces parentés, jointes au fait que plusieurs d’entre eux entretinrent des relations suivies, ont engendré l’image historique d’une sorte de « pléiade » toscane réunie a posteriori sous l’étiquette dolce stil novo. Une tradition unanime y fait entrer, aux côtés de Dante, Guido Cavalcanti, Lapo Gianni, Gianni Alfani, Cino da Pistoia,  Dino Frescobaldi, tandis que d’autres poètes […] n’y sont admis que par certains critiques ou pour une part de leur œuvre seulement. Enfin, au témoignage de Dante lui-même (Purgatoire, XXVI, 91-114), le père de ce dolce stil qu’il allait rendre novo serait le Bolonais Guido Guinizelli, auteur en particulier d’une “chanson d’amour” considérée comme la diane d’une poésie amoureuse savante, harmonieuse et affinée. » [3]Paul RENUCCI, « Dolce stil novo », dans Encyclopedia Universalis. »

Notes

Notes
1 Dolce stil novo (« doux style neuf ») : formule qui indique la qualité de révélation (sens fort de l’adjectif « novo ») de l’inspiration » (note de la traduction de Jacqueline RISSET, Purgatoire, Paris, Flammarion, 2021, p. 331).
2 L’expression dolce stil novo, « doux style neuf », provient d’un passage de La Divine Comédie (« Purgatoire », XXIV, 49-63) où Dante imagine sa rencontre avec un poète de la génération qui précède la sienne, Bonagiunta Orbicciani, tenant d’un style de poésie qu’il juge démodé, au cours de laquelle il tente de lui expliquer en quoi consiste la nouveauté du nouveau mode de poésie dont il est lui-même le chantre. Sollicité de dire s’il est bien celui qui donna naissance à la poésie nouvelle par la chanson de la Vita nova, Dante répond à Bonagiunta : « I’ mi son un, che quando / amor mi spira, noto, e a quel modo / ch’e’ ditta dentro vo significando » (« Je suis homme qui, / quand Amour me souffle, et comme il dicte / au cœur, je vais signifiant. »). Bonagiunta réplique en lui disant qu’il a parfaitement compris ce qui distingue les nouveaux poètes des anciens (ces derniers appartiennent à l’école sicilienne (Scuola siciliana), qui inclut le notaire Iacopo da Lentini (le plus important), Guittone d’Arezzo ainsi que lui-même : « ‘O frate, issa vegg’io’, diss’elli, ‘ il nodo / che ’l Notaro e Guittone e me ritenne / di qua dal dolce stil novo ch’i’ odo’ » (« Ô frère, je vois à présent’, dit-il, ’le nœud / qui retient le Notaire, et Guittone, et moi / en deçà du doux style nouveau que j’entends !’ » (Dante ALIGHIERI, Purgatoire XXIV, 49-62, La divine comédie (éd. sous la direction de Carlo Ossola, traduction de Jacqueline Risset). Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2021, pp. 460-461).
3 Paul RENUCCI, « Dolce stil novo », dans Encyclopedia Universalis.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Guide artistique de la Province de Sienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture