Guido Guinizelli ou Guinizzelli ou encore Guy de Guincel, du nom de son père Guinizello di Bartolomeo [1]André PÉZARD, Dante, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 1304, note 92. (Bologne, v. 1230 – Monselice, v. 1276) : poète italien, initiateur et père spirituel du dolce stil novo (« Nouveau style doux »). [2]Cette formule a été créée par Dante au chant XXIV du Purgatoire de la Divine Comédie. Il a laissé un recueil de chansons comprenant quinze sonnets et cinq canzoni, dont le célèbre « Al cor gentil rempaira sempre amore », considéré comme le manifeste de la nouvelle école. Dante et Guido Cavalcanti le considéraient probablement comme le fondateur du Dolce stil novo, bien que la définition du mouvement soit attribuée à Dante (Purgatoire, XXIV, 49-63).
Dante le place parmi les poètes lascifs de la VIIe Corniche du Purgatoire [3]Chant XXVI des Cantiques II : il le qualifie de « mon père et mes autres, les meilleurs qui aient jamais manié les douces et gracieuses rimes d’amour », ce qui constitue la principale source (outre le De Vulgari Eloquentia) permettant de le considérer comme le fondateur de la nouvelle école poétique. Dante explique alors au pénitent que ses écrits survivront tant que perdurera l’usage moderne. Guinizelli désigne alors l’âme d’Arnaut Daniel (qui subit le même péché dans la Corniche) comme le plus grand maître du langage maternel, c’est-à-dire un poète vernaculaire supérieur à lui-même et au Stil novo. Le poète bolonais polémique finalement avec Guittone d’Arezzo, d’abord surestimé par ses contemporains puis surpassé par les poètes du Stil novo (Guinizelli lui-même avait polémiqué dans quelques sonnets avec Bonagiunta da Lucca, représentant de la même école que Guittone).
Guinizelli est l’avant-dernier pénitent à dialoguer avec Dante (le dernier, à proprement parler, sera Arnaut Daniel à la fin de ce Chant), tandis que la première damnée fut Francesca da Rimini, à la fois lascive et attachée à la littérature (Francesca comme lectrice de poésie amoureuse, Guinizelli et Arnaut comme auteurs).
