
Vincenzo Tamagni (San Gimignano, 1492 – documenté jusqu’à fin 1551)
Adorazione della croce con la Vergine Addolorata e i santi Maria Maddalena, Chiara di Montefalco, e san Giovanni (Adoration de la croix avec la Vierge de douleur et les saints Marie Madeleine, Claire de Montefalco et Jean), 1522-1524
Dans l’épaisseur du mur de la niche, à gauche : Santa Margarita di Antiochia (Marguerite d’Antioche) et à droite : Sant’Ippolito (Hippolyte).
Fresque, 413 x 360 cm.
Inscriptions:
- (sous la figure de Claire de Montefalco) : « […] MARGHERITA »
- (sous la figure d’Hippolyte) : “[…]LITUS MAR[…]”
San Gimignano, église de Sant’Agostino, capella della Croce.

Aucune indication écrite ne donne le nom de l’auteur de cette œuvre mais le style de Tamagni est particulièrement reconnaissable. La composition est construite autour de la représentation de la croix qui occupe toute la hauteur et toute la largeur disponibles, parallèlement à la surface du support. La statue de bois représentant le Christ était encore en place en 1853, comme l’atteste Luigi Pecori [1]Luigi PECORI, Storia della terra di San Gimignano, Firenze, 1853, p. 542.. On ignore à quelle période elle a été ôtée de cet emplacement. Son absence produit un effet étrange et pourrait occasionner une certaine incompréhension si un crochet bien visible ne venait en expliciter la raison.
Si la fresque ne présente pas un intérêt majeur, elle possède des caractéristiques iconographiques qui méritent d’être soulignées. Au pied de la croix, qui porte encore les traces du sang du Christ, sont figurés, de gauche à droite, quatre personnages en adoration : la Vierge de douleur, debout, les mains jointes, tourne son regard vers un Christ dorénavant absent, Marie Madeleine agenouillée embrasse littéralement la croix, Claire de Montefalco, porte dans sa main droite un cœur marqué de la croix, et Jean l’Evangéliste, semble perdu dans de tristes pensées.
La scène est située dans un paysage imaginaire, une plaine ouverte qui, curieusement, n’évoque pas le Golgotha traditionnel. On distingue cependant au loin, en arrière d’un large fleuve, ou d’un lac aux eaux tranquilles, une ville qui pourrait être Jérusalem. Dans ce paysage, la mise en évidence de deux arbres n’est pas fortuite : dans ce contexte particulier, le palmier vigoureux évoque symboliquement le Christ et la nouvelle ère qui vient de remplacer l’ancienne, symbolisée à son tour par l’arbre en dépérissement.
Deux anges, au sommet, volent autour de la croix, et accompagnent par leur gestuelle, l’adoration qui se déroule en contrebas. Plus haut encore, au-dessus de la poutre transversale de la croix (le patibulum), on perçoit nettement la présence simultanée du soleil et de la lune, manière d’évoquer ici l’éclipse qui, selon l’Evangile de Matthieu, se serait produite lors de l’agonie du Christ, « depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième [heure] » [2]Évangile selon Mathieu : « Depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième, il y eu des ténèbres sur toute la terre. Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : ‘Eli, Eli, lama sabachthani ?’ c’est-à-dire : ‘Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?’ » (Mt 27, 45-46).
Les figures des saints Marguerite et Hippolyte représentées dans deux niches feintes, à une échelle légèrement plus petite que les personnages de la scène principale, occupent, dans l’intrados de l’arche de la niche réelle, un espace intermédiaire, en dehors de la scène proprement dite, dans une proximité, cependant, qui confère à leur présence un rôle de témoins.
Notes
| 1↑ | Luigi PECORI, Storia della terra di San Gimignano, Firenze, 1853, p. 542. |
|---|---|
| 2↑ | Évangile selon Mathieu : « Depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième, il y eu des ténèbres sur toute la terre. Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : ‘Eli, Eli, lama sabachthani ?’ c’est-à-dire : ‘Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?’ » (Mt 27, 45-46). |


