Zacharie est un personnage que l’on rencontre dans le Nouveau Testament (évangile selon Luc) ainsi que dans l’apocryphe de la Nativité de Marie, également appelée Protévangile de Jacques. [1]Le Coran mentionne Zacharie comme prophète de l’Islam et prêtre sous le nom de Zakarīyā. Dans la tradition musulmane, sa femme, mère de Yahyâ (Jean le Baptiste), est appelée Ashâ. Elle est aussi parente de Maryam (la Vierge Marie), mère d’Îsâ (Jésus). Il a pour épouse Élisabeth, elle-même parente de la Vierge Marie. Élisabeth est stérile et le couple est avancé en âge. Alors que Zacharie s’acquitte de ses fonctions sacerdotales au Temple, un ange lui apparaît, lui annonce qu’Élisabeth enfantera un fils, et qu’il lui reviendra de donner à ce fils le nom de Jean. [2]« Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l’autel des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s’empara de lui. Mais l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et … Poursuivre
Le Cantique de Zacharie ou Benedictus (du premier mot de l’incipit en latin : « Benedictus Dominus, Deus Israel »), figure dans l’Évangile selon Luc. Ce texte est prononcé par Zacharie à la naissance de son fils Jean, le futur Baptiste. [3]« Benedictus Dominus, Deus Israel, quia visitavit et fecit redemptionem plebis suæ,et erexit cornu salutis nobisin domo David pueri sui,sicut locutus est per os sanctorum,qui a sæculo sunt, prophetarum eiussalutem ex inimicis nostriset de manu omnium,qui oderunt nos,ad faciendam misericordiamcum patribus nostriset memorari testamenti sui sancti,iusiurandum, quod iuravit,ad Abraham … Poursuivre Depuis le Moyen Âge, il s’agit de l’un des deux cantiques les plus importants dans la liturgie des Heures, avec le Magnificat.
Zacharie serait mort assassiné sur ordre d’Hérode furieux d’apprendre que Jean Baptiste, son fils, ait pu échapper au massacre des Innocents. Dans la Nativité de Marie, plus connue sous le nom de Protévangile de Jacques, apocryphe du IIe siècle, Zacharie est assassiné sur ordre d’Hérode Antipas car il refuse de dire où est caché son fils, Jean, le futur baptiste [4]Protévangile de Jacques, 23, 1-3.. Hérode, à qui des mages venus d’Orient ont appris que l’enfant est de sang royal et que son cousin Jésus verrait le jour pour régner sur Israël, le fait rechercher dans le but de le tuer. Zacharie est tué dans le Temple de Jérusalem. Il est précisé que « les fils d’Israël » et « les prêtres » ignoraient tout de ce meurtre. Constatant son absence, l’un des prêtres « s’enhardit et entra dans le sanctuaire ; près de l’autel du Seigneur, il aperçut du sang figé. Et une voix retentit : « Zacharie a été assassiné. Son sang ne s’effacera pas avant que vienne le vengeur. » Ces paroles le remplirent d’effroi. Il sortit et annonça aux prêtres ce qu’il avait vu et entendu [5]Protévangile de Jacques, 24, 2, dans Écrits apocryphes chrétiens (A. FREY éd.), I, p. 103.. »
Pour l’assassinat de Zacharie, Origène mentionne un autre motif que celui du refus de dire aux envoyés d’Hérode où son fils Jean est caché. L’auteur chrétien raconte que Zacharie est tué « entre le sanctuaire et l’autel » (Mt. 23, 35 concernant Zacharie fils de Barachie, ou référence au même Zacharie) pour avoir pris la défense de Marie introduite dans un lieu du temple réservé aux vierges [6]Adolf HARNACK et Theodor MOMMSEN, Die Griechischen Christlichen Schriftsteller der ersten drei Jahrhunderte (GCS), Berlin-Leipzig, 1891. Les Griechischen Christlichen Schriftsteller (Les Écrivains chrétiens grecs des trois premiers siècles) sont une série de publications fondée par Adolf Harnack et Theodor Mommsen en 1891, qui visent à rassembler les écrits grecs du christianisme … Poursuivre. Un autre passage de son commentaire de l’Évangile selon Matthieu attribue un récit de la mort de Zacharie « par le glaive » à une source littéraire [7]. Cette source littéraire pourrait correspondre à la troisième partie du Protévangile de Jacques.))
Iconographie
Zacharie est rarement représenté seul. Il apparaît principalement dans les scènes relatives à la vie du Baptiste.
En tant que grand-prêtre, il était chargé de l’encensement sur l’autel des parfums devant le Saint des Saints ; c’est pourquoi il a, « ainsi qu’Aaron, pour attribut un encensoir ». [7]Louis RÉAU, Iconographie de l’art chrétien, III, 3, Paris, Presses universitaires de France, 1958, p. 1357.
Scènes de la vie du saint :
- Il est frappé de mutisme pour avoir refusé de croire à la naissance d’un fils qui lui a été annoncée par l’archange Gabriel. [8]
- À la naissance de Jean, faute de pouvoir parler, il écrit le nom de son fils, que l’ange lui a préalablement révélé. Il recouvre alors la parole.
- Son martyre.
Notes
| 1↑ | Le Coran mentionne Zacharie comme prophète de l’Islam et prêtre sous le nom de Zakarīyā. Dans la tradition musulmane, sa femme, mère de Yahyâ (Jean le Baptiste), est appelée Ashâ. Elle est aussi parente de Maryam (la Vierge Marie), mère d’Îsâ (Jésus). |
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| 2↑ | « Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l’autel des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s’empara de lui. Mais l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère ; il ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu ; il marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance d’Élie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. Zacharie dit à l’ange : A quoi reconnaîtrai-je cela ? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge. L’ange lui répondit : Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu ; j’ai été envoyé pour te parler, et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru à mes paroles, qui s’accompliront en leur temps.[…] Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l’enfant, et ils l’appelaient Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole, et dit : « Non, il sera appelé Jean ». […] Zacharie demanda des tablettes, et il écrivit : « Jean est son nom. » Et tous furent dans l’étonnement. Au même instant, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia, et il parlait, bénissant Dieu. » (Lc 1, 13-64). |
| 3↑ | « Benedictus Dominus, Deus Israel, quia visitavit et fecit redemptionem plebis suæ, et erexit cornu salutis nobis in domo David pueri sui, sicut locutus est per os sanctorum, qui a sæculo sunt, prophetarum eius salutem ex inimicis nostris et de manu omnium, qui oderunt nos, ad faciendam misericordiam cum patribus nostris et memorari testamenti sui sancti, iusiurandum, quod iuravit, ad Abraham patrem nostrum, daturum se nobis, ut sine timore, de manu inimicorum, nostrorum liberati, serviamus illi, in sanctitate et iustitia coram ipso omnibus diebus nostris. Et tu, puer, propheta Altissimi vocaberis : præibis enim ante faciem Domini parare vias eius, ad dandam scientiam salutis plebi eius in remissionem peccatorum eorum, per viscera misericordiæ Dei nostri, in quibus visitabit nos oriens ex alto, illuminare his, qui in tenebris et in umbra mortis sedent, ad dirigendos pedes nostros in viam pacis. Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto. Doxologie |
| 4↑ | Protévangile de Jacques, 23, 1-3. |
| 5↑ | Protévangile de Jacques, 24, 2, dans Écrits apocryphes chrétiens (A. FREY éd.), I, p. 103. |
| 6↑ | Adolf HARNACK et Theodor MOMMSEN, Die Griechischen Christlichen Schriftsteller der ersten drei Jahrhunderte (GCS), Berlin-Leipzig, 1891. Les Griechischen Christlichen Schriftsteller (Les Écrivains chrétiens grecs des trois premiers siècles) sont une série de publications fondée par Adolf Harnack et Theodor Mommsen en 1891, qui visent à rassembler les écrits grecs du christianisme primitif dans des éditions critiques du texte avec un enregistrement complet de la tradition manuscrite. |
| 7↑ | Louis RÉAU, Iconographie de l’art chrétien, III, 3, Paris, Presses universitaires de France, 1958, p. 1357. |
