Sano di Pietro, « Madonna col Bambino e i santi Giovanni Battista, Quirico, Fortunato, Giovanni Evangelista »

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Sano di Pietro (Sienne, vers 1400 – Sienne, 1480)

Madonna col Bambino e i santi Giovanni Battista, Quirico, Fortunato, Giovanni Evangelista (Madone à l’Enfant et les saints Jean Baptiste, Cyr, Fortunat, Jean l’Evangéliste), date ?

Vierge à l’Enfant entourée d’anges et des saints Jean-BaptisteCyr de Tarse, à gauche ; Fortunat et Jean l’Évangéliste, à droite. La présence, aux deux places d’honneur, à droite et à gauche de la Vierge portant Jésus debout sur ses genoux s’explique par le fait que Cyr et Fortunat sont les co-patrons de San Quirico d’Orcia. On note également la  présence de deux petits personnages hors d’échelle, nimbés d’une auréole et agenouillés en prière : l’un est couronné, l’autre porte le long manteau, le chapeau à larges bords et le bâton des pèlerins [1]. Les écoinçons accueillent, comme souvent, des figures de séraphins. Outre leur valeur hautement symboliques, cette catégorie d’anges possède des caractéristiques visuelles (un visages associé à six ailes rouges) permettant, grâce à une souplesse (ou une plasticité) propice aux déformations et autres articulations variées, d’être aisément intégrées dans un format complexe tel que celui des écoinçons.

Le style de l’œuvre, comme souvent avec Sano di Pietro, articule des éléments de modernité (ici, une recherche de spatialité visualisée par le traitement en perspective du sol traité selon le principe de la perspective à un point de fuite) et certains archaïsmes issus de la tradition picturale siennoise, auxquels les peintres de Sienne demeurèrent longtemps très attachés (tradition picturale dont le fond d’or est la manifestation la plus évidente).

Le cadre monumental, par son profil typiquement Renaissance (une lunette reposant sur deux pilastres aux chapiteaux composites) constitue un bon exemple de l’ambiguïté de l’œuvre de Sano, fluctuant entre une conscience aiguë des développements artistiques liés à la Renaissance et une nostalgie très siennoise des formes traditionnelles d’un art hérité des pionniers du XIIIe s., auquel il ne souhaite pas renoncer.