SALLE 8

Œuvres présentées dans la salle, en commençant à gauche de la porte d’entrée et en poursuivant de gauche à droite [1]Les œuvres indiquées entre parenthèses peuvent être exposées, ou non, ou encore avoir été déplacées selon les choix opérés par l’administration du musée. :

  • Bernard van Rantwyck,  Storie della reliquia di Sant’Andrea

L’ensemble du cycle pictural s’articule autour du récit du sauvetage de la relique du chef de saint André et s’inspire du récit de Pie II dans le livre VIII des Commentaires [2]Piis Secundi Pontificis Max, Commentarii, Romae, 1584, livre VIII, pp. 352 ss. ; E. S. PICCOLOMINI, I Commentari, livre VIII, vol. II, Luigi TOTARO (dir.), Milan, Adelfi, 1984, pp. 1495-1645.. Saint André l’Apôtre, envoyé prêcher en Europe orientale, puis installé en Achaïe [3]Région de la Grèce antique., fut consacré évêque de Patras à un âge avancé ; le consul Égée le condamna alors au martyre par crucifixion. Après sa mort, le corps du saint fut inhumé à Patras à la demande de Maximille, l’épouse du consul. En 357, la dépouille fut transférée de Patras à Constantinople [4]Le pape Pie II affirme, dans le livre VIII des Commentaires, que la tête de l’Apôtre demeura conservée « in summa reverentia » à Patras.. En 1460, Thomas Paléologue [5]Thomas Paléologue (1409 – 12 mai 1465) : despote de Morée de 1428 jusqu’à la chute du despotat en 1460, bien qu’il ait continué à revendiquer ce titre jusqu’à sa mort cinq ans plus tard. Il est le frère cadet de Constantin XI Paléologue, dernier empereur byzantin. accepta l’invitation de Pie II à quitter la ville, devenue dangereuse, et à déposer la précieuse relique à Rome en attendant des jours meilleurs. Il partit donc en 1461 pour Ancône,32 qu’il atteignit sain et sauf malgré les tempêtes qui faisaient rage sur la mer Adriatique. De là, Pie II fit escorter la relique non pas directement à Rome, dont le territoire était infesté de brigands et de mercenaires, mais jusqu’à la forteresse de Narni. 33 Quelques mois plus tard, le pape crut pouvoir enfin apporter la tête de l’apôtre dans la ville et, à Pâques 1462, il la fit arriver, accompagnée d’une délégation conduite par le cardinal Bessarion, au pont Milvius, où, conservée dans la tour, elle attendit l‘a rencontre l’arrivée de la procession papale. 34 Le long voyage s’acheva triomphalement au milieu d’une immense foule de fidèles, à Saint-Pierre, où le pontife fit ensuite construire une chapelle dédiée à saint André. La tête de l’apôtre y fut conservée dans un nouveau reliquaire spécialement commandé, en 1463, à Simone di Giovanni Ghini, pour remplacer le reliquaire original contenant un fragment de la mâchoire du saint que Pie II voulait envoyer à Pienza. 35

L’histoire de la relique connut une conclusion définitive en septembre 1964 lorsque, dans le contexte post-conciliaire, le Paul VI [6] accepta la demande du métropolite de Patras et, honorant ainsi la promesse faite à Pie II, restitua le chef de saint André dans l’ancien reliquaire conservé pendant cinq siècles à Pienza. La partie de la mâchoire qui s’y trouvait a été transférée dans le reliquaire réalisé par Simone di Giovanni Ghini, et offert par Paul VI à la ville de Pienza comme nouveau buste-reliquaire du saint patron de Pienza [6]Celui-ci est actuellement conservée au musée diocésain du Palazzo Borgia à Pienza.. 36 Avant de décrire les œuvres individuelles qui composent ce cycle pictural, il convient de noter comment, dans ces peintures, Rantwijck manifeste des caractéristiques stylistiques typiquement nordiques, associées toutefois à des échos et des références évidentes à la peinture siennoise et, en particulier, à des artistes tels que Domenico Beccafumi. Son inspiration semble puiser son origine avant tout dans les œuvres de petit format du maître siennois, comme les prédelles et les esquisses, mais aussi chez des peintres néo-beccafumiiens tels que Marco Pino 37 ou Arcangelo Salimbeni. 38 Cette coexistence de styles picturaux si différents trouve, dans le cycle étudié, une synthèse parfaite qui confère une grande réussite à la représentation des différents épisodes. Tout se déroule avec la légèreté d’un récit frais et vivant, malgré la sobriété de la peinture et la palette restreinte. En effet, blancs, bruns et roses alternent dans la définition des paysages et des personnages, rehaussés d’accents de rouge vibrant qui animent les représentations. Chaque élément composant les différentes scènes est principalement traité avec des couleurs pâles, déclinées dans les mêmes gradations et nuances, loin des couleurs vives et contrastées de Maarten de Vos [7]Maarten de Vos, ou Martin de Vos (Anvers, 1532 – 1603) peintre flamand, auteur de sujets religieux, allégoriques et historiques, ainsi que de portraits. Il fut l’un des principaux peintres d’histoire des Pays-Bas espagnols après la fureur iconoclaste qui fit rage en Flandre à partir de 1560, et atteignit son apogée en 1566.. C’est comme si, pour cette commande, Bernard Rantwijck avait décidé de se départir partiellement de son héritage flamand et de montrer à son important mécène ce qu’il avait appris de son étude approfondie des dessins et peintures de Mecarino et de ses disciples. Dans toutes les toiles, on constate combien l’incidence de la lumière joue un rôle décisif dans la définition de l’espace et du volume. Des rayons de lumière soudains frappent les scènes représentées, se déplaçant en diagonale, et les groupes de figures sont ainsi modelés, dans leur physicalité abstraite, par les rayons lumineux auxquels ils sont exposés.

Les cinq toiles :

Dans les vitrines :

Notes

Notes
1 Les œuvres indiquées entre parenthèses peuvent être exposées, ou non, ou encore avoir été déplacées selon les choix opérés par l’administration du musée.
2 Piis Secundi Pontificis Max, Commentarii, Romae, 1584, livre VIII, pp. 352 ss. ; E. S. PICCOLOMINI, I Commentari, livre VIII, vol. II, Luigi TOTARO (dir.), Milan, Adelfi, 1984, pp. 1495-1645.
3 Région de la Grèce antique.
4 Le pape Pie II affirme, dans le livre VIII des Commentaires, que la tête de l’Apôtre demeura conservée « in summa reverentia » à Patras.
5 Thomas Paléologue (1409 – 12 mai 1465) : despote de Morée de 1428 jusqu’à la chute du despotat en 1460, bien qu’il ait continué à revendiquer ce titre jusqu’à sa mort cinq ans plus tard. Il est le frère cadet de Constantin XI Paléologue, dernier empereur byzantin.
6 Celui-ci est actuellement conservée au musée diocésain du Palazzo Borgia à Pienza.
7 Maarten de Vos, ou Martin de Vos (Anvers, 1532 – 1603) peintre flamand, auteur de sujets religieux, allégoriques et historiques, ainsi que de portraits. Il fut l’un des principaux peintres d’histoire des Pays-Bas espagnols après la fureur iconoclaste qui fit rage en Flandre à partir de 1560, et atteignit son apogée en 1566.

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