Ambrogio Lorenzetti, « Corteo di angeli, angeli musicanti, santi e patriarchi »

Photographie prise à l’exposition « Ambrogio Lorenzetti ». Sienne, Santa Maria della Scala, 22 octobre 2017-21 janvier 2018.

Ambrogio Lorenzetti (Sienne, vers 1290 – Sienne, 1348)

Corteo di angeli, angeli musicanti, santi e patriarchi (Cortège d’anges, de saints et de patriarches), 1334-1336.

Fresque détachée, 301 x 602 cm.

Inscriptions : /

Provenance : In situ.

Montesiepi (Chiusdino), Cappella di San Galgano, paroi sud est.

Dans la lunette qui forme un angle avec la Maestà, dont le contenu pictural est amputé de toute sa partie droite, on ne trouve pas trace de San Galgano. Cela n’est pas illogique puisqu’il figure déjà, en compagnie de l’archange Michel, sur le mur en face, et que, nous l’avons vu, les trois fresques peintes dans les lunettes sont traitées comme une image unique de l’Empyrée, le ciel le plus élevé de tous les cieux. Nous nous trouvons devant un second cortège venu compléter l’image de la cour céleste tenue par la Vierge. Comme le fait le spectateur lorsqu’il entre dans la chapelle, ce second cortège [2] semble s’avancer vers le trône. Il est constitué, cette fois-ci, d’anges, de rois et de patriarches, de sainte et de saints parmi lesquels un certain nombre sont identifiables. En commençant par la droite, il est possible d’identifier au premier rang :

  • Ursule, accompagnée de deux de ses attributs habituels que sont la couronne qui ceint son front (c’est une princesse …) et la flèche qu’elle tient à la main ; derrière Ursule, deux autres saints sont visibles mais impossibles à identifier.
  • Fabien (Fabiano), portant la tiare papale s’appuie sur une épée, instrument de son martyre.
  • Étienne, que l’on appelle Stefano en Italie ; deux pierres, évocatrices de son martyre, semblent flotter au-dessus de son front. On notera la liberté et l’efficacité de la technique picturale grâce auxquelles le peintre parvient à rendre le modelé d’un visage exécuté pour être vu de loin.
  • Un saint âgé, identifié avec Philippe par George Rowley [1], portant une croix en forme de « T », et qui pourrait tout aussi bien être André, reconnaissable à sa coiffure hirsute et sa barbe en bataille.
  • David, au premier rang ; le roi musicien porte sa lyre.

A la droite de David, on note la présence d’un autre prophète. Ici, les prophètes sont identifiables à leur vêtement blanc, alors que les saints qui les suivent sont vêtues de couleur rouge brique. Fabien et Étienne sont deux saints particulièrement importants au regard de la figure de san Galgano : on se souviendra que ce dernier avait obtenu du pape Alexandre III quelques unes de leur reliques qu’il avait sollicitées afin de les rapporter avec lui à Montesiepi.

Deux anges chantent en ouvrant la marche.

[1] ROWLEY 1929.

[2] Sur la paroi de gauche, un premier cortège d’anges et de saints, conduit par l’archange Michel, s’avance également vers le trône céleste.