Le polyptyque résulte d’une évolution rapide de la structure des premiers retables observée à partir de la fin du XIIIe s. Le terme désigne un ensemble réunissant plusieurs volets (peints ou sculptés) maintenus par des traverses en bois fixées au revers, ou fixés latéralement les uns aux autres, ou encore rassemblés à l’intérieur d’un cadre en bois unique, diversement ouvragé. L’assemblage des compartiments de formats variés se fait autour d’un panneau central, généralement de plus grandes dimensions.
On parle de diptyque et de triptyque pour ceux de ces assemblages comportant 2 ou 3 volets et de manière générale, de polyptyque pour ceux constitués de plus de panneaux (certains étant peints au recto comme au verso). Les termes tétraptyque, pentaptyque, hexaptyque, heptaptyque et octoptyque, qui désignent des polyptyques respectivement constitués de 4, 5, 6, 7 et 8 volets, sont peu usités bien que plus précis.
Au XIVe siècle, après l’installation de la Maestà sur le maître-autel du Duomo de Sienne, la création, dans le transept, des autels latéraux consacrés aux quatre Patrons de la ville a donné lieu à un prodige d’innovations et fixé pour longtemps la structure du panneau central (au format d’un triptyque accompagné de deux volets fixes) et augmenté la gamme des sujets figurés en y incluant pour la première fois des épisodes évangéliques. [1]En l’occurrence, une scène mariale est peinte dans le panneau central de chacun des quatre retables ; de part et d’autre, figurent deux saints dont celui à qui est dédié l’autel. Voir annexe : Une scénographie perdue…
Désormais, les variations portent sur les encadrements de plus en plus élaborés et complexes. En effet, à partir des prototypes les plus simples, telle la Madonna con Bambino e Santi Agostino, Paolo, Pietro, Domenico, quattro angeli e Cristo benedicente peinte par Duccio, le polyptyque, orné de gâbles, de pinacles, d’arcs et de colonnettes de formes diverses, prend progressivement l’aspect élancé de l’architecture gothique à laquelle il est destiné.
A la Renaissance, le polyptyque est supplanté par le retable formé d’un unique panneau carré (pala d’altare) qui, grâce à l’usage de la perspective, permet de donner une unité spatiale à la Sacra Conversazione qui peut y être représentée.
Éléments structurels du retable
- La huche, ou caisse, panneau principal de l’ensemble en détermine la forme.
- Les volets latéraux, fixes ou mobiles, viennent s’adapter à la huche et, avec elle, constituent le registre principal [2]Les différents registres sont constitués de l’ensemble des panneaux d’un même niveau horizontal..
- Le couronnement constitue le registre supérieur ; il est sommé :
- de gâbles et de pinacles dans les polyptyques gothiques ;
- d’une lunette dans la pala d’altare de format carré.
- Les colonnettes et autres pilastres latéraux participent à la fois la solidarité des différents compartiments et la solidité de l’ensemble.
- Les clochetons, pointes effilées surmontant les pinacles [3]Au sens architectural strict, le clocheton constitue un amortissement destiné à marquer l’achèvement de l’axe vertical de la composition architecturale, qui prend une forme pyramidale rappelant celle d’un clocher mais qui est dépourvu de cloches, même si ce petit corps est adossé à celui d’un grand clocher. Sa fonction est ornementale (amortissement qui … Poursuivre.
- La prédelle.
- L’encadrement constitue à la fois un mode d’assemblage des différents volets et l’ornement de l’ensemble.
Notes
| 1↑ | En l’occurrence, une scène mariale est peinte dans le panneau central de chacun des quatre retables ; de part et d’autre, figurent deux saints dont celui à qui est dédié l’autel. Voir annexe : Une scénographie perdue… |
|---|---|
| 2↑ | Les différents registres sont constitués de l’ensemble des panneaux d’un même niveau horizontal. |
| 3↑ | Au sens architectural strict, le clocheton constitue un amortissement destiné à marquer l’achèvement de l’axe vertical de la composition architecturale, qui prend une forme pyramidale rappelant celle d’un clocher mais qui est dépourvu de cloches, même si ce petit corps est adossé à celui d’un grand clocher. Sa fonction est ornementale (amortissement qui surmonte une tourelle, un contrefort, ou qui cantonne la base de la flèche d’une d’église). |
