
Dionisio Montorselli (L’Aquila, 1653 – Sienne, 1712)
Santa Caterina a la visione del martirio di san Lorenzo (Vision du martyre de saint Laurent par Sainte Catherine), av. 1685.
Huile sur toile, 435 x 258 cm.
Provenance : Couvent des moniales de San Lorenzo, Sienne.
Sienne, Collégiale de Santa Maria in Provenzano.
À gauche de la nef de la Collégiale de Santa Maria in Provenzano, le second autel résulte d’une commande d’Ippolito Borghese [1]Ippolito Borghese, O.S.B. (1), (Sienne, 1576 – 1637) : évêque de Montalcino (1618–1636), puis de Pienza (1636–1637).
(1) O.S.B. : Ordo Sancti Benedicti (Ordre de Saint Benoît)., alors évêque de Montalcino, effectuée en 1630. Il est dédié à sainte Catherine de Sienne. Cet autel est orné d’une toile de Dionisio Montorselli représentant la Vision du martyre de Saint Laurent par Sainte Catherine [2]Catherine de Sienne était réputée comme une mystique accomplie, et ses expériences mystiques et autres visions de Jésus, de Marie et des saints, étaient supposées renforcer sa foi et la guider dans sa mission apostolique et dans sa compréhension des « vérités spirituelles ».. Au premier plan, la sainte dominicaine apparaît renversée vers l’arrière, soutenue par un angelot afin d’éviter la chute : agenouillée sur le livre et le lys qui constituent généralement deux de ses attributs symboliques, les bras écartés du corps, la sainte aux yeux fermés se trouve dans l’extase de la vision qu’il est également donné au spectateur de pouvoir observer. Cette vision est celle du martyre du diacre Laurent [3]Voici en quel terme l’événement est rapporté par Jacques de Voragine : « “Qu’on apporte un lit en fer”, fit Dèce, “afin que Laurent l’obstiné s’y repose.” Les exécutants commencent donc par le dévêtir, puis ils l’étendent sur un gril de fer sous lequel sont placées des braises, et ils compriment son corps avec des fourches de fer. Laurent dit alors … Poursuivre, réputé avoir eu lieu sous le règne de l’empereur Dèce.
L’œuvre est parvenue dans la Collégiale en 1685 mais avait initialement été créée pour l’église siennoise de San Lorenzo, qui n’existe plus aujourd’hui. Dans le livre des délibérations conservé parmi les archives de l’église de Provenzano, on trouve, à la date du 3 janvier 1685, une note relative au présent tableau, indiquant que celui-ci fut prélevé dans le couvent des sœurs de San Lorenzo, à Sienne, sur l’incitation du prince de Toscane Mattias de’ Medici [4]Mattias di Cosimo II de’ Medici (Florence, 1613 – Sienne, 1667) : troisième fils du grand-duc de Toscane Côme II et de sa femme, Marie Madeleine d’Autriche. Le 28 mai 1629, son frère, le grand-duc Ferdinand II, le nomme gouverneur de Sienne, charge demeurée vacante par la mort de sa tante Catherine de Médicis (1) le 17 … Poursuivre, alors gouverneur de Sienne, pour être offert à la collégiale de Provenzano, en exécution d’un legs du siennois Tolomeo Borghesi. Le document indique également que le tableau était initialement destiné à l’autel Borghesi sur lequel, à cette époque, se trouvait la Pentecôte de Pietro Sorri, aujourd’hui dans les collections de la Pinacothèque de Sienne [5]L’œuvre est actuellement en dépôt à Santa Maria della Scala., que le tableau de Montorselli n’aurait pas dû remplacer. Sur la base du document en question, non seulement ce tableau peut être attribué avec certitude à Montorselli, ce qui semble n’avoir jamais été mis en doute par les guides et sources siennoises, pas plus que dans l’Inventaire de 1729, conservé dans les archives de l’église de Provenzano, mais on peut aussi, en considérant l’année 1685 comme terminus ante quem, le dater environ quelques années avant 1685, période pendant laquelle Montorselli est documenté à Rome. L’analyse stylistique du tableau permet aussi d’avancer l’hypothèse que Montorselli ait pu avoir connaissance, au moins indirectement, de la culture figurative romaine des trois ou quatre premières décennies du XVIIe siècle, notamment de l’œuvre de Niicolas Poussin (les deux chevaliers visibles dans le fond à droite, rappellent précisément le chevalier du Martyre de Saint Érasme, ou de Pierre de Cortone, dont l’influence est visible au deuxième plan dans les figures de l’empereur Valérien et dans le temple circulaire derrière lui, qui nous ramène, par le sens sculptural du traitement des figures, aux fresques de Santa Bibiana, et, en ce qui concerne un certain goût narratif, l’architecture, l’attention à la vérité historique des détails et aussi à un caractère persuasif des personnages, aux toiles peintes par Berrettini pour les Sacchetti vers la fin de la troisième décennie. Cependant, Montorselli semble également être attentif à la manière tardive de Pierre de Cortone, comme en témoigne le Sacrifice à Diane peint par celui-ci vers 1633, et à la peinture de Guido Reni, qui demeure cependant, chez Montorselli, au stade de la reprise d’une certaine typologie des visages, sans cependant sembler en comprendre le sens profond.
[6]Nell’Archivio della Chiesa di Provenzano al libro delle Deliberazioni, alla data 3 gennaio 1685, è la notizia che il quadro in oggetto fu tolto dal convento delle monache di S. Lorenzo a Siena per essere donato, dietro invito del Principe Francesco Mattia di Tocana, a quel tempo governatore di Siena, e su esecuzione del legato del Signor Tolomeo Borghesi, alla chiesa di Provenzano. Dal … Poursuivre
Notes
| 1↑ | Ippolito Borghese, O.S.B. (1), (Sienne, 1576 – 1637) : évêque de Montalcino (1618–1636), puis de Pienza (1636–1637).
(1) O.S.B. : Ordo Sancti Benedicti (Ordre de Saint Benoît). |
|---|---|
| 2↑ | Catherine de Sienne était réputée comme une mystique accomplie, et ses expériences mystiques et autres visions de Jésus, de Marie et des saints, étaient supposées renforcer sa foi et la guider dans sa mission apostolique et dans sa compréhension des « vérités spirituelles ». |
| 3↑ | Voici en quel terme l’événement est rapporté par Jacques de Voragine : « “Qu’on apporte un lit en fer”, fit Dèce, “afin que Laurent l’obstiné s’y repose.” Les exécutants commencent donc par le dévêtir, puis ils l’étendent sur un gril de fer sous lequel sont placées des braises, et ils compriment son corps avec des fourches de fer. Laurent dit alors à Valérien : “Sache, misérable, que tes charbons sont pour moi un rafraîchissement, alors qu’ils te vaudront un supplice éternel, car le Seigneur lui-même sait : quand j’ai été accusé, je ne l’ai pas renié, quand j’ai été interrogé, j’ai confessé le Christ comme mon Seigneur, et tandis qu’on me rôtit, je rends grâces”. Puis, l’air joyeux, il dit à Dèce : “Ça y est, misérable, tu as rôti un côté ; retourne l’autre, à présent, et mange !” Puis il rendit grâces en ces termes : “Je te rends grâces, Seigneur, car j’ai mérité de franchir ta porte”. » Et il rendit l’esprit. Très troublé, Dèce marcha avec Valérien jusqu’au palais de Tibère en ayant laissé le corps de Laurent sur le feu ; et le lendemain matin, Hippolyte enleva le corps et, avec le prètre Justin, i l’ensevelt dans le champ du Verano après l’avoir embaumé avec des aromates. » Jacques de Voragine, « Saint Laurent, martyre », dans La Légende dorée, Paris, Gallimard (coll. Bibliothèque de la Pléiade), 2004, p. 625. |
| 4↑ | Mattias di Cosimo II de’ Medici (Florence, 1613 – Sienne, 1667) : troisième fils du grand-duc de Toscane Côme II et de sa femme, Marie Madeleine d’Autriche. Le 28 mai 1629, son frère, le grand-duc Ferdinand II, le nomme gouverneur de Sienne, charge demeurée vacante par la mort de sa tante Catherine de Médicis (1) le 17 avril de cette même année.
(1) Caterina di Ferdinando de’ Medici (Florence, 1593 – Sienne, 1629) : fille de Ferdinand Ier de Médicis, grand-duc de Toscane et de Christine de Lorraine, cette dernière petite-fille d’une autre Catherine de Médicis, célèbre pour être devenue reine de France. |
| 5↑ | L’œuvre est actuellement en dépôt à Santa Maria della Scala. |
| 6↑ | Nell’Archivio della Chiesa di Provenzano al libro delle Deliberazioni, alla data 3 gennaio 1685, è la notizia che il quadro in oggetto fu tolto dal convento delle monache di S. Lorenzo a Siena per essere donato, dietro invito del Principe Francesco Mattia di Tocana, a quel tempo governatore di Siena, e su esecuzione del legato del Signor Tolomeo Borghesi, alla chiesa di Provenzano. Dal documento si apprende anche che il quadro era provvisoriamente destinato all’altare Borghesi sul quale, a quel tempo, era posta una Pentecoste del Sorri, oggi conservata nella Pinacoteca di Siena e che il quadro del Montorselli non avrebbe dovuto sostituire. Sulla scorta del documento in esame non solo si può con certezza assegnare il quadro al Montorselli, cosa del resto mai messa in dubbio dalle guide e dalle fonti senesi, ne’ nell’Invenatrio del 1729, conservato nell’archivio della chiesa di Provenzano ; ma possiamo anche, usando il 1685 come termine antequem, datarlo approssimativamente qualche anno prima del 1685, epoca in cui il Montorselli è documentato a Roma. Ma nell’analisi stilistica del dipinto è però possibile ipotizzare da parte del Montorselli la conoscenza, almeno indiretta, ma certo puntuale, della cultura figurativa romana dei primi tre o quattro decenni del sec. XVII, soprattutto Poussin nei due cavalieri a destra sullo sfondo, che ricordano in maniera precisa il cavaliere del Martirio di S. Erasmo ; a Pietro da Cortona, la cui ripresa è testimoniata nel secondo piano a destra, cioè nelle figure dell’Imperatore Valeriano e nel tempio circolare alle spalle, che ci riporta, per il senso statuario della figura, agli affreschi di S. Bibiana, e, per quanto riguarda un certo gusto narrativo, le architetture, l’attenzione per la verità storica dei dettagli ed anche per una propensione alla festualità persuasiva dei personaggi, alle tele dipinte dal Berrettini per i Sacchetti verso la fine del terzo decennio. Il Montorselli appare comunque memore anche dell’ultima maniera del Cortona, come si esemplifica nel Sacrificio a Diana dipinto da Pietro verso il 1633, e della pittura del Reni, che rimane però nel Montorselli a livello di ripresa tipologica dei volti, senza capirne il senso più profondo |

