Margarito d’Arezzo

Margarito di Magnano [1]Margarito, fils de Magnano. dit Margarito di Arezzo [2]Originaire d’Arezzo. ou Margaritone d’Arezzo [3]Le surnom Margaritone (Margarito le gros, ou le grand) est donné par Vasari : « Margaritone d’Arezzo et l’un de ces peintres anciens que l’admiration légitimement voué à Cimabue et à son disciple de Giotto, jeta dans le désarroi. Leur maîtrise les rendit célèbres dans toute l’Italie, et les peintres qui, comme Margaritone, occupaient une place éminente en ce siècle … Poursuivre (actif à Arezzo autour de 1250-1260 [4]On ne connaît ni la date de naissance ni la date de décès de Margarito, même si Giorgio Vasari précise qu’il mourut en 1313 à l’âge vénérable de soixante-dix-sept ans, « agacé de ce qu’on disait, qu’il avait vécu si longtemps, voyant changés l’âge et les honneurs des nouveaux artisans. ») : peintre et sculpteur. La seule mention documentée de Margarito d’Arezzo, fils de Magnano, remonte à 1262, année où il fut témoin lors d’une concession donnée dans le cloître du monastère camaldule de San Michele à Arezzo.

Il est l’un des premiers artistes italiens formé dans le style byzantin et actif en Toscane, auteur d’images au graphisme audacieux et dotées de couleurs vives qui sont, selon Dillian Gordon [5]Dillian Rosalind Gordon : historienne de l’art britannique, elle a travaillé comme conservateur à la National Gallery de Londres de 1978 à 2010, puis comme conservateur des peintures italiennes avant 1460., « stéréotypées mais caractérisées par un style habilement graphique » [6]Dillian Gordon, The Italian Pantings before 1400 (cat. d’exp. Londres, National Gallery, 2011..

Selon Vasari, Margarito ou Margaritone était le véritable genius loci [7]Génie des lieux. de sa ville au Moyen Âge, au point que ce dernier, qui était peintre, et « [avait] l’esprit vaillant, s’adonna à la sculpture, et s’y appliqua si bien qu’il réussit bien mieux qu’en peinture. Si ses premières sculptures sont de style byzantin, comme les quatre personnages de bois d’une Déposition de croix qui se trouvent dans l‘église paroissiale, et quelques autres sculptures en ronde bosse placées dans la chapelle de Saint-François au-dessus du baptistère ; il améliora son art après avoir vu à Florence l’œuvre d’Arnolfo et d’autres grands sculpteurs de l’époque. » [8]« […] si diede, avendo lo spirto elevato, alla scultura, e ciò con tanto studio, che riuscì molto meglio che non aveva fatto nella pittura, perché se bene fossero le sue prime sculture alla greca, come ne mostrano quattro figure di legno, che sono nella pieve, in un Deposto di croce, et alcune altre figure tonde, poste nella capella di San Francesco sopra il battesimo; egli prese … Poursuivre

Margarito peignit plusieurs portraits de saint François qui constituent l’une de ses marques de fabrique au milieu du XIIIe s.

Margarito d’Arezzo, « Virgin and Child Enthroned, with Narrative Scenes », 1263-1264. Londres, National Gallery.

La Vierge à l’Enfant trônant (Londres, National Gallery), peinte par Margarito au début des années 1260, est l’une de ses œuvres les plus importantes. Il s’agit d’un dossale horizontal, exécuté sur le modèle des Vita Icons [9]Les termes anglais Vita icon, littéralement “image de la vie”, désignent un nouveau format pictural apparu au Moyen Âge, montrant le portrait d’un saint, le plus souvent en pieds, encadré par des vignettes de petit format représentant des scènes de sa vie. Ce type d’image a été utilisé pour représenter les personnages les plus populaires du calendrier orthodoxe et, en … Poursuivre et comportant des scènes narratives de petite échelle de chaque côté de l’image centrale de la Vierge à l’Enfant.

Œuvres visibles à Sienne et dans le pays siennois
  • Croce dipinta. Sienne, Palazzo Chigi Saracini. 
  • San Francesco. Sienne, Pinacoteca Nazionale.
  • San Francesco. Montepulciano, Museo Civico e Pinacoteca Crociani.

Notes

Notes
1 Margarito, fils de Magnano.
2 Originaire d’Arezzo.
3 Le surnom Margaritone (Margarito le gros, ou le grand) est donné par Vasari : « Margaritone d’Arezzo et l’un de ces peintres anciens que l’admiration légitimement voué à Cimabue et à son disciple de Giotto, jeta dans le désarroi. Leur maîtrise les rendit célèbres dans toute l’Italie, et les peintres qui, comme Margaritone, occupaient une place éminente en ce siècle défavorisé, surent que leur renom était à peu près complètement éclipsé. Considéré, donc, en son temps comme un peintre parmi les adeptes du style byzantin […]. » Giorgio Vasari, Les vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, 2 (édition sous la direction d’André Chastel), Paris, Berger-Levreault, 1981, p. 90.
4 On ne connaît ni la date de naissance ni la date de décès de Margarito, même si Giorgio Vasari précise qu’il mourut en 1313 à l’âge vénérable de soixante-dix-sept ans, « agacé de ce qu’on disait, qu’il avait vécu si longtemps, voyant changés l’âge et les honneurs des nouveaux artisans. »
5 Dillian Rosalind Gordon : historienne de l’art britannique, elle a travaillé comme conservateur à la National Gallery de Londres de 1978 à 2010, puis comme conservateur des peintures italiennes avant 1460.
6 Dillian Gordon, The Italian Pantings before 1400 (cat. d’exp. Londres, National Gallery, 2011.
7 Génie des lieux.
8 « […] si diede, avendo lo spirto elevato, alla scultura, e ciò con tanto studio, che riuscì molto meglio che non aveva fatto nella pittura, perché se bene fossero le sue prime sculture alla greca, come ne mostrano quattro figure di legno, che sono nella pieve, in un Deposto di croce, et alcune altre figure tonde, poste nella capella di San Francesco sopra il battesimo; egli prese nondimeno miglior maniera poi che ebbe in Firenze veduto l’opera di Arnolfo e degli altri allora più famosi scultori. » Traduction dans Giorgio Vasari, op. cit., p. 91.
9 Les termes anglais Vita icon, littéralement “image de la vie”, désignent un nouveau format pictural apparu au Moyen Âge, montrant le portrait d’un saint, le plus souvent en pieds, encadré par des vignettes de petit format représentant des scènes de sa vie. Ce type d’image a été utilisé pour représenter les personnages les plus populaires du calendrier orthodoxe et, en Occident latin, a été déployée avec force dans l’art franciscain, particulièrement en Italie, entre les XIe et XIIIe siècles, au service du saint d’Assise.