Berlinghiero Berlinghieri, « Cristo crocifisso trionfante »

Berlinghiero Berlinghieri (documenté de 1225 à 1235)

Cristo crocifisso trionfante fra la Vergine e San Giovanni dolenti (Le Christ triomphant sur la croix entre la Vierge et saint Jean en pleurs), v. 1210-1220.

  • cimaise : Vierge de l’Assomption entre deux anges
  • au pied de la croix : Reniement de saint Pierre
  • tabelloni latéraux : Symboles des quatre évangélistes

Inscriptions :

  • (dans le titulus) : « IHS NAZARENVS REX IUDEORUM »
  • (sur la base) : « BERLINGERI(US) ME P(I)NXIT » [1]Signature de l’artiste.

Tempéra et or sur panneau, 176 x 141 cm.

Provenance : Monastère de Santa Maria degli Angeli, Lucques.

Lucques, Museo di Villa Guinigi.

Parmi les œuvres picturales les plus anciennes de la collection du Musée de la Villa Guinigi figurent plusieurs exemples de croix peintes réalisées à Lucques. Il s’agit d’une série de peintures à la détrempe sur bois fondées sur l’iconographie du Christus triomphans, dont la Croix de Mastro Guglielmo créée en 1138 (aujourd’hui conservée dans la cathédrale de Sarzana) est, en quelque sorte, le prototype [2]La Croix peinte de Sarzana, comporte une série d’éléments que l’on retrouve dans tous les exemplaires ultérieurs, tels la bande ornementale qui définit le périmètre de la croix, les grands panneaux latéraux où sont représentées des scènes de la Passion ou les figures de personnages en deuil, les auréoles des saints et la tête en saillie du Christ.

Le Crucifix de Berlinghero Berlinghieri est l’une des œuvres les plus précieuses de la collection, grâce aussi à son extraordinaire état de conservation qui met en valeur ses couleurs vives d’origine.

L’Assomption de la Vierge est représentée sur une cimaise ornée de trois gemmes en pâte de verre, au-dessus du titulus. Sur les panneaux latéraux, on peut voir, aux extrémités du patibulum, les quatre symboles des évangélistes tandis que dans les tabelloni, Marie et Jean en pleurs sont les témoins du supplice qu’ils furent aussi en leur temps, selon les Évangiles.

La partie basse de la croix comporte la scène du reniement de Pierre : l’apôtre assis sur un trône à la structure très élaborée, placé près d’un brasier (ce détail, malgré l’absence du coq, caractérise précisément la scène des trois reniements [3]« Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait. » (Jn 18, 18).). De l’autre côté de l’imposante signature du peintre, la servante qui l’a reconnu le pointe du doigt. Le geste d’auto-désignation de l’apôtre feignant l’étonnement constitue sa réponse. Dans cette scène en particulier, le souci évident du détail soigné fait état de la familiarité de l’atelier avec l’art de la miniature.

L’apposition de la signature de l’auteur – Berlinghieri me pinxit –, bien mise en évidence, apparaît précocement pour l’époque et représente un point de départ pour l’étude du peintre, vraisemblablement encore dans sa période juvénile, fondateur d’une dynastie d’artistes actifs entre Lucques et Pise. et auteurs d’autres croix encore présentes dans la région.

Notes

Notes
1 Signature de l’artiste.
2 La Croix peinte de Sarzana, comporte une série d’éléments que l’on retrouve dans tous les exemplaires ultérieurs, tels la bande ornementale qui définit le périmètre de la croix, les grands panneaux latéraux où sont représentées des scènes de la Passion ou les figures de personnages en deuil, les auréoles des saints et la tête en saillie du Christ.
3 « Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait. » (Jn 18, 18).